Notre équipe de Tibet Watch a publié aujourd’hui un rapport révélant comment de nouveaux développements sinistres dans la surveillance numérique chinoise contraignent les Tibétains à l’autocensure.
« Militarisation du Big Data : décoder la surveillance numérique de la Chine au Tibet » a été réalisé en collaboration avec les chercheurs spécialistes Turquoise Roof. Il dresse un tableau dévastateur de la façon dont le Parti communiste chinois (PCC) a transformé une région de la taille de l’Europe occidentale en l’un des endroits les plus surveillés de la planète.
L’une de ses principales histoires est une application pour téléphone mobile, sous le nom sec de « Centre national anti-fraude ». Cette application gouvernementale prétend peut-être protéger les utilisateurs contre la fraude, mais comme le prouve le rapport, son véritable objectif semble être de surveiller les téléphones portables des Tibétains, de trahir où ils vont, ce qu’ils font et, surtout, à qui ils parlent.
Cela devient plus sinistre. L’une des révélations les plus explosives du rapport concerne la manière dont des Tibétains ont été contraints d’installer cette application sur leur téléphone après avoir été arrêtés à des postes de contrôle de la police. Ce fait n’a été révélé qu’après que l’équipe de terrain de Tibet Watch a interrogé des réfugiés tibétains qui avaient fait le dangereux voyage vers l’exil en Inde l’année dernière.
D’autres nouvelles méthodes de surveillance sont détaillées dans le rapport, notamment une plateforme de big data utilisée par les services de sécurité, et qui semble avoir un lien avec l’Occident : elle est alimentée par une base de données produite par le géant américain des technologies de l’information Oracle.
Tout cela s’ajoute à un programme de surveillance numérique en constante expansion au Tibet occupé, où le PCC suit les activités en ligne et les conversations privées des Tibétains, détruisant ce qui reste de leur droit à la vie privée et à la liberté d’expression.
La surveillance extrême au Tibet occupé a eu un effet dissuasif, incitant les Tibétains à couper tout contact avec leurs familles en exil pour leur propre sécurité.
« Armer le Big Data » a déjà fait l’objet d’un rapport de la BBC, et d’autres reportages devraient suivre. Peu importe les efforts déployés par le PCC pour étouffer le Tibet avec sa surveillance, Tibet Watch trouvera un moyen de faire éclater la vérité.
Les chercheurs de Tibet Watch récupèrent des informations sur le Tibet occupé contre toute attente. Face au black-out de l’information et à une surveillance oppressive, la « militarisation du Big Data » constitue une réussite remarquable dans la recherche tibétaine sur les droits humains.
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