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06/11/26 | 15 h 58 min par The Office of Tibet, Brussels

LA HAYE : Le Sikyong Penpa Tsering clôture sa visite à La Haye par une rencontre parlementaire cruciale sur le Tibet

Le Sikyong clôture sa visite à La Haye par une rencontre parlementaire cruciale sur le Tibet
La Haye, Pays-Bas : En fin d’après-midi, lors du troisième et dernier jour de sa visite à La Haye, le Sikyong Penpa Tsering, dirigeant démocratiquement élu de l’Administration centrale tibétaine (ACT), s’est adressé aux membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement néerlandais, à l’invitation de cette dernière. L’échange a eu lieu à la Tweede Kamer (Chambre des représentants) à La Haye ; il a été retransmis en direct et ouvert au public, qui a pu suivre les débats depuis la tribune des visiteurs. Le Sikyong était accompagné de la représentante Rigzin Genkhang et de la présidente de l’ICT (International Campaign for Tibet), Tenchoe Gyatso, ainsi que de Tenzin Phuntsok, chargé de plaidoyer auprès de l’UE au sein du Bureau du Tibet à Bruxelles.
Après les mots de bienvenue du député Tom van der Lee, qui présidait la réunion, le Sikyong a exprimé sa reconnaissance pour le soutien constant du Parlement néerlandais envers le Tibet, notamment à travers l’adoption de résolutions au cours de l’année écoulée. Il a également salué le soutien fondé sur des principes apporté par le gouvernement néerlandais à la liberté religieuse et au droit des bouddhistes tibétains de déterminer la réincarnation de Sa Sainteté le 14e dalaï-lama — une position illustrée par la déclaration commune publiée avec six autres pays européens à l’occasion du 90e anniversaire de Sa Sainteté.

 

La délégation a par la suite pris part à une audition approfondie avec des membres de la commission des Affaires étrangères, en présence des députés Queeny Rajkowski, Hanneke Van der Werf et Tom van der Lee. Les échanges ont porté sur un large éventail de questions relatives à la situation politique, religieuse et environnementale au Tibet, ainsi qu’à celle des droits humains. Il a notamment été question du statut historique et juridique du Tibet ; des préoccupations en matière de sécurité alimentaire et hydrique découlant de la construction intensive de barrages par la Chine sur les fleuves tibétains, et de ses répercussions sur les populations vivant en aval ; des restrictions imposées à la liberté religieuse ; de l’érosion de la langue et de l’identité culturelle tibétaines, exacerbée par la sinistre « loi sur l’unité ethnique » de la République populaire de Chine ; ainsi que de l’ingérence chinoise dans les traditions religieuses du bouddhisme tibétain et dans le processus de réincarnation.
Évoquant la disparition forcée du 11e panchen-lama, Gedhun Choekyi Nyima, survenue en 1995, le Sikyong a souligné les dangers d’une ingérence politique dans les affaires religieuses du bouddhisme tibétain. Il a également mis en lumière les efforts constants de Pékin pour contrôler la succession au sein du bouddhisme tibétain, au moyen de dispositifs tels que l’« arrêté n° 5 » et le système controversé de l’« urne d’or », réaffirmant que le Parti communiste chinois ne dispose d’aucune autorité légitime sur la réincarnation et la succession bouddhistes.

 

Il a exhorté les parlementaires à mentionner explicitement, dans toutes leurs futures communications parlementaires relatives à la réincarnation de Sa Sainteté le 14e dalaï-lama, le « Gaden Phodrang Trust » — une entité enregistrée en Inde —, en réaffirmant que ce dernier détient la responsabilité et l’autorité exclusives pour reconnaître son successeur.
Deux sessions de questions ont permis aux parlementaires d’approfondir leur compréhension de la question tibétaine, favorisant ainsi un échange plus large sur ses dimensions politiques, historiques et diplomatiques.
Reprenant une disposition issue de la résolution historique adoptée par le Parlement néerlandais en avril 2025, le Sikyong a encouragé les législateurs à collaborer avec leurs homologues européens en vue de la création d’un poste de représentant spécial de l’UE pour le Tibet, sur le modèle de ce qui existe déjà aux États-Unis. Il a souligné qu’une telle fonction permettrait de renforcer la coordination, d’approfondir la compréhension du dossier et de garantir un engagement soutenu en faveur du Tibet au sein des institutions européennes.
Ces échanges ont constitué un volet essentiel de la visite de trois jours du Sikyong aux Pays-Bas, débutée le 3 novembre 2026 ; ils témoignent des efforts constants de l’Administration centrale tibétaine pour mobiliser un soutien parlementaire et diplomatique en faveur du Tibet à travers l’Europe.
Au terme de cette visite intense, le Sikyong a quitté les Pays-Bas le 6 novembre, en direction de l’Amérique du Nord.