Dans une nouvelle vague d’opposition au régime chinois dans les régions tibétaines, deux jeunes Tibétains se sont immolés par le feu dans le Comté de Ngaba (en chinois, Aba) dans la province du Sichuan, alors qu’un autre adolescent lançait une manifestation en solitaire dans le chef-lieu, appelant à la liberté des Tibétains, selon nos sources.
Gendun Gyatso et Choekyi Gyatso*, tous deux âgés de 16 ans, se sont immolés par le feu le 9 décembre, annonçait vendredi l’ ONG Free Tibet, basée à Londres, dans un communiqué de presse. S’adressant au service tibétain de Radio Free Asia, un moine tibétain vivant en exil en Inde, confirmait les manifestations, citant des contacts dans la région de Ngaba, mais sans pouvoir préciser la date. «Les informations relatives à ces immolations sont exactes», déclarait Choedrup Rinpoché, du monastère de Namdrol Ling, dans le sud de l’Inde. « L’un des [manifestants] était Gendun Gyatso et l’autre Choekyi Gyatso. » Après les immolations, durant lesquelles les manifestants auraient crié des slogans appelant à la liberté du Tibet, les autorités chinoises ont rapidement réagi pour bloquer le flux d’informations en provenance de la région, selon Choedrup Rinpoche. «Ils ont imposé de sévères restrictions aux membres des deux familles et aux jeunes hommes du village », ajoutait Choedrup Rinpoché. « La seule information que nous ayons reçue est par le bouche à oreille, et il est difficile maintenant d’apprendre plus de détails. « Les auto-immolations du 9 décembre font suite aux immolations d’autres jeunes Tibétains, Dopo et Drugkho, ayant entraîné un renforcement de la sécurité à Ngaba, les communications Internet de la région étant bloquées ».
Free-Tibet déclarait que Gendun et Choekyi avaient été conduits dans des hôpitaux séparés à Barkham et Khyungchu, du Comté de Markham, dans le Sichuan, et que l’un des deux était décédé des suites de ses brûlures. Free-Tibet a déclaré que les auto-immolations avaient eu lieu le 9 décembre, tandis que le journal Tibet Times, depuis l’ exil, confirmant également les immolations, annonçait la date du 12 décembre 2018.
Le site d’informations tibétain en exil, Phayul, a pour sa part fait état de « nouvelles informations » selon lesquelles Choekyi Gyatso* était en réalité Drugkho, qui s’était immolé par le feu le 8 décembre et dont la protestation avait déjà été largement relatée.
Moine arrêté, battu
Par ailleurs, Sangye Gyatso, jeune moine tibétain, également âgé de 16 ans, manifestait de façon solitaire à Ngaba le 10 décembre. Il a été arrêté et battu par la police, selon Kanyak Tsering et Lobsang Yeshe, moines tibétains basés en Inde, s’exprimant devant le monastère de Kirti reconstruit en Inde. Sangye Gyatso, avait « crié des slogans appelant à la liberté du Tibet alors qu’il marchait », ont déclaré Tsering et Yeshe, citant des contacts dans la région de Ngaba. « Les agents du bureau de la sécurité publique chinois se sont immédiatement précipités pour le frapper et l’arrêter devant les témoins. Nous ne savons pas où il est détenu actuellement », ont-ils déclaré. S’adressant à RFA, Carole McGranahan – historienne spécialiste du Tibet contemporain à l’Université du Colorado à Boulder – pense qu’il est difficile d’ expliquer « avec certitude» pourquoi choisir de s’ immoler dans une manifestation politique. Cependant, peu importe où se produisent les immolations au Tibet ou en exil, tous proclament les mêmes slogans :« Longue vie au Dalaï Lama et liberté au Tibet »
« C’est un fait général lors de toutes les manifestations tibétaines », ajoute-t-elle. « En ce moment, les habitants de Ngaba et de Kirti conduisent beaucoup de manifestations. » La ville principale de Ngaba et le monastère voisin de Kirti ont été le théâtre de nombreuses immolations et protestations ces dernières années de la part de moines, d’anciens moines et d’autres Tibétains appelant à la liberté pour le Tibet et au retour du chef spirituel tibétain en exil, le Dalaï Lama.
Avant ces immolations qui auraient eu lieu le 9 décembre, ce sont 155 Tibétains qui se sont immolés depuis 2009, date du début de la vague de manifestations violentes à l’encontre de près de 70 ans de domination chinoise execée sur leur Patrie. Parmi ces immolations, 42 se sont produites à Ngaba.
Rapport de Kunsang Tenzin pour le service tibétain de RFA.
Traduit par Dorjee Damdul. Écrit en anglais par Richard Finney.
Traduction française par France Tibet
image : Le moine protestataire tibétain Sangye Gyatso est présenté sur une photo non datée. Photo fournie par Kanyak Tsering et Lobsang Yeshe| ibetan monk beaten up, arrested in Ngaba for protest | ||
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