Note du bureau de France-Tibet : La politique de sinisation du Tibet en contradiction de la Constitution chinoise et de la Conférence de Bandung de 1955.
Le géant chinois du commerce électronique utilisera « Xizang » au lieu de « Tibet » sur sa plate-forme
DHARAMSHALA, 17 octobre : En suivant la ligne officielle du parti, un géant chinois du commerce électronique a demandé à ses marchands de plate-forme de remplacer « Tibet » par « Xizang », s’alignant sur la décision de Pékin de siniser le nom Tibet. La directive relative à la révision des traductions des noms et des descriptions des produits a été communiquée mercredi par le biais d’un avis publié par la plate-forme de commerce électronique Weidian.
Weidian, souvent comparé à Shopify en Chine, facilite la création de boutiques en ligne pour les petits et moyens entrepreneurs. Weidian compte plus de 90 millions de points de vente en ligne et un volume d’échanges de 100 milliards de yuans (13,7 milliards de dollars), selon son site officiel.
Les commerçants utilisant la plate-forme ont été avertis que les produits portant le terme « Tibet » pourraient faire l’objet d’un retrait, bien qu’aucune date limite spécifique pour la transition n’ait été mentionnée. L’action entreprise par la plate-forme de commerce électronique correspond à des appels antérieurs lancés par des universitaires et des administrations d’État chinois pour mettre fin au terme « Tibet », afin de renforcer la position de Pékin dans les discussions mondiales sur la région.
Cette décision fait suite à la lecture par le ministère chinois des Affaires étrangères d’un discours prononcé par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors d’un forum régional au Tibet le 5 octobre. La traduction officielle pour le Tibet utilisée dans le récit était « Xizang ».
Dans le même temps, le Département du travail du Front uni, une organisation chargée de dialoguer avec des individus et des groupes non partisans, tant en Chine qu’à l’étranger, a communiqué en août via son compte WeChat que la question avait une signification politique, au-delà de son aspect linguistique. Ils ont fait valoir que le terme « Tibet » pourrait induire la communauté internationale en erreur, car il pourrait être confondu avec le concept de « Grand Tibet ».
Selon Pékin, l’expression « Grand Tibet » a été suggérée par le Dalaï Lama dans les années 1980 et englobe non seulement la zone géographique de la région autonome du Tibet, mais aussi des parties des provinces du Sichuan, du Qinghai, du Gansu et du Yunnan.
Après l’annexion du Tibet par la Chine communiste en 1959, le Dalaï Lama s’est réfugié en Inde et continue de servir en tant que chef spirituel du Tibet en exil. Pékin l’a accusé d’avoir fomenté des troubles au Tibet depuis la fin des années 1980 et, en 2008, a qualifié le lauréat du prix Nobel de la paix de « séparatiste » cherchant à obtenir l’indépendance du Tibet – une affirmation que le Dalaï Lama a toujours niée.
Le Dalaï Lama a proposé une résolution pacifique du conflit entre le Tibet et la Chine par le biais d’une approche médiane, une position approuvée par le gouvernement central tibétain en exil. Cependant, il n’y a pas de communication officielle entre les deux gouvernements à l’heure actuelle.
Invalidité de l’accord en 17 points selon Michael van Walt van Praag et Claude Arpi
Dans son ouvrage The status of Tibet, le professeur de droit international et conseiller du dalaï-lama Michael van Walt van Praag écrit que l’accord n’est pas valable légalement, car le traité général de renonciation à la guerre spécifie qu’aucun différend ne peut être résolu « autrement que par des moyens pacifiques », or les autorités chinoises ont eu recours à la guerre en l’occurrence42. De même, selon Claude Arpi, le droit international précise qu’un accord n’est valable que si les deux parties contractantes l’ont signé librement et par consentement mutuel, ce qui, d’après lui, n’est pas le cas ici42.
Pour Tsewang Choegyal Tethong, ministre tibétain des Affaires étrangères de l’administration centrale tibétaine, l’invasion chinoise était une agression en violation du droit international. Le traité que le Tibet fut contraint de signer avec la Chine après que ses armées ont vaincu la petite armée tibétaine est, selon lui, invalide ab initio car obtenu par la force et sous la menace d’une plus grande force. Aussi, l’agression et le traité répudié par le chef de l’État tibétain quand il put le faire librement lors de la fuite en 1959, laissèrent le statut indépendant du Tibet légalement inchangé. Pour le ministre tibétain des Affaires étrangères en exil, le Tibet est devenu et est encore de nos jours un État sous occupation illégale94.
International Tibet Youth Forum du 18 au 20 july 2023
Narrative of Tibet’s Legal Status for Advocacy Dr. Michael Van Walt Van Praag

