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24/12/24 | 11 h 37 min par AFP

PEKIN / SHEIN / CASTANER : Recyclage politique d’un goût douteux*… : des collabos d’un nouveau genre ?

 

Christophe Castaner recruté par le Chinois Shein : le secteur du prêt-à-porter français « profondément indigné »

Le prêt-à-porter français dénonce « une tentative manifeste de greenwashing » et des « partenariats honteux » entre des personnalités politiques et le géant chinois.

La fédération française du prêt-à-porter féminin n’y voit pas une coïncidence : elle s’est insurgé lundi 23 décembre contre le recrutement d’ex-ministres -dont Christophe Castaner- par le géant asiatique de la fast fashion Shein, qui intervient « à la veille d’un examen par le Sénat de la loi anti ultra fast fashion ».

Faisant part de sa « profonde indignation », elle « appelle à une mobilisation massive des acteurs du secteur, des citoyens et des parlementaires français et européens pour contrer cette tentative de sabotage de la loi anti ultra fast fashion et pour promouvoir des marques qui fabriquent dans des conditions sociales et environnementales vertueuses », dans un communiqué.

« À la veille de l’examen par le Sénat de la loi anti ultra fast fashion, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 13 mars 2024, la Fédération française du prêt-à-porter féminin déplore avec force le soutien explicite ou implicite apporté à Shein par d’anciens responsables politiques « , indique-t-elle.

« Cet alignement témoigne d’une tentative manifeste de greenwashing de la part de cette entreprise, qui inonde le marché de vêtements de mauvaise qualité, et de lobbying visant à freiner les efforts législatifs en cours « , accuse-t-elle.

« Honteux »

Le géant asiatique Shein, spécialisé dans la vente en ligne de vêtements à très bas prix, a annoncé le 6 décembre la mise en place de comités stratégiques destinés à l’accompagner dans sa démarche de responsabilité sociétale (RSE).

Les trois premiers membres recrutés pour former ce premier comité régional, destiné à conseiller le groupe dans la zone Europe, Afrique, Moyen-Orient (EMEA) sont trois Français : l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner , l’ex-secrétaire d’État aux droits des victimes Nicole Guedj et l’ancien patron de la fédération française de l’assurance Bernard Spitz .

« L’engagement de ces figures publiques auprès d’une entreprise dont les impacts environnementaux et sociaux sont unanimement dénoncés constitue un signal alarmant à l’heure où des mesures concrètes sont attendues pour contrer les dérives de l’ultra fast fashion », estime la fédération française du prêt-à-porter féminin.

Yann Rivoallan, le président de cette fédération cité dans le communiqué, estime que « nous ne pouvons pas laisser les intérêts d’entreprises comme Shein piétiner les efforts de toute une industrie pour adopter des pratiques responsables ».

« Ces partenariats honteux entre des politiques et un géant destructeur ne doivent pas influencer notre avenir commun », ajoute-t-il.

 

Rappel article du monde du 27/10/2023 : Le mystérieux « voyage privé » de Christophe Castaner en Chine

L’ancien ministre de l’intérieur, proche d’Emmanuel Macron, a conduit une délégation de parlementaires et d’entrepreneurs français à Pékin, Canton et Shenzhen

L’ancien ministre de l’intérieur Christophe Castaner (à gauche, au centre), à la table de Li Hongzhong (à droite, au centre), membre du Bureau politique du Parti communiste chinois, à Pékin, le 16 octobre 2023.

L’Art de la guerre de Sun Tzu : « Attirer l’adversaire par la promesse d’un avantage »

Mais qu’est donc allé faire Christophe Castaner en Chine durant la semaine du 15 au 22 octobre ? Selon Arnaud Bertrand, un homme d’affaires français ayant vécu jusqu’à récemment à Shanghaï et très présent sur X (ex-Twitter), où il défend la plupart du temps le régime chinois, l’ancien ministre de l’intérieur, proche d’Emmanuel Macron, dirigeait « la délégation française au sommet de la BRI [Belt and Road Initiative] », le forum « La ceinture et la route » organisé par Pékin les 17 et 18 octobre.

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Problème : pour l’ambassade de France à Pékin, il n’y avait qu’une délégation représentant la France à cet événement célébrant les dix ans du programme d’investissement chinois des « nouvelles routes de la soie », en présence du président russe Vladimir Poutine. Celle présidée par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dûment mandaté par le président de la République, et Christophe Castaner n’en faisait pas partie.

L’ancien chef de file des députés de La République en marche, devenu le parti Renaissance, dont il est désormais membre, n’était pas non plus officiellement en Chine pour représenter le grand port maritime de Marseille (GPMM), dont il préside le conseil de surveillance depuis novembre 2022Dans un article du 13 octobre annonçant le déplacement à venir, La Lettre évoquait pourtant une visite pour « mettre en musique la promesse d’Emmanuel Macron de faire de Marseille la tête de pont des “nouvelles routes de la soie” ». « C’est faux, dément l’intéressé. Je ne suis pas allé en Chine pour représenter le port de Marseille, même si j’ai eu l’occasion d’en parler à