Le procès de Jimmy Lai s’ouvre ce lundi à Hong Kong
A Hong Kong, vient de s’ouvrir le procès d’un militant emblématique de la démocratie et de l’autonomie face à la Chine, celui de Jimmy Lai, milliardaire, magnat de la presse et rebelle de 76 ans.
C’est un procès politique qui s’est ouvert ce lundi matin à Hong Kong. Un procès qui permettra d’envisager à quel point la justice de cette région administrative spéciale, sous l’ autorité de Pékin, est soumise au gouvernement chinois. Le milliardaire, magnat de la presse, critique du pouvoir et plus vieux militant pro démocratie hong-kongais Jimmy Lai est jugé à partir de ce lundi matin pour « collusion avec des forces étrangères », il risque la prison à vie et l’ouverture de son audience s’est accompagné d’appels de Washington et de Londres à sa libération immédiate. Jimmy Lai est en prison depuis trois ans en vertu d’une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin après les grandes manifestations pro démocratie 2019 et près du tribunal des militants des droits de l’homme ont attendu toute la nuit pour assister à ce procès avant d’être, pour certains, écartés par la police.
Les précisions sur place avec notre correspondante Florence de Chanvi. C’est avec un dispositif de police renforcé, un millier de policiers, dont une grande partie en civil, des chiens renifleurs, des fouilles et des contrôles approfondis de tous les participants, que le procès de Jimmy Laï s’est enfin ouvert au Palais de Justice de West Kowloon. Jimmy Laï est la bête noire de Pékin, c’est l’opposant le plus influent non seulement à Hongkong, mais aussi à l’étranger. A Hongkong par le biais de son groupe de presse, qui publiait notamment le tabloïd très populaire Apple Daily, ouvertement anti-communiste et prodémocratie. Le procès de Jimmy Laï est également suivi de l’étranger, premièrement il est citoyen britannique. Le ministre des affaires étrangères David Cameron a tweeté quelques heures avant le début du procès un appel à sa libération. Mais Pékin lui reproche surtout ses relations privilégiées avec Washington. Jimmy Laï avait notamment appelé les Etats Unis à sanctionner la Chine suite à l’imposition de la loi de sécurité nationale. Le procès devrait durer 80 jours, et le verdict n’est pas attendu avant l’automne prochain.
Hong Kong où pratiquement n’importe quel acte peut être considéré comme une menace pour la « sécurité nationale » en vertu donc de cette loi votée en 2020 sous l’impulsion de Pékin. Le contexte est de plus en plus répressif et pas seulement pour les militants pro démocratie qui vivent sur cette péninsule du sud-est de la Chine. Les autorités ont désormais décidé de s’en prendre à ceux qui se sont réfugiés à l’étranger après la promulgation de cette loi répressive.
Bonjour Sébastien Berliot.
Oui bonjour Anne Laure.
Vous êtes le correspondant de France Culture à Pékin, la police de Hongkong offre même des récompenses pour l’arrestation de plusieurs de ses militants installés à l’étranger.
Oui les militants pro démocratie visés par la police de Hongkong sont au nombre de 5, tous accusés d’avoir trahis leur pays et de s’être livrés à une collusion avec des forces étrangères. Il y a parmi eux Simon Cheng, l’une des figures du mouvement prodémocratie installé en Angleterre, les autres sont réfugiés en Australie et aux Etats Unis. Tous seront poursuivis à vie et devront vivre dans la peur, avait déclaré il y a quelques semaines le chef de l’exécutif de Hongkong John Lee, mais comme la nouvelle loi de sécurité nationale n’est évidement pas reconnue en dehors des frontières du territoire, les autorités ont décidé de lancer un appel et d’offrir une récompense pour toute personne qui serait en mesure de fournir des informations permettant la capture des 5 militants. La somme proposée s’élève à 120 000€. Une nouvelle forme de répression transnationale qui a provoqué la colère de Londres et Washington. Les Etats Unis condamnant un mépris flagrant des normes internationales, et soulignant que les autorités de Hongkong n’ont aucune compétences à l’intérieur du territoire américain. Simon Cheng, l’un des militants concerné lui a réagi sur X l’ex Tweeter, en déclarant qu’être poursuivi par les autorités chinoises était pour lui un honneur à vie. Pékin de son côté a accusé Londres et Washington de vouloir semer la pagaille à Hongkong en encourageant des individus opposés à la Chine.
Sébastien Berliot merci beaucoup
France Culture le lundi 18 décembre 2023.





