Enfin, en 2021, les autorités l’ont privé de sa licence d’avocat après qu’il a défendu un des douze Hongkongais arrêtés par la police maritime chinoise alors qu’ils tentaient de fuir en bateau vers Taïwan. « Lu Siwei a toujours été un avocat très courageux », témoigne Patrick Poon, militant hongkongais des droits de l’homme réfugié à Tokyo qui connaît très bien le monde des avocats chinois. « Alors que beaucoup refusaient de prendre des cas politiquement sensibles, Lu acceptait sans hésiter. »

L’influence chinoise s’intensifie en Asie du Sud-Est

Il paye aujourd’hui le prix de son engagement. « Il est évident que Lu était sous surveillance en Chine, témoigne Bob Fu, fondateur de l’ONG ChinaAid qui soutient les réfugiés politiques chinois aux États-Unis, mais il n’était accusé d’aucun crime et aucune enquête n’était en cours contre lui. » À ses yeux, son arrestation au Laos reflète clairement « l’influence chinoise au-delà de ses frontières, qui contrôle et fait arrêter les militants critiques du régime. C’est glaçant ».

C’est exactement ce que dénonce l’alliance des ONG en faveur de Lu Siwei. « La Chine fait très souvent pression sur les gouvernements des pays d’Asie du Sud-Est (Laos, Cambodge, Thaïlande, Birmanie) afin qu’ils rapatrient les opposants chinois qui disparaissent une fois extradés en Chine. » C’est pourquoi elle appelle le gouvernement laotien à mettre un terme à ces rapatriements et à libérer Lu Siwei. Alors que le sort d’un autre militant chinois, Qiao Xinxin, arrêté au Laos en mai, reste un mystère.