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15/07/15 | 23 h 13 min

La police chinoise ouvre le feu sur des Tibétains au cours d’une manifestation contre la mort en prison de leur chef religieux.

Tibétains blessés après que les autorités chinoises aient répondu aux protestations

Tibétains blessés après que les autorités chinoises aient répondu aux protestations

(Tibetanreview.net, 15 juillet 2015) – Radio Free Asia a annoncé le 13 juillet dernier que la police chinoise avait ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes sur un millier de Tibétains rassemblés à Nyagchu (en chinois Yajiang) dans le comté de la Préfecture de Karze (Ganzi), Province du Sichuan, au lendemain de la mort en prison – le12 juillet, si l’on en croit les rapports – de leur chef religieux vénéré Tenzin Delek Rinpotché. On ne déplore ni morts ni blessés.

Le rassemblement aurait eu pour but de pleurer la mort de ce chef religieux très populaire, également philanthrope et travaillant activement pour la protection de la culture et de l’environnement. Cependant lorsque la foule a demandé que le corps lui soit rendu afin de procéder aux derniers rites religieux, et a exigé de connaître les raisons de sa mort, les Chinois ont répondu par la violence.

En outre, des forces paramilitaires armées ont été déployés et la route entre les comtés de Lithang (Litang) et Nyagchu bloquée, tandis que la circulation était réglementée et les lignes de communication coupées.

On ne connaît pas précisément la date ni les circonstances de le mort de Rinpotché, âgé de 65 ans. Personne n’avait été autorisé à lui rendre visite au cours de ces deux dernières années. Ses deux sœurs avaient campé pendant deux semaines à Chengdu, la capitale du Sichuan, quand elles cherchaient à lui rendre visite à la prison de Chuangdong, comté Dazhu. « On leur disait qu’elles pourraient le voir le lendemain, ou le lundi suivant, ou bien le dimanche suivant, et ainsi de suite, » selon une source locale mentionnée dans le rapport. Et puis le 12 juillet, les autorités chinoises leur ont dit qu’elles pourraient le voir à 11 h, avant d’apprendre à midi qu’il était décédé. Sans aucune autre explication.

Le 13 juillet dernier, l’ONG International Campaign for Tibet basée à Washington a déclaré qu’au cours de leur dernière visite, sa famille a constaté que Rinpotché semblait souffrir d’un problème cardiaque, que certaines parties de son corps tremblaient de manière incontrôlée et qu’il avait perdu connaissance à maintes reprises. L’ONG a cité les paroles de Geshe Nyima, le cousin de Rinpotché en Inde : « Il y a tellement de questions sans réponses concernant sa mort : est-elle due à des soucis de santé, à un manque de suivi médical, ou bien a-t-il été soumis à la torture ou à d’autres traitements qui ont conduit à sa mort? »

L’ONG a indiqué qu’en octobre dernier, des Tibétains s’étaient réunis dans son comté natal de Nyagchu pour prier pour lui à l’occasion du douzième anniversaire de son emprisonnement. Des Tibétains de la région avaient également reconstruit sa résidence tandis qu’une importante cérémonie religieuse pour lui souhaiter longue vie avait été interdite par les autorités en juin 2014.

L’immense popularité de Rinpotché était une épine dans le pied des dirigeants locaux qui l’avaient faussement accusé d’être impliqué dans un attentat à la bombe sur la place centrale de Chengdu le 3 avril 2002. Il avait d’abord été condamné à mort en décembre de cette même année, en même temps qu’un autre religieux, Lobsang Dondrub. Ce dernier avait été exécuté sur le champ tandis que sa sentence à lui était finalement convertie en prison à vie.
Rinpotché était venu en visite en Inde. Il avait été reconnu comme lama réincarné par le chef spirituel en exil du Tibet, le Dalaï Lama, dans les années 80. Les autorités chinoises l’avaient mis en détention ou cherché à le mettre en détention plusieurs fois sous de faux chefs d’accusation avant de finir par l’inculper pour cet attentat à la bombe jamais élucidé.