C’est la première visite d’Etat d’un président chinois depuis dix ans au Royaume-Uni. Arrivé lundi 19 octobre à Londres avec son épouse, Xi Jinping entame ce mardi son voyage de quatre jours. Au menu : promenade en carrosse jusqu’à Buckingham Palace, accueil du Premier ministre britannique David Cameron, et les honneurs à Westminster, où le numéro un chinois s’adressera aux députés britanniques. Tout sera fait pour séduire cet hôte de marque dont les entreprises de Grande-Bretagne attendent beaucoup. Il y a trois ans, Pékin avait gelé ses relations avec Londres après une rencontre entre David Cameron et le dalaï-lama. « Le Royaume-Uni veut être le pays occidental le plus ouvert vis-à-vis de la Chine. C’est un choix visionnaire et stratégique », se félicite Xi Jinping dans une interview accordée à l’agence Reuters. Le président chinois y salue les investissements britanniques en Chine, qui ont fait un bond de 88 % l’année dernière. Aucun autre pays de l’UE ne fait mieux. Pareil pour les investissements chinois : la Grande-Bretagne est la destination numéro 1 pour les entreprises chinoises. Deux secteurs sont en tête de liste : le nucléaire et les transports. Avec la France, l’Allemagne et le Japon, la Chine est en lice pour la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit relier Londres à Manchester et Birmingham – un appel d’offres qui vaut 58 milliards d’euros. L’heure est donc à la lune de miel entre la Grande-Bretagne et la Chine, dans une « nouvelle ère dorée » tant louée par les deux pays. Une nouvelle ère dans laquelle il ne reste guère de place pour parler des droits de l’Homme. « Bien sûr, le Royaume-Uni adopte une attitude amicale pour des raisons pragmatiques », se réjouit le quotidien Global Times, « mais cela montre toutefois que la Chine est aujourd’hui irrésistible, car elle s’avère bénéfique pour ses partenaires ».
