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27/04/16 | 17 h 54 min

L’Inde autorise des leaders ouïghours, accusés de « terroristes » par la Chine, à rendre visite au Dalai Lama

Les dirigeants du Congrès du Monde Ouïghour (WUC), qui est accusé par le Gouvernement chinois de soutenir des activités terroristes dans la région du Xinjiang, vont pouvoir rencontrer le leader tibétain, Sa Sainteté le Dalai Lama, suite à l’approbation du Gouvernement indien. L’Inde avait refusé l’octroi d’un visa à Rebiya Kadeer, la présidente du WUC, en 2009, pour ne pas fâcher la Chine, selon certaines informations.

Les experts voient dans ce changement de position de l’Inde une réaction au veto chinois à sa demande de placer Maulana Masood Azhar, le chef du groupuscule terroriste Jaish-e-Mohammad (JeM), sur la liste terroriste établie par les Nations-Unies.

Une délégation du WUC basé à Washington, dont le Vice-Président Omar Kanat, et le Président de l’Association Américaine des Ouïghours, Ilshat Hassan, sera accueillie à Dharamshala du 28 avril au 2 mai. Isa Dolkun, le Secrétaire Général du WUC, est accusé de terrorisme par la Chine.
 » Je tiens à désigner Dolkun comme un terroriste, notifié en rouge par Interpol et la police  chinoise. Le présenter à la Justice est une obligation qui concerne tous les pays  » s’est exprimée Hua Chunying, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères chinois, ce 22 avril.

Le WUC est une organisation internationale, représentant les exilés ouïghours, qui mène un mouvement pacifique et non violent contre ce qui est considéré comme une occupation chinoise du Turkestan Oriental. A l’instar du Congrès de la Jeunesse Tibétaine, la Chine considère le WUC et son réseau comme des organisations terroristes, déterminées à désintégrer la Chine.

Le revirement indien, utilisant  » la carte ouïghoure « , s’inscrit dans un contexte de durcissement de la position chinoise sur la question de Maulana Masood Azhar, le cerveau des attaques contre la base des Forces Armées Indiennes à Pathankot, en janvier dernier.

Le 1er avril, la Mission Permanente Chinoise à l’ONU était intervenue à la dernière minute pour modifier  »  un point technique  » sur la requête indienne, intervention motivée par la nécessité d’être  » juste et objecti f ».

Le Ministre indien des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, en Russie, et le Ministre de la Défense de l’Inde, Manohar Parrikar, en Chine, ont en même temps relancé le dossier Masood Azhar à leurs homologues respectifs, récemment.

Néanmoins, la porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères Chinois, Hua Chunying, a indiqué une improbable variation de la position de la Chine sur Azhar.
 » La Chine a déjà exprimé sa position par rapport à cette question. Nous soutenons le rôle central de l’ONU dans sa coordination mondiale contre le terrorisme, et la Chine a pris part activement à la coopération du monde entier contre ce dernier  »  ajoutait Hua.

Parrikar a relayé la partialité de la Chine lorsqu’elle aborde les questions liées au terrorisme.  » Ce qui s’est déroulé à l’ONU ne va pas dans la bonne direction et il est nécessaire  avoir une ligne commune sur le terrorisme, dans l’intérêt mutuel de l’Inde et de la Chine  » a précisé le Ministre Indien de la Défense.

La Chine avait déjà bloqué la procédure indienne de mettre sur la liste Azhar, en 2008, après les attaques terroristes de Mumbai. Pour certains, la Chine se positionne après consultation du Pakistan, accusé à maintes reprises par l’Inde, d’héberger voire même de financer des militants opposés aux frontières indiennes.

Maulana Masood Azhar était un des trois terroristes échangés contre des passagers du vol détourné India Airlines 814 (IC814), qui avait décollé de Kathmandu pour atterrir à Kandahar, dans une région d’Afghanistan contrôlée par les Talibans, en Décembre 1999.

Traduction France Tibet