L’ancien préfet d’Alsace et le prix Nobel de chimie « dont le laboratoire était plus ouvert que le bistrot du coin »
Auditionné par la Commission de la défense nationale, le patron du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Stéphane Bouillon, ancien préfet du Bas-Rhin, a beaucoup parlé espionnage. Et fait quelques allusions à l’Alsace.
Le 13 juillet dernier, Stéphane Bouillon, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, était auditionné à l’Assemblée nationale par la Commission de la défense nationale et des forces armées. Diplômé de l’ENA, Stéphane Bouillon n’est pas tout à fait un inconnu en Alsace. De 2013 à 2015, il fut en effet préfet de la région et du département du Bas-Rhin , avant d’exercer ces fonctions en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Ce haut fonctionnaire occupe aujourd’hui (depuis août 2020) un poste des plus importants « au sein de l’architecture de l’organisation de défense et de sécurité globale de notre République », comme l’a souligné le président de la commission, le député Thomas Gassilloud (LaREM, 10e circonspection du Rhône)…
« Tout le monde y trainait dont quelques stagiaires à l’origine indéterminée »
Stéphane Bouillon se souvient de son passage en Alsace, il l’a prouvé lors de son audition. Interrogé par les députés sur l’espionnage économique et industriel, il a évoqué des « menaces hybrides ». « Cela va du stagiaire qui traîne après la fermeture des bureaux pour copier des dossiers, à la visite de la délégation étrangère qui oublie des petits objets sous la table ou prend des photos … », a-t-il expliqué.
Précisant son propos plus loin, il a mis en garde contre le CV des stagiaires présents dans certains laboratoires sensibles. « Tous les jours je lis des notes m’informant qu’une université ou un laboratoire a accepté de prendre tel ou tel. Lorsque j’étais en poste à Strasbourg, j’avais connu un prix Nobel de chimie dont le laboratoire était plus ouvert que le bistrot du coin. Tout le monde y trainait, dont quelques stagiaires à l’origine indéterminée ». Il m’avait dit : » La science n’a pas de frontières« . Je lui avais répondu « qu’il s’était réjoui de voir son Nobel attribué à lui et non à un des ses collègues étrangers ».
« Des Chinois espionnent à tire-l’arigot »
Stéphane Bouillon a mis l’accent sur l’espionnage chinois et iranien. » Des Chinois espionnent à tire-l’arigot et s’en donnent à cœur joie en matière d’entrisme, de pénétration et de tentatives de captations », dit-il aux députés. A chaque arrivée dans les universités de stagiaires ressortissants de certains pays – nous sommes attentifs à la Chine et à l’Iran qui s’intéressent à la physique et à la chimie, et à quelques autres Etats – nous faisons systématiquement réaliser une enquête par les services de renseignement et, le cas échéant, refusons un droit d’accueil de tel ou tel, voir mettons fin à son séjour. Nous surveillons aussi les centres de types Confucius ou Léo Lagrange et autres et leur système de fondation. » En Alsace, l’institut Confucius a déjà effectué plusieurs tentatives pour intégrer l’Université de Strasbourg.
Député RN de Charente, Caroline Colombier a souligné devant Monsieur Bouillon « l’intérêt porté par les services de renseignement chinois à nos installations militaires et de défense« , en Bretagne notamment. Elle a rappelé « l’étrange implantation d’un centre universitaire chinois » dans l’ancienne base de Châteauroux, dans l’Indre, non loin du centre de transmission de la marine à Rosnay. M Bouillon a notamment commenté : » Nous faisons en sorte que certaines entreprises, en particulier chinoises, ne puissent pas accroitre leur importance en France. Nous leur avons interdit l’accès en matière de téléphonie à certaines zones considérées comme sensibles.
Des observateurs y ont vu une référence au géant du téléphone Huawei, qui doit s’implanter à Brumath. Plusieurs régiments du renseignement militaire sont implantés à quelques kilomètres, à Mutzig et à Hagueneau, et cela pose question.
DT Dernières Nouvelles d’Alsace
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