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26/09/20 | 20 h 20 min par Ouest-France / Patrick ANGEVIN

"Pékin étend sa « rééducation » de masse au Tibet" par Patrick Angevin dans Ouest France

 Défilé de l’armée chinoise à Lhassa, la capitale du Tibet. | ZHANGYU, EPA

Depuis début 2020, un demi-million de Tibétains sont passés par des camps militarisés de formation à l’emploi. La Chine y reproduit son modèle

Adrian Zenz a une méthode imparable. Le sinologue épluche tous les documents officiels publiés dans les médias d’État, comme les programmes de formation de la population, ou encore les appels d’offres passés par les autorités locales pour la construction de centres d’instruction. Son rapport, dévoilé mardi par la Fondation américaine Jamestown, fait froid dans le dos.
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Depuis janvier, plus d’un demi-million de personnes, soit environ 15 % de la population de la région, ont ainsi été « formées » dans le cadre du programme de « transfert des travailleurs ruraux excédentaires », selon le gouvernement régional tibétain. Officiellement, il s’agit d’éradiquer la pauvreté au Tibet, pas plus tard que fin 2020 ( !), en formant les agriculteurs et les éleveurs nomades (70 % des Tibétains sont des ruraux) à un « vrai » métier en usine. Lire aussi. La Chine a transformé le Xinjiang en prison pour les Ouïghours musulmans Les rapports officiels expliquent que l’État doit  cesser d’élever des paresseux D’où la nécessité de les faire passer par des centres de formation professionnelle de  style militaire  , qui repose sur une discipline stricte avec exercices physiques et port de l’uniforme. Elle vise à réformer la  pensée arriérée  par l’acquisition de compétences dans le textile, la construction, etc., mais aussi de la  discipline du travail  et de la langue chinoise. Officiellement, le système est basé sur le volontariat, mais des documents attestent que les responsables du Parti communiste doivent respecter des quotas stricts de personnes  formées  dans les zones sous leur responsabilité, sous peine de punition. Des rapports officiels recommandent aussi  de diluer l’influence négative de la religion  . Au moins 50 000 travailleurs formés ont été déplacés au sein de la région pour occuper un emploi et plusieurs milliers en dehors du Tibet, poussés par un programme encourageant la vente de terres à des coopératives gérées par le Gouvernement.  C’est l’attaque la plus forte, la plus claire et la plus ciblée contre les moyens de subsistance traditionnels des Tibétains depuis la Révolution culturelle [1966-1976, sous Mao] , estime Adrian Zenz.
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