Chine : quand Pékin redessine sa carte… et s’approprie des territoires voisins
La dernière version de la carte officielle du territoire chinois, publiée le 28 août, empiète sur les territoires de plusieurs de ses voisins dont la Malaisie, le Vietnam et la Russie. De quoi susciter l’ire de ces pays.
La souveraineté de plusieurs États encore bafouée. Hérités des guerres contre les puissances coloniales et de la prise de pouvoir du Parti communiste chinois (PCC), les différends frontaliers de la République populaire de Chine avec ses voisins sont nombreux. Or, Pékin ne semble pas être décidé à vouloir apaiser les tensions. Et pour cause : le ministère chinois des Ressources naturelles a mis en ligne, le 28 août, l’édition 2023 de la carte officielle du pays. Un tracé arbitraire qui semble faire fi du droit international puisqu’il empiète sur le périmètre de certains de ses voisins asiatiques – l’Inde, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam et Taïwan – et même de son allié russe.
Concrètement, ces nouvelles délimitations montrent que la Chine rogne sur les zones maritimes philippine, malaisienne et vietnamienne en Mer de Chine méridionale, sur l’État d’Arunachal Pradesh au nord-est de l’Inde – que la Chine considère comme faisant partie du Tibet – mais aussi sur l’île de Bolchoï Oussouriisk. Sur cette nouvelle carte, Pékin s’approprie également le glacier de l’Aksai Chin, frontalier de l’Inde et qui est à l’origine de tensions entre les deux pays depuis des dizaines d’années. Sans grande surprise toutefois, Taïwan, que Pékin envisage de reconquérir, est également placé sur l’espace appartenant à la Chine. Cette illustration symbolique de la politique expansionniste du pays dirigé par Xi Jinping a de quoi hérisser le poil de certains voisins.
Violations du droit international
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Les réactions ont rapidement fusé. À commencer par l’Inde qui a adressé, mardi, une « vive protestation » de cette carte par voie diplomatique à la Chine. « Nous rejetons ces affirmations car elles n’ont aucun fondement. De telles mesures prises par la partie chinoise ne font que compliquer le règlement de la question frontalière », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Arindam Bagchi. L’Inde est préoccupée par l’expansion militaire de son voisin et leur frontière commune, longue de 3 500 kilomètres, est une source constante de tensions.
Pour New Delhi, l’Etat d’Arunachal Pradesh et le glacier de l’Aksai Chin appartiennent à l’Inde. Occupé par Pékin mais revendiquée par New Delhi, le second a d’ailleurs fait l’objet d’affrontements armés entre les deux pays en 2020. Comme le souligne 


