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11/03/24 | 17 h 26 min par Tibet Rights Collective

ONU : La Lettre Ouverte de la Chine au CDHNU sur les Droits de l’homme au Tibet est trompeuse et fausse

La Lettre Ouverte de la Chine au CDHNU sur les Droits de l’homme au Tibet est trompeuse et fausse

Une lettre ouverte  a été envoyée par les organisations de la société civile chinoise au président des Nations Unies pour les droits de l’homme. Ces organisations affirment qu’« il existe une campagne orchestrée diffusant de fausses informations sur la situation des droits de l’homme au Tibet ». La description d’un Tibet prospère et serein passe sous silence les preuves documentées de répression religieuse, d’homogénéisation de l’éducation favorisant le mandarin et d’un système de détentions sans procédure régulière.

Les restrictions aux droits linguistiques et à la liberté religieuse sont des phénomènes bien documentés dans la région, avec de nombreux cas de monastères contrôlés ou fermés et la langue tibétaine étant marginalisée dans l’éducation et la vie publique.

De plus, le récit de l’harmonie ne correspond pas aux témoignages d’anciens prisonniers politiques et d’avocats qui parlent d’un manque de procédure régulière, d’un accès restreint à une représentation juridique et, dans certains cas, de rapports faisant état de torture et de mauvais traitements.

Human Rights Watch a mis en avant le Tibet dans son rapport annuel 2023 sur les droits humains dans le monde. Les autorités chinoises dans les régions tibétaines continuent d’imposer de sévères restrictions aux libertés de religion, d’expression, de mouvement et de réunion, observe le rapport.

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« Les inquiétudes populaires concernant des questions telles que les délocalisations massives, la dégradation de l’environnement ou l’élimination progressive de la langue tibétaine dans l’enseignement primaire ont été réprimées. Les autorités locales sont tenues d’éduquer le public pour qu’il « respecte la loi » et des récompenses en espèces sont offertes aux citoyens prêts à dénoncer les autres », indique le rapport.

Les environnementalistes ont également fait part de leurs inquiétudes, soulignant que les progrès des infrastructures et des opérations minières menacent l’écosystème délicat du plateau tibétain, perturbant éventuellement les communautés locales et les modes de vie traditionnels.

Peut-être plus important encore, les affirmations de la lettre ouverte concernant l’accès illimité des médias étrangers au Tibet doivent être critiquées. Les journalistes et les observateurs internationaux sont souvent soumis à des contrôles stricts lorsqu’ils tentent de se rendre dans la région et d’y rendre compte, ce qui suscite des soupçons quant à la transparence de la situation sur le terrain.

La présence d’internats de style colonial au Tibet occupé soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’assimilation culturelle et à l’érosion de l’identité tibétaine. Ces écoles, souvent gérées par les autorités chinoises, mettent en œuvre des politiques qui donnent la priorité au mandarin et aux normes culturelles chinoises, marginalisant ainsi la langue et les traditions tibétaines. De telles institutions éducatives perpétuent non seulement une forme d’impérialisme culturel, mais contribuent également au programme plus large d’homogénéisation de la société tibétaine sous la domination chinoise.

Le Dr Gyal Lo, un éducateur tibétain qui a quitté la Chine, a personnellement visité plus de 50 écoles de ce type et estime qu’au moins 100 000 enfants tibétains vivent dans ces institutions. « C’est une pure cruauté de séparer les enfants de leurs parents, surtout à un âge extrêmement jeune », a déclaré le Dr Gyal Lo. « Non seulement la Chine déchire les familles, mais elle force ces enfants vulnérables à devenir étrangers à leur propre culture tibétaine, rompant ainsi leurs liens spirituels, linguistiques et culturels avec leur foyer et leur communauté.

La Chine qualifiant le Tibet de « Xizang » perpétue en soi un récit de contrôle et d’effacement de l’identité tibétaine. Le terme « Xizang » est la translittération chinoise du Tibet, imposée par le gouvernement chinois, et représente l’affirmation de sa souveraineté sur la région. Cependant, le Tibet a sa propre histoire, sa culture et son identité, distinctes de celles de la Chine. Utiliser la désignation chinoise du Tibet non seulement ne tient pas compte de l’autodétermination tibétaine, mais renforce également un récit qui délégitimise l’héritage unique du Tibet et ses aspirations à l’autonomie.

Il faut exiger des enquêtes impartiales et sans entrave sur la situation des droits de l’homme au Tibet. Un examen minutieux et un libre accès à l’information sont essentiels pour une véritable compréhension de la situation actuelle à laquelle est confrontée la population tibétaine.

Il souligne la nécessité d’être vigilant contre la désinformation et souligne l’importance de la solidarité internationale dans la sauvegarde des droits humains de tous, y compris ceux du Tibet.

Cet appel souligne l’urgence de remédier aux violations et abus systémiques auxquels le peuple tibétain est confronté sous la domination chinoise. En plaidant pour une enquête impartiale, le Tibet Rights Collective (TRC) cherche à attirer l’attention internationale sur le besoin urgent de responsabilisation et de justice au Tibet occupé. Une telle enquête fournirait une plate-forme pour documenter les violations des droits humains, demander des comptes aux auteurs et, à terme, œuvrer à une résolution pacifique qui respecte les droits et les aspirations de la population tibétaine.

 

Edité et rassemblé par l’équipe TRC