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09/10/22 | 9 h 43 min par Carole Assignon

Où est passée la conférence de BANDUNG de 1955 : la Chine évite un débat dérangeant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Pas de débat à l’ONU.

Circulez y’a rien à voire

Pas de débat à l’Onu sur la situation des ouïghours en Chine

Plusieurs pays, dont de nombreux pays africains, se sont opposés devant le Conseil des droits de l’homme de l’Onu à la tenue de ce débat dérangeant pour la Chine.

19 voix contre, 17 pour et 11 abstentions… c’est le résultat du vote au Conseil des droits de l’homme del’Onu ce jeudi 6 octobre. Des Etats membres du plus haut organe des droits de l’homme de l’Onu ont refusé d’organiser un débat sur la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, où Pékin est accusé de crimes contre l’humanité. Pour les Etats-Unis et leurs alliés, notamment européen, il s’agit d’un revers.

L’initiative américaine faisait suite à la publication le 31 août dernier d’un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme sur le Xinjiang qui évoque de possibles « crimes contre l’humanité » et des « preuves crédibles » de tortures ainsi que de violences sexuelles et appelle la communauté internationale à agir.

Outre la Chine, les autres pays ayant voté contre la requête de l’ouverture d’un débat sont : la Bolivie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, Cuba, l’Erythrée, le Gabon, l’Indonésie, le Kazakhstan, la Mauritanie, le Népal, la Namibie, le Pakistan, le Qatar, le Sénégal, le Soudan, les Emirats arabes unis, l’Ouzbékistan et le Venezuela. De leur côté, des pays comme l’Ukraine, l’Inde et le Brésil se sont abstenus.

Mais l’ambassadrice de l’Ukraine, Yevheniia Filipenko, a pris la parole ce vendredi (07.10) au lendemain du vote et lors des explications a demandé que dans le compte-rendu des débats il soit mentionné que Kiev est en faveur de l’adoption de la décision » concernant le Xinjiang. Un revirement qui conformément aux règles et pratiques ne change toutefois pas le résultat du vote qui restera tel qu’il a été annoncé le jeudi 6 octobre.

La position des pays africains

Sur 13 pays africains membres du Conseil des droits de l’homme, les huit qui ont voté contre, n’ont pas changé d’avis, quatre se sont abstenus à savoir le Bénin, la Gambie, le Malawi et la Libye. Seule la Somalie a soutenu Washington.

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« Les pays africains ont semblé prendre plus de distance par rapport aux occidentaux » Pathé Mbodj

En raison de l’influence croissante sur le continent de la Chine, le vote des pays africains était très attendu. Plusieurs ONG, dont HRW et Amnesty International, ont dénoncé le résultat. La secrétaire générale d’Amnesty, Agnès Callamard, a critiqué « le silence » des pays face aux « atrocités commises par le gouvernement chinois ». Il faut dire que ces dernières semaines, la Chine qui est de plus en plus présente économiquement en Afrique a exercé d’importantes pressions sur les pays pour obtenir leur soutien.

C’était la première fois dans l’histoire de la plus haute instance des droits humains de l’ONU, créée en 2006, qu’un texte visait la Chine.
Sur Twitter, Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a écrit que le rejet de la proposition de débat était  » une victoire pour les pays en développement. (…) Les droits de l’homme ne doivent pas être utilisés comme prétexte pour fabriquer des mensonges et s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays ».

Le vote des pays africains ne surprend toutefois pas l’analyste politique sénégalais Pathé Mbodj qui estime que depuis le début de la guerre en Ukraine on assiste à un certain changement au niveau du positionnement des pays africains.