Nouveau rapport : l’ingérence de la Chine dans la réincarnation du Dalaï Lama constitue une violation du droit international
Un rapport récemment mis à jour, publié aujourd’hui par l’International Tibet Network et le Tibet Justice Center, dénonce les efforts croissants du Parti communiste chinois (PCC) pour contrôler le système de réincarnation au Tibet, notamment la succession du 14e Dalaï-Lama. Intitulé « Protection des droits religieux tibétains : s’attaquer aux politiques de réincarnation de la Chine », ce rapport révèle en détail comment l’ingérence persistante de Pékin porte atteinte au droit du peuple tibétain à la liberté de religion, garanti par le droit international. [1]
S’appuyant sur la publication initiale de 2022 [2], cette mise à jour intègre les développements alarmants entourant l’ingérence de la Chine et comprend une nouvelle section qui analyse rigoureusement les actions de Pékin au regard des normes internationales en matière de droits de l’homme. S’appuyant sur des documents d’État et des notes d’orientation chinois, le rapport révèle l’intensification de la campagne menée par le PCC pour manipuler le processus de réincarnation. Cela comprend les efforts continus pour installer son propre candidat au 15e Dalaï-Lama, faire appliquer les lois nationales régissant les réincarnations et promouvoir agressivement le Panchen-Lama nommé par l’État, Gyaltsen Norbu.
Ce briefing réaffirme la position constante et sans équivoque de Sa Sainteté le XIVe Dalaï-Lama, qui a affirmé à plusieurs reprises que la seule autorité concernant sa réincarnation lui appartenait, à lui et au peuple tibétain, excluant explicitement tout rôle du gouvernement chinois. Le Dalaï-Lama a également clairement indiqué que si l’institution devait perdurer, sa réincarnation naîtrait hors de la République populaire de Chine, et que les Tibétains et la communauté internationale devraient rejeter tout candidat choisi par Pékin à des fins politiques. [3]
Ce rapport souligne la reconnaissance et le soutien croissants, à l’échelle mondiale, du droit des bouddhistes tibétains à choisir leurs chefs religieux, sans ingérence extérieure. Il met en lumière l’affirmation formelle de ce droit par les États-Unis au travers du Tibetan Policy and Support Act. [4] En mai 2025, le Parlement européen a adopté une position similaire en adoptant une résolution forte s’opposant explicitement aux tentatives de la Chine d’interférer dans la succession de Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama, soulignant que la décision doit être laissée à la seule communauté bouddhiste tibétaine. [5]
Le briefing présente des recommandations urgentes, notamment en appelant les gouvernements à :
- Reconnaître publiquement le 14e Dalaï Lama comme seule autorité légitime sur sa future réincarnation.
- Rejeter sans équivoque toute réincarnation désignée par le PCC
- Exigez des informations vérifiables sur le lieu où se trouve et le bien-être du 11e Panchen Lama, Gedhun Choekyi Nyima, qui a été victime d’une disparition forcée en Chine en 1995.
Tenzin Yangzom, du Réseau international du Tibet, a déclaré : « C’est un moment décisif pour la communauté internationale de soutenir les Tibétains. Rester silencieux ou neutre sera interprété par Pékin comme une approbation de l’imposition d’un dalaï-lama contrôlé par l’État au peuple tibétain. Les gouvernements doivent déclarer sans équivoque que seuls les Tibétains ont le droit de déterminer notre avenir spirituel. »
Gloria Montgomery, du Tibet Justice Center, a souligné la gravité de la situation, affirmant : « La tentative de la Chine de prendre le contrôle de l’institution du Dalaï-Lama n’est pas une simple manœuvre politique ; elle constitue une atteinte flagrante aux droits fondamentaux du peuple tibétain. La liberté religieuse est vaine si un gouvernement impose un leadership spirituel. Alors que le 14e Dalaï-Lama vieillit, le temps presse et les gouvernements doivent agir avec détermination pour préserver la survie religieuse et culturelle du Tibet. »
Contacts médias : Tenzin Yangzom, Réseau international du Tibet : +91 8219 720849 ou +1 617 682 6977 (Whatsapp/Signal) Gloria Montgomery, Centre de justice du Tibet +44 (0)754 136 2001 Mandie McKeown, Réseau international du Tibet, +44 (0)774 815 8618 (Whatsapp/Signal)
Notes de l’éditeur :
[1] Rapport https://tibetnetwork.org/protecting-tibetan-religious-rights-addressing-chinas-reincarnation-policies/
[2] Ancien rapport https://tibetnetwork.org/geopoliticsoftibetsreincarnation/
[3] « Dans « Voice for the Voiceless », le Dalaï Lama expose son plan directeur pour le Tibet », Campagne internationale pour le Tibet, mars 2025 : https://weblog.savetibet.org/2025/03/in-voice-for-the-voiceless-the-dalai-lama-outlines-his-master-plan-for-tibet/
[4] Loi sur la politique du Tibet : https://www.congress.gov/bill/116th-congress/house-bill/4331/text?format=txt&r=3&s=1
[5] Résolution du Parlement européen, « Violations de la liberté religieuse au Tibet », 8 mai 2025, sur les violations de la liberté religieuse au Tibet (2025/2692(RSP)), P10_TA(2025)0097 : https://tibet.net/wp-content/uploads/2025/05/TA-10-2025-0097_EN.pdf

