Ces chiffres qui montrent combien les petits colis venant de Chine aggravent le déficit commercial…
… et le réchauffement climatique
Une étude des Douanes publiée ce vendredi révèle l’ampleur des colis d’une valeur inférieure à 150 euros importés en France. (Taxe sur les petits colis : point d’information sur sa mise en œuvre)
Les volumes de petits colis en provenance de Chine ont tant explosé ces dernières années que le phénomène commence à peser sur le déficit commercial français. C’est ce que révèle une étude des Douanes publiée ce mercredi.
Depuis juillet 2021, ces « petits colis » – d’une valeur inférieure à 150 euros – font l’objet d’une déclaration douanière spécifique. Sur la base de ces déclarations, les Douanes indiquent que 773 millions d’articles ont été importés dans des envois d’une valeur inférieure à 150 euros en 2024, contre 170 millions en 2022.
Ces petits colis, importés ou exportés, ne sont pas encore comptabilisés dans le calcul de la balance commerciale française, comme c’est le cas en Allemagne par exemple. Or « leur prise en compte aurait dégradé le solde commercial d’au moins 4,2 milliards d’euros en 2024 », dévoile l’étude, alors que ce solde était déjà en déficit de 81 milliards – certes en recul après les 99,6 milliards de 2023.
Shein et Temu en tête
Depuis juillet 2021, on parle de plus de 2,1 milliards d’articles. Ces produits arrivent à 97 % de Chine, contre 86 % en 2022, et représentent des prix de plus en plus bas : la moitié sont d’une valeur inférieure à 3,4 euros. L’étude parle d’un « effondrement du prix moyen par article », quasiment divisé par deux entre 2021 et 2025, de 11,7 à 6,4 euros.
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« Cette dynamique s’explique par l’émergence en 2023 de plateformes construites sur les modèles de l’ultra-fast-fashion ou de ‘direct-from-factory’ comme Shein et Temu » ou AliExpress, analyse l’étude. « Ces modèles reposent sur une forme poussée de désintermédiation, marquée par l’absence d’entrepôts ou de stocks situés sur le territoire de l’Union européenne. Ces plateformes contribuent à accroître fortement le volume d’achats tout en abaissant significativement le prix unitaire des articles », précise encore le document.
Taxe sur les petits colis
Les vêtements, accessoires et chaussures représentent la moitié des montants importés, soit 2,6 milliards d’euros et 280 millions d’articles en 2024. Viennent ensuite les articles divers en plastique, pour 128 millions d’articles, les appareils et matériels électriques pour 30 millions d’articles et enfin les jouets, les articles en cuir et les bijoux. Un cinquième des articles déclarés en France sont réexportés vers d’autres pays européens, précise l’étude.
Ces envois inférieurs à 150 euros sont pour l’instant exonérés de droits de douane. La France compte instaurer une taxe sur ces colis dès le 1er janvier, d’une valeur de 5 euros selon le projet de budget 2026 tel qu’adopté au Sénat mais pas encore définitif. Une taxation de 3 euros est prévue pour juillet 2026 au niveau européen. Appliquée par article, une taxe de 3 euros ferait augmenter le prix moyen de 47 % et de 79 % avec une taxe de 5 euros, précise l’étude des Douanes.
Avec AFP

