Xi Jinping, le président chinois, et Li Keqiang, le premier ministre, ont dû lire avec satisfaction les statistiques macro-économiques de la Chine pour le premier trimestre. Le PIB a finalement progressé de 6,7 % sur un an après +6,8 % au quatrième trimestre de 2015. Qu’ importe si la fiabilité des chiffres est parfois contestée, l’essentiel est acquis : la planète finance a acheté le scénario du ralentissement sous contrôle.
Risques de déraillement de la politique économique
Mais Xi Jinping et Li Keqiang savent aussi que trois risques, et pas des moindres, peuvent faire dérailler leur politique économique, les obligeant à agir avec doigté sur les leviers monétaires ou fiscaux dont ils disposent. Le premier, c’est l’immobilier, un des piliers principaux de la croissance. Après avoir construit tant et tant, la Chine se retrouve avec des millions de mètres carrés invendus. Fort des mesures de soutien à l’achat, les ventes sont reparties dans les grandes villes. C’est ce qui explique la très forte envolée des prêts bancaires de mars, selon HSBC. Revers de la médaille, nombre de ménages se sont endettés dans des circuits plus ou moins transparents pour financer l’apport personnel et la surchauffe guette…
Nouvelle mesure
Le deuxième risque, c’est celui de l’endettement que Standard & Poors estime à 160% du PIB rien que pour les entreprises (98% en 2008). Après la très forte poussée de janvier, la machine à crédit a encore très bien fonctionné en mars. Mais avec le ralentissement économique, les prêts à risque augmentent sérieusement. Ils représenteraient 15,5% des encours des banques commerciales ou encore 7% du PIB, estime le FMI, bien au-delà du chiffre officiel. Signe que la situation est surveillée de près, le gouvernement va ressortir une mesure déjà éprouvée, mais décriée, permettant à une banque d’échanger la dette d’une entreprise contre une partie du capital de cette même entreprise.
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Surcapacités
La mesure est attendue sous peu et intéressera les grands groupes d’Eta t dans les secteurs en surcapacités , comme l’acier ou le charbon, qui ont de plus en plus de mal à rembourser ce qu’ils doivent. Le gouvernement s’est engagé à sabrer dans son industrie lourde, quel qu’en soit le coût social. Les analystes applaudissent mais doutent que la volonté politique suive, de peur de freiner l’activité à court terme. Le risque, c’est de continuer à flécher une partie des crédits vers des canards boiteux, au détriment des PME par exemple.
photo : Le président chinois Xi Jinping – SIPA

