France-Tibet, signataire de la lettre ouverte à Xi Jinping à l’occasion de sa visite à Washington
VERSION FRANÇAISE
L’Association France-Tibet est signataire de cette lettre ouverte adressée à Xi Jinping à l’occasion de sa visite à Washington le 24 septembre 2026. Notre présidente, Marcelle Roux, Ama Rangzen, y figure comme 25e signataire, aux côtés d’organisations et de défenseurs engagés pour le Tibet, le peuple ouïghour, Hong Kong, les droits humains, les libertés fondamentales, la démocratie et la liberté religieuse en Chine.
France-Tibet a souhaité rejoindre cette initiative en raison de l’importance des questions qu’elle soulève, et tout particulièrement de celles qui concernent directement le Tibet : les prisonniers politiques tibétains, le 11e Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima, toujours privé de liberté depuis 1995, la prétendue « Loi sur l’unité et le progrès ethniques », ainsi que les droits et libertés fondamentaux du peuple tibétain, sa langue, sa culture, son identité et sa religion.
Nous partageons également les préoccupations exprimées dans cette lettre concernant la répression transnationale. La défense des droits humains ne s’arrête pas aux frontières de la Chine, pas davantage que notre solidarité avec celles et ceux qui en subissent les violations.
Dans l’interdépendance de nos mondes et de nos peuples, ce qui se passe à Washington concerne aussi l’Europe. La visite de Xi Jinping aux États-Unis et les questions de droits humains soulevées par cette lettre ont une portée internationale. Il nous paraît donc important que cette position commune et les demandes concrètes formulées par les signataires soient également connues et relayées en France et plus largement en Europe.
Les droits humains n’ont pas de frontières, notre solidarité non plus.
Pour France-Tibet, le Tibet est sous occupation coloniale et impérialiste chinoise et n’a jamais fait partie de la Chine. Le peuple tibétain est un peuple à part entière, avec sa terre, son histoire, sa langue, sa culture, sa civilisation, ses traditions spirituelles, sa mémoire collective et son identité propre. Il ne saurait être réduit à une prétendue « minorité ethnique chinoise », ni être condamné à disparaître dans une politique de sinisation imposée par un pouvoir autoritaire.
Un peuple ne cesse pas d’exister parce qu’un État occupant veut le redéfinir, réécrire son histoire, contrôler sa langue, encadrer sa religion ou assimiler ses enfants. L’identité tibétaine ne peut être effacée.
Le Tibet et le peuple tibétain ont le DROIT D’EXISTER, au Tibet d’abord, sur leur propre terre, mais aussi en Amérique, en France, en Suisse, en Inde, au Japon, à Taiwan, au Vietnam, en Russie, en Israël, en Australie, au Congo et partout ailleurs dans le monde où vivent des Tibétaines et des Tibétains.
Vive le Tibet !
Vive le peuple tibétain !
Solidarité entre les peuples confrontés aux politiques impérialistes et colonialistes du Parti communiste chinois !
Non à la sinisation !
En ce Lhakar, “Mercredi Blanc”, Jour de la Résistance Non-Violente Tibétaine,
Pour l’Association France-Tibet
Ugen-Tenzing NOUBPA
Vice-Président
LETTRE OUVERTE AU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS XI JINPING
Objet : Améliorations en matière de droits humains avant la visite du 24 septembre 2026 à Washington, DC
Nous, organisations soussignées engagées dans la protection et la promotion des droits humains, de la démocratie et de la liberté religieuse, vous écrivons à l’occasion de votre prochaine visite à Washington, DC. Nous vous demandons instamment, avant votre arrivée, d’accepter de libérer les prisonniers de conscience, de vous engager à mettre fin à la répression transnationale et à entreprendre des réformes juridiques essentielles, entre autres mesures. De telles mesures contribueraient à atténuer les critiques suscitées par les violations des droits humains commises par votre gouvernement à l’occasion de cette visite.
Depuis votre arrivée au pouvoir à la fin de l’année 2012, nos organisations ont documenté, et certaines ont directement subi, les violations généralisées et systématiques des droits humains commises par votre gouvernement, qui contreviennent aux obligations juridiques nationales et internationales. Les Tibétains, les Ouïghours et d’autres communautés continuent de subir des crimes d’atrocité commis par votre gouvernement et visant à effacer leur culture, leur identité et leur langue, ainsi que des violations de leurs droits à la liberté d’expression et à un procès équitable. Les atteintes portées par votre gouvernement à la culture civique autrefois dynamique et à la liberté des médias à Hong Kong, ainsi qu’aux actions de défense des droits menées à travers la Chine par des responsables et des communautés religieuses, des féministes, des journalistes, des avocats, des experts en santé publique et d’autres militants, sont largement documentées. Les lois récemment imposées, telles que la Loi sur l’unité et le progrès ethniques, sont en contradiction flagrante avec les obligations de votre gouvernement au regard du droit international des droits humains. Nous partageons les préoccupations exprimées par les experts des Nations unies en matière de droits humains, selon lesquelles l’ampleur et l’étendue des détentions arbitraires à travers la Chine pourraient, à elles seules, constituer des crimes contre l’humanité, et nous exprimons notre solidarité avec les victimes et les survivants dans tout le pays.
Nous sommes tout aussi préoccupés par le recours de votre gouvernement à la répression transnationale et aux sanctions collectives afin de réduire arbitrairement au silence toute expression et de restreindre les activités menées hors de Chine. De nombreux signataires de cette lettre ont été harcelés, suivis ou placés sous surveillance aux États-Unis par des autorités du gouvernement chinois ou du Parti communiste chinois, ou par leurs intermédiaires. Des membres de la famille, vivant en Chine, de certains militants établis aux États-Unis ont été pris pour cible par votre gouvernement en représailles aux activités de ces militants. Nous sommes encouragés par les efforts déployés par les États-Unis et d’autres gouvernements pour enquêter sur ces activités manifestement extrajudiciaires et poursuivre leurs auteurs, et nous continuerons à documenter ces violations aussi longtemps que nécessaire.
Afin de répondre à ces graves préoccupations, nous vous demandons instamment de prendre les mesures suivantes avant votre visite :
Libérer immédiatement et sans condition les prisonniers de conscience, les défenseurs des droits humains et les personnes arbitrairement détenues en raison de l’activisme de membres de leur famille, notamment, mais sans s’y limiter, les personnes ayant des liens étroits avec les États-Unis et dont des parlementaires américains ont demandé la libération : Dr Gulshan Abbas, Ekpar Asat, Chow Hang-tung, Rahile Dawut, Ding Jiaxi, Dong Yuyu, le pasteur Gao Quanfu, Gao Zhen, Gao Zhisheng, le 11e Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima, Go Sherab Gyatso, Albert Ho, Jimmy Lai, Lee Cheuk-yan, Min Zin, Ilham Tohti, Lobsang Tsering, Wang Bingzhang, le pasteur Wang Yi, Yang Maodong, ainsi que les dirigeants de l’Église de Sion ;
Annoncer votre intention d’abroger ou de modifier les lois adoptées sous votre direction qui contreviennent aux obligations internationales en matière de droits humains, notamment, mais sans s’y limiter, la Loi sur la sécurité nationale de Hong Kong de 2020 et la Loi sur l’unité et le progrès ethniques de 2026 ;
Confirmer que les personnes se trouvant hors de Chine qui souhaitent se rendre dans le pays afin de retrouver les membres de leur famille et leurs communautés, notamment Sa Sainteté le 14e Dalaï-Lama, récipiendaire en 2007 de la Médaille d’or du Congrès des États-Unis, seront autorisées à le faire, et pourront le faire en toute sécurité ;
Et affirmer publiquement, avant votre arrivée aux États-Unis, que tous les membres de votre délégation, ainsi que ses associés établis aux États-Unis, s’abstiendront de toute répression transnationale et de toute sanction collective en réponse aux actes de protestation et de résistance entourant votre visite.
En l’absence de telles mesures, nous estimons que votre visite ne fera qu’accroître les préoccupations de l’opinion publique mondiale quant aux intentions de votre gouvernement en matière de droits humains.
En tant qu’organisations de défense des droits, nous sommes déterminées à agir au nom des communautés, des principes et des lois qui constituent le fondement de notre travail, ainsi qu’à formuler des recommandations en faveur de progrès dans le domaine des droits humains. Dans cet esprit, nous serions disposés à vous rencontrer directement à l’occasion de cette visite. Nous pouvons être contactés à l’adresse indiquée dans la lettre originale.
SIGNATAIRES :
- Rishat Abbas, Uyghur Academy International
- Rushan Abbas, Campaign for Uyghurs
- Zumretay Arkin, World Uyghur Congress
- Beh Lih Yi, Committee to Protect Journalists
- Aleksandra Bielakowska, Reporters Without Borders
- Simon Billenness, No Business With Genocide
- Annie Boyajian, Iona Advisory
- Mark Clifford, Committee for Freedom in Hong Kong Foundation
- Gila Cotler, Raoul Wallenberg Centre for Human Rights
- Nadia Daar, Amnesty International USA
- Misran Dolan, Uyghur American Association
- Olivia Enos, Hudson Institute
- Fang Zheng, Humanitarian China
- Jamie Fly, Freedom House
- Bob Fu, ChinaAid
- Tencho Gyatso, International Campaign for Tibet
- Laura Harth, Safeguard Defenders
- Abdulhakim Idris, Center for Uyghur Studies
- Omer Kanat, Uyghur Human Rights Project
- Thomas Kellogg, Georgetown Center for Asian Law
- Megan Khoo, Hong Kong Watch
- Sophie Luo, Alliance for Citizens Rights
- Sophie Richardson, Network of Chinese Human Rights Defenders
- Benedict Rogers, Fortify Rights
- Marcelle Roux, France-Tibet Association
- Zubayra Shamseden, Network for Uyghur Rights
- Mervyn Thomas, CSW
- Jenny Wang, Human Rights Foundation
- Tenzin Yangzom, International Tibet Network
- Adrian Zenz, Victims of Communism Memorial Foundation
- Uzra Zeya, Human Rights First
- Zhou Fengsuo, Human Rights in China
France-Tibet, a signatory to the open letter to Xi Jinping on the occasion of his visit to Washington.
English version
The France-Tibet Association is a signatory to this Open Letter addressed to Xi Jinping on the occasion of his visit to Washington on September 24, 2026. Our President, Marcelle Roux, Ama Rangzen, is listed as the 25th signatory, alongside organizations and human rights defenders committed to Tibet, the Uyghur people, Hong Kong, human rights, fundamental freedoms, democracy, and religious freedom in China.
France-Tibet chose to join this initiative because of the importance of the issues it raises, particularly those directly concerning Tibet: Tibetan political prisoners, the 11th Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima, who has been deprived of his freedom since 1995, the “Ethnic Unity and Progress Law,” as well as the fundamental rights and freedoms of the Tibetan people, their language, culture, identity, and religion.
We also share the concerns expressed in this letter regarding transnational repression. The defense of human rights does not stop at China’s borders, nor does our solidarity with those who suffer from their violation.
In the interdependence of our worlds and our peoples, what happens in Washington also concerns Europe. Xi Jinping’s visit to the United States and the human rights issues raised by this letter have international significance. We therefore believe it is important that this common position and the concrete demands expressed by the signatories also be known and shared in France and more broadly across Europe.
Human rights know no borders, and neither does our solidarity.
For France-Tibet, Tibet is under Chinese colonial and imperialist occupation and has never been part of China. The Tibetan people are a people in their own right, with their own land, history, language, culture, civilization, spiritual traditions, collective memory, and distinct identity. They cannot be reduced to a so-called “Chinese ethnic minority,” nor condemned to disappear under a policy of Sinicization imposed by an authoritarian regime.
A people does not cease to exist because an occupying state seeks to redefine them, rewrite their history, control their language, regulate their religion, or assimilate their children. Tibetan identity cannot be erased.
Tibet and the Tibetan people have the RIGHT TO EXIST, first and foremost in Tibet, on their own land, but also in America, France, Switzerland, India, Vietnam, Taiwan, Japan, Russia, Australia, Algeria, Israel, Congo, and everywhere else in the world where Tibetans live.
Long live Tibet!
Long live the Tibetan people!
Solidarity among peoples confronted with the imperialist and colonialist policies of the Chinese Communist Party!
No to Sinicization!
On this Lhakar, “White Wednesday,” Day of Tibetan Nonviolent Resistance,
For the France-Tibet Association
Ugen-Tenzing NOUBPA
Vice-President
NB: For your information, and above all in solidarity, please share and circulate this message as widely as possible!

