« Il faut faire une Chine forte » : la répression s’accroît au Tibet depuis l’arrivée d’un haut fonctionnaire chinois
Loi sur l' »unité ethnique » en Chine : « un régime de totalitarisme absolu », dénonce la sinologue Marie Holzman
Cette nouvelle loi ethnique, entrée en vigueur mercredi, suscite l’inquiétude des ONG impliquées dans les droits de l’homme.
« Depuis quelques années, grâce à Xi Jinping, la Chine est sous un régime de totalitarisme absolu », dénonce la sinologue Marie Holzman, mercredi 1er juillet sur franceinfo, alors qu’une nouvelle législation chinoise sur « l’unité ethnique » est entrée en vigueur mercredi, suscitant l’inquiétude des ONG impliquées dans les droits de l’homme.
Cette loi vise officiellement à forger une identité nationale « partagée » entre groupes ethniques et à « renforcer la cohésion » du pays, notamment en officialisant des politiques destinées à promouvoir le mandarin comme « langue commune nationale ». L’identité chinoise Han sera renforcée au détriment des autres cultures. À terme, des langues comme le Tibétain, le Ouighour et le Mongol pourraient disparaître.
« Un contrôle absolu sur la vie des gens »
Avec la mise en application de cette loi, la Chine n’est plus seulement un état policier redoutable avec l’arrivée des nouvelles technologies, elle n’est plus seulement une dictature où tous les pouvoirs sont rassemblés entre les mains d’un individu ou d’un parti, elle n’est plus un pays totalitaire qui contrôle ses citoyens, mais elle s’aligne, selon Marie Holzman, sur les régimes totalitaires absolus. « Cela ne veut pas dire que les gens dans la rue marchent tous au pas, cela veut dire que le contrôle sur leur vie est absolu », alerte la sinologue. « On sait à chaque instant où chacun se trouve, on sait avec qui il va dîner, on sait avec qui il est marié, s’il fait des enfants ou pas. » Marie Holzman rappelle qu’il existe un autre pays dont le régime se rapproche de la Chine : la Corée du Nord.
L’article 63 de cette loi ethnique permettra à Pékin de poursuivre des personnes et des organisations étrangères critiques de la Chine en dehors des frontières chinoises. Mercredi à Paris, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté non loin de l’ambassade de Chine, dans le 7e arrondissement, a constaté le journaliste de Radio France présent sur place. Ce rassemblement était composé essentiellement de Tibétains et de Ouighours.





