17/12/18 | 21 h 07 min
par Edward Rupert
PEKIN / WASHINGTON : Blâme chinois à l'encontre des législateurs américains suite à l' exigence de réciprocité pour l' accès au Tibet
Ce vendredi 15 décembre 2018, Pékin vient de blâmer le Congrès américain au sujet d’une récente législation visant à améliorer l’accès au Tibet, affirmant que les législateurs américains s’étaient « ingérés de manière flagrante » dans les affaires intérieures de la Chine.
Le projet de loi, adopté cette semaine avec le soutien des deux partis, demande l’accès au Tibet pour les diplomates américains, les journalistes et les touristes américains et menace d’interdire l’ accès aux États-Unis pour les responsables chinois si les obstacles ne sont pas levés.
Les visiteurs étrangers sont généralement tenus d’obtenir un permis spécial, la région étant totalement fermée aux étrangers à certaines périodes de l’année. Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, déclare lors lors d’un point de presse régulier : » Le projet de loi pertinent (…) a ignoré les faits, s’est ingéré de manière flagrante dans les Affaires intérieures de la Chine et a violé les normes fondamentales des Relations internationales » . « La Chine s’ oppose fermement à cela et a déjà fait des déclarations solennelles en ce sens aux États-Unis ».
» Environ 40 000 Américains ont visité le Tibet depuis 2015, y compris des politiciens, a-t-il ajouté. « Nous demandons instamment à l’Administration américaine de prendre immédiatement des mesures efficaces pour empêcher la signature de ce projet de loi, de manière à ne pas nuire aux relations sino-américaines et à la coopération entre les deux pays dans des domaines importants », poursuivait Lu. La législation a maintenant besoin de la signature du Président américain Donald Trump.
Le sénateur Robert Menendez, un grand démocrate du Comité des Relations extérieures du Sénat, stipule que le projet de loi portait sur « l’équité fondamentale ». « Les citoyens chinois bénéficient d’un large accès aux États-Unis, et je pense que c’est formidable», a-t-il déclaré. « Mais il est inacceptable que cela ne soit pas le cas pour les étudiants, journalistes et diplomates américains qui se rendent au Tibet, y compris nos électeurs américano-tibétains qui essaient juste de visiter leur pays d’origine. »
Dans le même temps, le quotidien officiel Tibet Daily déclarait dans un long commentaire publié en ligne jeudi dernier que le Dalaï Lama n’avait jamais renoncé à la promotion de l’indépendance du Tibet, renonçant à son intention de rechercher une « voie médiane » d’autonomie véritable.
Mars 2019 marquera le 60 ème anniversaire de la fuite du Dalaï Lama du Tibet pour l’exil.
« Qu’il s’agisse de la » voie médiane « ou d’un « degré élevé d’autonomie « , l’objectif est d’essayer de nier la direction du Parti [Communiste], de nier le système socialiste et de nier le système de région ethnique autonome », explique l’article. Le Dalaï Lama a tenté d’utiliser des forces hostiles dans les médias occidentaux pour diffuser ses « rumeurs et calomnies » contre la Chine afin de promouvoir l’indépendance du Tibet, ignorant les libertés et le respect accordés au Peuple tibétain, ajoute le communiqué.
Pékin a envoyé des troupes au Tibet en 1950 dans le cadre de ce qu’il appelle officiellement une libération pacifique et y règne avec une poigne de fer, depuis cette date. Le Dalaï Lama, la plus haute figure du bouddhisme tibétain, s’est enfui en Inde en 1959 après un soulèvement manqué contre la domination chinoise.
La Chine le dénonce régulièrement comme un séparatiste dangereux, bien que le Dalaï-Lama ait déclaré qu’il ne souhaitait qu’une véritable autonomie pour son pays éloigné et montagneux.
[Dr Lobsang Sangay], le chef du gouvernement tibétain en exil, basé dans le nord de l’Inde, a dénoncé les critiques adressées au Dalaï Lama, affirmant qu’il était la solution au problème tibétain, car la grande majorité des Tibétains l’acceptaient comme chef. « L’intimidation et la peur ne sont pas les moyens de gouverner les Tibétains », reconnaissait Lobsang Sangay à Dharamsala.
Le dalaï-lama a donné vendredi 14 décembre 2018, à Mumbai une Conférence sur les Connaissances anciennes de l’Inde, mais n’a pas fait directement mention des relations actuelles avec Pékin.
« La violence est toujours source de souffrance », commentait-il en direct sur sa page Facebook. « La nature humaine fondamentale est plus compatissante. »
Photographies Lobsang Tesing : L’ audience lors de la Conférence lors de la Techfest organisée à l’ Institut de Technologie de Bombay
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