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23/11/18 | 16 h 43 min par Zhou Chen, Traduction France Tibet

La pollution en Chine ? sous le tapis ! 1/2

ferme piscicole Photo: Zhou Chen/Caixin

Pollution d’hydrocarbure et intimidation de journaliste Et oui, tandis que le département de propagande du parti communiste chinois censure, il abreuve d’informations positive le monde. En attendant, c’est bien China Coal qui émet haut la main, selon une étude, le plus haut taux d’émission de carbone dans le monde. Cette série de deux articles couvre la façon dont les autorités chinoises gèrent une fuite massive d’hydrocarbure selon le point de vue des journalistes locaux.  

La police surgit dans ma chambre lorsque je couvrais la fuite chimique de Fujian

En tant que journaliste spécialisée en science et en environnement, j’ai rarement été menacée lors de mes reportages. Mais ces deux dernières années, avec la montée de la prise de conscience du public chinois face aux problèmes environnementaux et les efforts contre la pollution élevés au plus haut niveau de gouvernance, les incidents environnementaux sont devenus un sujet prioritaire pour les membres des gouvernements. Désormais, je suis donc au premier plan face au pouvoir officiel sans scrupule et au-dessus des lois quand il est corrompu. Le 4 novembre, une fuite chimique eut lieu dans la ville de Quanzhou, province de Fujian. Je me suis rapidement rendue sur scène pour des interviews. Le 11 novembre, dans un hall de réception de fortune sur le terminal portuaire de Quanzhou, j’ai observé le maire écouter les requêtes des villageois. Le maire déclina ma demande d’interview se déclarant « trop occupé ». Des individus portant des tenues de représentants de l’ordre munies de caméras-piétons m’ont empêché de prendre des photos, relevant que les demandes d’interviews devaient transiter par le département public local (dit aussi département de la propagande, NdT) et que je ne pouvais pas prendre d’initiatives personnelles. Par la suite, une mère et sa fille m’ont emmenée sur les radeaux de leur ferme aquacole familiale pour constater les poissons morts qui flottaient là. Les agents qui m’avaient empêchés de prendre des photos plus tôt me suivaient. Ils avaient pris leur propre bateau et prenaient de temps en temps des photos de moi avec leur téléphone. Quand ils furent interrogés, leur responsable répondit : «  Nous sommes également ici pour nous rendre compte de la situation et prendre des photos du paysage. » Plus tard je rentrai en contact avec un fonctionnaire du département public du district de Quangang et lui envoya les questions que je pensais poser lors d’un prochain entretien. Il répondit qu’il devait amener chaque jour beaucoup de journalistes dans la zone affectée et qu’il devait coordonner les interviews avec les villageois, les fonctionnaires et les experts. « Pourquoi ne resteriez-vous pas avec nous ? Nous prendrions même vos repas en charge » J’ai refusé. Dans la soirée, ce fonctionnaire me contacta à nouveau. Il me signala que le directeur du département public était dans le lobby de mon hôtel et voulait discuter avec moi. Quand je lui dis que j’avais d’autres projets, il rétorqua : « Alors vous avez peur de travailler en réseau avec notre leader ! » Je lui annonçai que je quitterai le district de Quangang le lendemain et il répéta qu’il voulait que je vienne [avec lui]. Il dit qu’un journaliste de CCTV partait aussi le lendemain et il demanda si je voulais les accompagner. Je déclinais l’offre. J’avais prévu de me coucher tôt cette nuit là car mon article avait déjà été publié. Je pensais mon travail accompli. J’étais loin de me douter que le téléfilm policier et son cliché d’une appréhension de suspects dans les chambres d’hôtel allait bientôt se jouer dans ma chambre, et que moi, femme journaliste, j’y tiendrai un rôle. Il était 23h30 quand, dans mon lit, je regardais mon téléphone et que j’entendais quelqu’un passant une carte magnétique pour ouvrir ma porte et entrer dans ma chambre. Quatre hommes en uniformes de police sont soudainement apparus devant mon lit. Leur chef de file, un officier chauve la carte magnétique à la main, annonça qu’ils étaient du commissariat et m’ordonna de présenter mes papiers. Je n’avais d’autres choix que d’obéir, cherchant en pyjama ma carte d’identité dans mes sacs. Ensuite, l’homme chauve demanda à ses collègues de fouiller la salle de bain et le rebord de fenêtre pour voir si personne ne s’y cachait. Après n’avoir rien trouvé, il me dit : « Nous conduisons seulement une vérification de routine et nous vérifions aussi les autres chambres. » Ensuite, ils me dirent de faire attention à ma propre sécurité. Ils ne m’avaient pas montré de documents prouvant l’autorisation officielle de leur fouille telle que prévue par la loi chinoise. A leur départ, je suis resté un certain temps dans un état de frayeur. Comment avaient-ils pu pénétrer dans une chambre d’hôtel occupé par une citoyenne respectueuse de la loi ( les hôtels chinois, par obligation légale, enregistrent les informations privées de tous les clients en collaboration avec les autorités, NdE). Je reçus bientôt un appel de la réception s’excusant pour le dérangement. Quand je demandais plus de précisions, la réceptionniste précisa que les officiers de police lui ont ordonné spécifiquement de donner la carte magnétique de ma chambre. Ils n’avaient pas inspecté d’autres chambres. Note de l’éditeur : Un membre du Bureau Public de Sécurité de Quanzhou a confirmé que les officiers de police du commissariat de Shanhe avaient inspecté la chambre d’hôtel de Mme Zhou Chen le A member of the Quanzhou Public novembre et qu’ils enquêtent actuellement sur le sujet, rapportait lundi le Beijing News. Traduction chinois-anglais par Teng Jing Xuan (jingxuanteng@caixin.com)]]>