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14/12/23 | 8 h 42 min par Emmanuel Berretta

MIELS FRELATÉS / L’UNION EUROPÉENNE SE REVEILLERAIT ELLE? : la Chine toujours médaille d’or et les importateurs qui s’achètent, en 2023, une virginité des cupides fautes des années 90

Pour rappel article de France Tibet du 05 décembre 2021 : « Clair de Lune*… le gros enfumage, …!! Piqûre de rappel n°5″. France Tibet 2021-12-05 Clair de Lune…le gros enfumage…piqûre de rappel

« En 1997, le Syndicat des Producteurs de Miel de France (SPMF) publiait le stupéfiant chapitre : « Falsification des miels » :
« 10. Quelle est la technique chinoise pour « fabriquer » du miel adultéré ?
En Chine, on ne rentre pas dans les « usines à miel ». C’est « top secret ». Des bâtiments sont immenses, plusieurs milliers de m2 au sol, et très protégés : grillages, gardiens et hauts parleurs…
…La (ou les)  » technique de fabrication  » chinoise n’est pas réellement connue. L’hypothèse la plus probable est la suivante : » lire la suite dans le doc « clair de Lune… »

Union Européenne : mardi 12 décembre 2023, les députés européens se sont prononcés en faveur d’une information plus précise sur les étiquettes de certains produits alimentaires. Ils souhaitent notamment renforcer la lutte contre le miel frelaté : Directives « petit-déjeuner »: Les députés veulent un étiquetage plus clair

Ouest France du 12/12/2023 : Directive « petit-déjeuner » : comment les eurodéputés veulent nous aider à manger plus sain

 

L’Europe accélère sa lutte contre le miel frelaté

Le Parlement européen révise la directive sur l’étiquetage des produits alimentaires, dont le miel, souvent trafiqué.

Le Parlement adopte aujourd’hui une révision de la « directive miel » afin de mieux informer les consommateurs. Le miel est particulièrement visé par cette législation depuis qu’un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) a révélé que 46 % des échantillons étaient frelatés. Un chiffre issu de 320 échantillons.

Les miels frelatés sont coupés avec des sirops de sucre à base de riz, de blé ou de betterave sucrière dans le but d’en augmenter le volume. Cette pratique est interdite depuis une législation qui a vingt ans. Les trafiquants utilisent aussi des additifs et des colorants pour falsifier la véritable source botanique du miel. L’origine géographique réelle du miel est également falsifiée…

Les Européens sont particulièrement friands de miel : la production européenne était de 218 000 tonnes en 2020 (12 % du marché mondial) mais elle ne comble pas les besoins. En dépit de 20 millions de ruches en Europe, l’importation (175 000 tonnes en 2020) demeure donc nécessaire et ouvre un large champ à toutes sortes de fraudes… La Chine est, de loin, le premier producteur mondial (458 000 tonnes en 2020). « Le prix de production de miel en Chine est estimé à 3 euros le kilo alors qu’il rentre dans l’Union européenne à moins de 2 euros le kilo », relève l’eurodéputée Irène Tolleret (Renew), de la Commission Agri du Parlement européen.

Le Royaume-Uni, plaque tournante du miel frelaté

Le texte vise à renforcer les obligations d’étiquetage et à éliminer une source de concurrence déloyale pour les apiculteurs européens. « Les règles actuelles d’étiquetage induisent en erreur les consommateurs, qui sont de plus en plus attentifs à l’origine des produits alimentaires qu’ils achètent, écrivait Irène Tolleret dans un courrier adressé le 13 février au commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski. […] Les règles d’étiquetage devraient prévoir l’obligation d’indiquer chaque pays d’origine, par ordre décroissant, et sa part respective de miel, afin d’aider les consommateurs à prendre de meilleures décisions d’achat et d’améliorer la valeur ajoutée des produits européens sur le marché. Les noms des pays doivent également être épelés de manière compréhensible pour tous et être clairement lisibles sur le pot. En outre, cela devrait s’accompagner d’actions promotionnelles pour mettre en valeur la qualité et la diversité des miels européens. »

Parmi les produits les plus suspects, le miel venu de Chine, frelaté à 74 %, selon l’étude de la Commission, tout comme celui de Turquie, à 93 %. Mais le Royaume-Uni figure en tête avec un taux de suspicion de 100 %, « probablement dû au miel produit dans d’autres pays et ensuite mélangé au Royaume-Uni avant sa réexportation vers l’UE », précise l’étude.

Indication d’origine obligatoire

Le texte qui sera adopté par les eurodéputés imposera la mention de tous les pays d’origine sur l’étiquette « dans l’ordre décroissant et avec leurs pourcentages respectifs ». Cette information doit figurer « dans le même espace visuel que l’indication du produit ». Il est également prévu de mentionner obligatoirement s’il s’agit d’un « miel brut » ou d’un « miel non chauffé » lorsque le produit n’a pas subi de traitement thermique.

La loi française, en application, va déjà un peu plus loin que la législation européenne : selon un décret du 4 avril 2022, l’indication des pays d’origine est obligatoire lorsque les miels sont conditionnés sur le territoire national.

En revanche, lorsque le conditionnement s’effectue hors de France, la mention des pays d’origine peut être remplacée par la mention « Mélange de miels originaires de l’UE », « Mélange de miels non originaires de l’UE » ou « Mélange de miels originaires et non originaires de l’UE ».

La « directive miel » porte aussi sur l’étiquetage plus rigoureux des jus de fruits ou des marmelades et confitures.

L’étiquetage est-il la bonne solution ? Les professionnels européens en doutent. « L’analyse des miels doit devenir systématique et obligatoire en Europe, expliquait, dans un entretien à Euractiv, Marie Lecal-Michaud, directrice générale de Famille Michaud Apiculteurs, leader européen de la distribution de miel. Notre laboratoire partenaire en réalise déjà pour de nombreux producteurs, via la technologie RMN (résonance magnétique nucléaire), fonctionnant selon le même principe que l’IRM en médecine. […] Tant que les analyses seront facultatives, nous connaîtrons des fraudes. L’abeille étant un animal qui échappe à tout contrôle, ce n’est pas l’origine d’un miel qui garantit sa qualité, mais bien le contrôle que l’on en fait. »

Le Conseil a, de son côté, arrêté sa position lors du CSA (conseil spécial agriculture) du 14 novembre. La présidence Belge, qui débutera le 1er janvier 2024, refermera le pot de miel de cette législation européenne révisée en début d’année.

 

https://food.ec.europa.eu/safety/eu-agri-food-fraud-network/eu-coordinated-actions/honey-2021-2022_en