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19/01/19 | 23 h 35 min

LYON : Madame Grace Hongwei, l’épouse de Meng Hongwei, l’ex-président de l’organisation policière Interpol, demandé l’asile politique en France.

FILE – In this Nov. 10, 2016 file photo, released by Xinhua News Agency, then China’s Vice Minister of Public Security Meng Hongwei delivers a campaign speech at the 85th session of the general assembly of the International Criminal Police Organization (Interpol), in Bali, Indonesia. China detained the now former Interpol chief, who was taken into custody upon arriving in Beijing late Sept. 2018, the latest in a number of Chinese figures who went missing only to appear in court accused of corruption. The disappearance of Saudi Journalist Jamal Khashoggi, during a visit to his country’s consulate in Istanbul on Oct. 2, 2018, raises a dark question for anyone who dares criticize governments or speak out against those in power: Will the world have their back? (Du Yu/Xinhua via AP, File)

L’épouse de l’ex-président d’Interpol arrêté en Chine demande l’asile politique en France
Par    Stanislas Poyet
Publié le 18/01/2019 à 15:17

L’épouse de Meng Hongwei, l’ex-président de l’organisation policière Interpol accusé de corruption en Chine, se dit menacée et a demandé l’asile en France.

Grace Hongwei va demander l’asile en France, selon une information de Franceinfo. Depuis l’arrestation de son époux, alors président d’Interpol en septembre 2018 en Chine, elle affirme craindre pour sa vie et celle de ses enfants. Elle assure que son mari, officiellement accusé de corruption par Pékin, est en réalité victime d’une purge politique.

» LIRE AUSSI – Le directeur chinois d’Interpol a disparu, Pékin garde le silence

Grace Hongwei, restée à Lyon où se trouve le siège d’Interpol, raconte avoir été victime d’une «tentative de kidnapping». «J’ai besoin que le gouvernement français me protège, m’assiste, m’aide, moi et les enfants», déclare-t-elle. «J’ai peur d’être kidnappée. Quelque chose s’est produit, j’ai reçu des coups de fil bizarres. Des Chinois, un homme et une femme, m’ont suivie à l’hôtel, et on les a filmés».

Elle explique aussi avoir reçu chez elle début octobre deux hommes d’affaires chinois, qui lui ont demandé de les accompagner en République tchèque en jet privé. Ayant refusé, elle a déclaré qu’ils étaient revenus deux jours plus tard pour «proposer de m’emmener faire un tour dans les villes d’Europe». «Après la tentative de kidnapping, j’ai prévenu la police, qui m’a mise sous protection, avec mes jumeaux de 7 ans», a encore indiqué Grace Hongwei. Elle a précisé qu’elle devait se rendre ce vendredi dans les locaux de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

«Persécution politique»
En octobre dernier, Grace Hongwei avait déjà déclaré craindre pour sa propre sécurité et accusé le gouvernement chinois de «persécution politique» lors d’un entretien avec la chaîne britannique BBC. La Commission nationale de supervision chinoise, qui enquête sur le dossier de M. Meng, peut garder des suspects au secret pendant six mois sans prévenir leur famille ni leur donner accès à un avocat.

Les proches de responsables déchus sont en général empêchés de s’exprimer par les autorités chinoises. Les propos de Grace Hongwei aux médias sont donc inhabituels et représentent sans aucun doute une source d’embarras pour Pékin.

L’élection de Meng Hongwei à la tête d’Interpol fin 2016 avait été vécue comme une victoire pour la Chine, en dépit des inquiétudes que cela avait fait naître parmi les défenseurs des droits de l’Homme. Il a été remplacé en novembre par le Sud-Coréen Kim Jong-yang.

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