« La situation créée par les attentats odieux du 13 novembre et les investigations menées depuis » imposent que « les conditions de sécurité soient renforcées », a affirmé mercredi soir la présidence de la COP21, conduite par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. « Afin d’éviter tout risque supplémentaire, le gouvernement a décidé de ne pas autoriser les marches pour le climat prévues sur la voie publique à Paris et dans d’autres villes de France les 29 novembre et 12 décembre », a-t-elle ajouté. Le Premier ministre, Manuel Valls avait indiqué dès lundi que la COP21 serait « réduite à la négociation » et que les « concerts et manifestations festives » annexes « seraient sans aucun doute annulés ».
« Des formes de mobilisations alternatives »
Résultat : les ONG de défense du climat et de l’environnement redoutent que la COP21 – qui elle est bien maintenue, du 30 novembre au 11 décembre – ne se transforme en un huis clos politique et diplomatique excluant la société civile. Plus de 100 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus au Bourget, au nord de Paris, dont l’Américain Barack Obama, le Chinois Xi Jinping ou encore l’Israélien Benjamin Netanyahou. Du coup, plusieurs d’entre elles ont d’ores et déjà annoncé plancher sur des alternatives. Le directeur général de Greenpeace en France Jean-François Julliard a ainsi lancé :Si nous ne pouvons pas marcher pour le climat dans les rues de Paris, nous redoublerons de créativité pour nous faire entendre des décideurs, dans les enceintes des Nations unies et au dehors. »
La Coalition Climat 21, qui rassemble plus de 130 organisations de la société civile, dont WWF, a de son côté affirmé qu’elle trouverait « une forme alternative de mobilisation citoyenne ». La Fondation Nicolas Hulot souhaite également « imaginer des formes de mobilisations alternatives dans les règles fixées par le gouvernement ». Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org a également affirmé :Nos voix ne seront pas réduites au silence. Bien qu’il soit difficile de maintenir ce que nous avions initialement prévu, nous trouverons comment faire en sorte que notre aspiration à la justice climatique soit entendue. »
« Nous encourageons chacun à travers le monde à rejoindre une des activités de la Marche Mondiale pour le Climat organisées partout dans le monde pour faire entendre nos voix plus fortement encore. Cela est plus important que jamais ! », a-t-il poursuivi. En dehors de Paris, plus de 2.000 événements dont plus de 50 marches sont prévus le week-end des 28 et 29 novembre dans plus de 150 pays pour soutenir la conférence et réclamer des engagements dans la lutte contre le dérèglement climatique.

