« La question du Tibet pourrait être un facteur efficace que devrait utiliser le gouvernement indien afin de contrer les politiques expansionnistes chinoises à la frontière himalayenne. » C’est ce que vient de déclarer Claude Arpi, historien et tibétologue réputé. Dans un éditorial publié mercredi dans le Deccan Herald, l’auteur a discuté de l’importance de la frontière himalayenne qui a traditionnellement «partagé d’innombrables similitudes culturelles, spirituelles, stratégiques et économiques » avec l’Inde. « Le besoin actuel est de revitaliser l’Himalaya et de le lier au bien-être des réfugiés tibétains et à la promotion de leur culture unique. C’est le seul moyen d’équilibrer les efforts de propagande de la Chine dans les zones frontalières », déclare l’expert. L’observateur su Tibet, Claude Arpi, fait valoir que l’Initiative des nouvelles Routes de la Soie (BRI, Belt and Road Initiative ) instituée par Pékin constitue une tentative cruciale de l’administration chinoise visant à mettre fin aux liens étroits entre le Tibet et l’Himalaya. « Toutes les frontières sont fermées depuis près de 60 ans maintenant, à l’exception de trois ports terrestres ouverts au petit commerce à Nathu-la, Shipki-la et Lipulekh-la ; loin des affaires florissantes qui se sont déroulées pendant plusieurs siècles », a-t’il précisé. Claude Arpi exhorte le gouvernement indien à mettre sur pied une politique cohérente en ce qui concerne les réfugiés tibétains et la population résidant dans les zones frontalières, « les liens séculaires entre le Pays des Neiges et l’Himalaya indien sont restés vivants, mais ils doivent maintenant être revitalisés par le gouvernement ». L’ auteur cite les récents affrontements au Ladakh, qui ont culminé en juin, comme une raison pour laquelle l’administration indienne a élaboré une politique qui inclut à la fois le Tibet et la ceinture himalayenne. Dans ce qu’il propose comme une « politique des affaires himalayennes et tibétaines », l’historien suggère que l’Inde se doit de lutter contre toute forme d’impérialisme et se doit de défendre les droits des personnes les plus faibles. Claude Arpi recommande également une coordination pour atteindre l’objectif d’une politique commune pour toutes les parties prenantes, y compris les agences des affaires extérieures, de la défense, de l’habitat, de l’éducation, de la culture et de la sécurité. Citant la directive du gouvernement indien de 2018, selon laquelle aucun responsable indien ne devrait rencontrer le Dalaï Lama, Claude Arpi déclare que toute crainte d’une réaction négative de la Chine devrait être balayée. En outre, Claude Arpi suggère la nécessité de créer un Département des Affaires Himalayennes et Tibétaines (DHTA) sous le cabinet du Premier ministre, pour mettre en œuvre la politique holistique décidée par le gouvernement. L’agenda principal de ce nouveau Bureau, selon Claude Arpi, serait de prendre des mesures pour arrêter la migration de la population locale et des Tibétains vers les grandes villes, de travailler sur les liens entre les forces de défense indienne et la population locale, de promouvoir les pèlerinages transfrontaliers et de promouvoir le bouddhisme à une grande échelle. Claude Arpi est l’auteur, journaliste, historien et tibétologue d’origine français. Il est le directeur du Pavillon de la Culture tibétaine à Auroville, inauguré par le Dalaï Lama en présence de Claude Arpi en 2009. Traduction France Tibet, le 2 décembre 2020. Illustration : Doklam zone frontalière controversée, siège d’affrontement durant les derniers mois.]]>


