In memoriam :
Mort du réalisateur Pema Tseden (Tibet)
Nous aimions ses films magnifiques et talentueux, pleins de poésie, il est mort à 53 ans d’une « crise cardiaque ». La SFEMT, Société Française d’Etudes du Monde Tibétain, lui rend hommage, sous la plume de Françoise Robin, qui elle aussi, doit être extrêmement affectée. Elle le connaissait très bien, sous-titrait ses films, traduisait ses nouvelles et le faisait venir aussi souvent que possible en France, à l’Inalco. Il était écrivain et réalisateur, sa mort est une très grande perte pour tous.
Réalisateur tibétain, Pema Tseden a également été instituteur, traducteur, scénariste, producteur et écrivain. Persécuté par les autorité chinoises, il est parvenu à faire connaître une partie de son œuvre en Occident.
Filmographie
Réalisateur (longs métrages) :
- 2005 : Le Silence des pierres sacrées (Lhing vjags kyi ma ni rdo vbum)
- 2009 : À la recherche de Drimé Kunden (Xunzhao zhimei gengdeng)
- 2011 : Old Dog (Khyi rgan)
- 2014 : Wu cai shen jian
- 2015 : Tharlo, le berger tibétain (Tharlo)
- 2018 : Jinpa, un conte tibétain (Zhuang si le yi zhi yang)
- 2019 : Balloon (Qi qiu)
- 2022 : Snow Leopard (Xue bao)
« Le , Pema Tseden est arrêté à l’aéroport de Xining (Qinghai) en raison « d’un incident mineur avec la police locale sur une affaire de bagages ». Deux jours après son arrestation, il est hospitalisé le , souffrant de nombreuses blessures aux mains et aux poignets, hypertension, douleurs dans la poitrine et au cœur, ainsi qu’une insensibilité dans plusieurs doigts.
Le , la guilde des réalisateurs de cinéma de Chine publie une lettre ouverte exprimant son inquiétude au sujet de l’arrestation de Pema et la dégradation de son état de santé durant sa détention. La guilde appelle les autorités à dévoiler les détails de son arrestation et à déterminer si le recours à la force durant son arrestation n’a pas été excessif.
La nouvelle de l’arrestation de Pema Tseden a été l’objet d’un large écho sur les réseaux sociaux chinois, dans les médias internationaux, parmi les groupements de défenses des droits humains et la communauté tibétaine en exil, ainsi que dans les milieux académiques, artistiques et cinématographiques.
Pour Françoise Robain, professeur d’études tibétaines à l’Inalco, les mauvais traitements présumés à l’encontre de Pema Tseden reflètent la façon dont les Tibétains sont traités par les autorités chinoises et démontrent que la Chine n’est pas un état de droit.
Des médias chinois et des milieux proches des exilés tibétains affirment que Pema Tseden a été soumis durant sa détention à la méthode d’interrogation de la chaise du Tigre, un dispositif de torture. Son arrestation arbitraire et l’usage excessif de la force seraient symptomatiques de l’oppression et la discrimination quotidienne subie par les Tibétains sous le joug chinois. Sa détention a mis en lumière le profilage ethnique et les difficultés énormes auxquelles font face les Tibétains et autres minorités ethniques lors de l’exercice de leur liberté de mouvement et de voyager.
Hao Jian, professeur à l’Université de cinéma de Pékin, et qui décrit Pema Tseden comme une personnalité très courtoise n’élevant jamais la voix, pense également que la réaction excessive de la police est due au fait que Pema Tseden est Tibétain (./.) »

