Lyon. La fête de la diversité frôle la crise diplomatique, tensions entre Tibétains et Chinois
Samedi 21 septembre, en marge de la 20ᵉ édition de la fête des Bannières à Lyon qui célèbre la diversité, des réfugiés Tibétains dénoncent avoir été pris à partie par des Chinois.
« Des Chinois en colère contre des Tibétains déterminés à défendre la liberté du Tibet réprimé par la Chine. » C’est de cette manière que Patrick Bonnassieux, militant pour un Tibet libre, résume les vidéos d’une altercation filmée samedi 21 septembre 2024 en marge du festival des Bannières du monde dans le 6ᵉ arrondissement de Lyon.
« On n’était pas invités »
Les faits se sont déroulés sur le cours Franklin-Roosevelt lors du traditionnel défilé de la fête des Bannières du monde, qui réunit chaque année de nombreux représentants des nationalités présentes à Lyon.
Un évènement festif et populaire lors duquel les tensions sont mises de côté pour célébrer le vivre ensemble et la différence. « Mais certains différends sont ancrés trop profondément », dénonce l’association France Tibet par la voix de Pierre Carboue.
Onze réfugiés Tibétains, membres de France Tibet, ont décidé de se joindre à la fête sans y être invités par les organisateurs, portant des drapeaux du Tibet et une tenue traditionnelle.
« C’était important pour nous d’être présents, même sans invitation. Rajouter des bannières du monde dans ce rassemblement, ça ne me paraît pas choquant ! C’est une manière d’exister, d’autant que nous avons besoin de visibilité, de montrer que nous sommes là », argumente Pierre Carboue.
Des tensions éclatent
Sonam Dhondup est venu de Grenoble pour participer au nom du Tibet à ce défilé multiculturel. Ce Tibétain porte le statut de réfugié diplomatique chinois. « En France depuis sept ans, mes parents sont emprisonnés en Chine et je n’ai aucune nouvelle depuis. C’était important pour moi de participer à ce défilé », avance-t-il.
Il raconte sa version des faits : « On a rejoint le défilé à 14h30 et les organisateurs sont venus nous dire d’aller tout derrière si on comptait rester. Le problème, c’est qu’une fois à l’arrière, des Chinois sont venus en groupe, de plus en plus nombreux. Ils nous ont donné des coups de pieds, ont jeté nos drapeaux, nous poussaient et nous tapaient. »
L’un des manifestants tibétains a filmé des scènes de confusion, diffusées sur les réseaux sociaux. « Moi, j’ai essayé de faire un Facebook Live, mais ils ont cassé l’écran de mon téléphone », dénonce Sonam, qui annonce sa volonté de porter plainte.
Pas de blessés ni de dégâts
Au final, pas de blessé ni de dégâts majeurs. Les Tibétains ont marché une trentaine de minutes avant que la police ne leur demande de décamper pour éviter que ça ne dégénère. « On voulait rester, mais les Chinois étaient plus nombreux, alors la police a tranché en leur faveur », déplore Sonam.
On est très en colère que même en France, on soit persécutés librement pas des ressortissants chinois. Ça nous gêne de causer des problèmes ici, car la France nous accueille, mais c’est comme ça et nous devons lutter.
Du côté des organisateurs, interrogés par actu Lyon, le comité des fêtes de la Ville de Lyon ne prend pas position, invoquant « ne pas avoir eu connaissance d’un quelconque incident lors de la 20ᵉ édition de son évènement ».


