Trois rapporteurs spéciaux ont conjointement signé une déclaration contre la séparation forcée d’enfants et de leurs parents, et contre l’éducation anti-ouïghour dans les internats gérés par le Parti Communiste Chinois (PCC).
article du 02/10/2023
Quelques jours après une tentative échouée d’intimidation de la Chine pour annuler une réunion dénonçant ses faits d’armes contre les droits humains en marge des sessions onusiennes, les Nations-Unies ont à nouveau infligé un revers à l’assurance chinoise martelant son respect des droits humains.
Fernand de Varennes, Rapporteur Spécial pour les Minorités, Alexandra Xanthaki, Rapporteure Spéciale dans le champ des Droits Culturels et Farida Shaheed, Rapporteure Spéciale de l’Education, ont conjointement signé une déclaration dénonçant les pratiques chinoises de séparation forcée des enfants ouïghours et autre turco-musulmans et de leur famille et l’envoi de ces enfants dans des internats dont le véritable but est de détruire leur identité ethnique et religieuse. Créant, disent les Rapporteurs Spéciaux, des « orphelins artificiels ».
« Les internats publics du Xinjiang, disent les rapporteurs spéciaux, faillissent à donner une éducation dans la langue maternelle des enfants et séparent avec force les enfants (…) de leur famille et de leur communauté, menant à leur assimilation forcée. » « Nous sommes profondément préoccupés que ces écoles en Xinjiang enseignent presque exclusivement dans la langue officielle avec peu ou pas d’usage de l’Ouïghour comme médium d’instruction. De plus, la séparation de ces enfants (…) et de leur famille pourrait mener à l’assimilation forcée du mandarin et des pratiques culturelles Han. »
Les Nations-Unies « ont reçu des informations sur un déplacement à grande échelle d’enfants, principalement ouïghours, y compris les très jeunes, dont les parents sont en exil ou internés/détenus. Ces enfants sont traités comme des orphelins par les autorités nationales et placés à temps-plein en internat dans des écoles, des crèches et des orphelinats où l’usage du mandarin (Putonghua) est quasiment exclusif. Les enfants ouïghours et d’autres minorités dans ces institutions hautement surveillées et régulées ne peuvent avoir que peu d’interactions avec leur parent, leur famille élargie et leur communauté, ce qui mine leur lien à leur identité culturelle, religieuse et linguistique. »
Notons que les « les enseignants peuvent aussi être sanctionnés s’ils parlent Ouïghour en dehors des classes de langue spécifique ». Les rapporteurs spéciaux dénoncent une « croissance exponentielle du nombre de pensionnats » pour les enfants Ouïghours et d’autres minorités musulmanes du Xinjiang ces dernières années, et la « fermeture des écoles locales où l’éducation est en Ouïghour ou en une autre langue minoritaire. « L’échelle massive des dénonciations soulève d’extrêmement sérieuses inquiétudes de violations des droits humains les plus élémentaires, ont-ils conclu. »
En Février dernier, les Nations-Unies, avec les même rapporteurs spéciaux, ont dénoncé un système identique, isolant les enfants tibétains de leur identité ethnique et religieuse en les séparant de leur famille.
Lien vers la pétition contre ces internats de séparation au Tibet

