Loin de l’Himalaya, c’est dans le jardin de la maison de sa mère à Peyzac-Le-Moustier que France Bleu Périgord l’a rencontré. A la fin du mois d’octobre,
le moine bouddhiste Matthieu Ricard avait quitté le Périgord pour retourner en Himalaya où il vit depuis plus de 50 ans.
Mais il y a trois semaines,
Matthieu Ricard est revenu en Dordogne pour rendre visite à sa maman âgée de 97 ans. Il a dû s’isoler pendant quatorze jours avant de la revoir.
Le confinement n’a guère changé les habitudes du moine bouddhiste : « En Inde, la première phase du confinement était très active puisqu’on a des projets humanitaires avec l’association Karuna-Schechen. Il y a beaucoup à faire en ce moment avec le coronavirus. Et la deuxième partie c’était face à l’Himalaya dans un petit ermitage de 9m2 : le meilleur confinement au monde. Je passe du confinement dans les montagnes à celui dans la forêt ici en Périgord.«
Le moine bouddhiste a également abordé la façon dont la majorité des Français ont vécu ces deux mois de confinement, parfois d’isolement pour certains. Il a été stupéfait que certains se plaignent d’avoir du temps pour se consacrer à eux-mêmes : « Comme toujours il y a deux aspects : ceux qui ont souffert du confinement par manque de moyens. Mais j’ai été surpris de voir à quel point les gens étaient démunis de se retrouver seuls avec leur esprit. Normalement il faut prendre un peu de temps pour ça parce ce n’est pas en courant dans tous les sens qu’on a le temps de le faire. L’enjeu n’est pas de regarder son nombril mais bien de comprendre comment fonctionne nos émotions, la solidarité, l’altruisme, la compassion.«