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09/02/17 | 8 h 00 min

Les relations sino-taiwanaises à l’épreuve du sacrifice

Globaltimes.cn, canal officiel d’expression des autorités chinoises, a rapporté le 22 janvier dernier les propos d’un think-tank gouvernemental considérant qu’il pourrait en coûter très cher à Taiwan si le président américain Donald Trump venait à l’utiliser comme monnaie d’échange dans le cadre des discussions conduites avec Pékin. Citant des experts proches du gouvernement, le même média précisait que la Chine continentale devrait se tenir prête militairement à faire face à des « initiatives extrêmes » du leader taiwanais Tsai Ing wen et à la pire situation de crise entre la Chine et Taiwan après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump le 20 janvier. S’agissant plus précisément de ces « initiatives extrêmes » qui pourraient être prises par la Présidente Tsai, l’article citait les propos de Zhang Wensheng, chercheur associé auprès de l’Institut de Recherches Taiwanais de l’Université Xiamen qui déclarait « L’île pourrait vouloir accéder à l’indépendance en réformant le droit applicable au referendum, en tentant de renforcer ses liens diplomatiques avec les USA, en provoquant des tensions avec le continent en invitant à Taiwan les forces politiques œuvrant pour l’indépendance du Tibet et du Xinjiang ». La loi de 2003 relative au referendum avait été promulguée dans le but de  renforcer la démocratie directe mais certains y voient cependant un moyen légitime offert à Taiwan de proclamer son indépendance. La Chine a très clairement fait savoir qu’elle était prête à sacrifier n’importe lequel de ses intérêts nationaux  afin d’empêcher l’indépendance de Taiwan. L’article citait également Yang Lixian, Secrétaire Général Adjoint de la Société Nationale d’ Etudes Taiwanaises, qui a déclaré que Taiwan constituant l’un des intérêts vitaux de la Chine continentale « celle-ci pourrait consentir à tout sacrifice qu’il soit économique, militaire ou diplomatique afin de sauvegarder sa souveraineté nationale face aux Etats-Unis ». D’autre part a-t-il ajouté, Taiwan pourrait avoir à se sacrifier si Trump l’utilisait comme monnaie d’échange dans le cadre de ses négociations avec la Chine. À ce sujet, l’article en citait un autre de la Taiwan News Agency en date du 17 janvier qui  faisait remarquer que Tsai avait dépêché une délégation de onze participants conduite par l’ancien premier ministre Yu Shyi Kun à la cérémonie d’investiture du président Trump afin de transmettre le souhait du peuple et des représentants taiwanais de voir prospérer la coopération et les échanges avec les États-Unis. Toujours d’après la même source journalistique, l’ancien président Taiwanais Ma Ying Jeou (2008-2016) avait également envoyé une délégation pour la cérémonie d’investiture du président Obama en 2013 sans que la Chine continentale ne manifeste son opposition. Si l’on en croit l’article citant les propos du Secrétaire général Yang, la Chine a cette fois-ci réagi de manière différente « en raison du refus de la présidente Tsai de se conformer à la ligne adoptée par le président Ma et de son opposition au « principe d’une seule Chine ». Enfin, l’article citait également Yu Zhengsheng, un membre de la Commission Permanente du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste Chinois, qui aurait déclaré lors d’un congrès annuel des responsables centraux et régionaux chargés des affaires taiwanaises « la Chine continentale se référera toujours au Consensus de 1992 (celui relatif au « principe d’une seule Chine »), sauvegardera sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, et perpétuera le développement paisible des relations entre la Chine et Taiwan ». Traduit de l’anglais par Eric Pegorer pour France-Tibet. (TibetanReview.net, le 24 janvier 2017)]]>