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02/11/23 | 15 h 57 min par Zac Ntim

Pema Tseden remporte le premier prix du Festival du film de Tokyo avec « Snow Leopard »

Lauréats du Festival du film de Tokyo : « Snow Leopard » du regretté cinéaste tibétain Pema Tseden remporte le premier prix

Le drame familial Snow Leopard, réalisé par le regretté cinéaste tibétain Pema Tseden, a remporté le Grand Prix de Tokyo, le premier prix du Festival international du film de Tokyo de cette année. Faites défiler vers le bas pour la liste complète des gagnants.

Le film, qui est également nominé pour trois Asia Pacific Screen Awards, suit une famille rurale qui se demande si elle doit tuer un léopard des neiges qui s’est introduit dans leur maison et a tué neuf moutons. Dans un village de montagne où vivent des léopards blancs, le film explore la symbiose entre les humains et les animaux à travers l’interaction fantastique d’un jeune moine tibétain et d’un léopard.

Snow Leopard est l’un des deux films sur lesquels Tseden, qui avait la nationalité chinoise, travaillait lorsqu’il est décédé en mai, à l’âge de 53 ans. Sa mort a été rapportée par les médias chinois. Aucune cause de décès n’a été donnée, mais des informations non vérifiées des médias chinois ont déclaré qu’il avait eu une crise cardiaque.

Largement considéré comme le principal cinéaste chinois travaillant en langue tibétaine, Tseden a notamment travaillé sur Jinpa, produit par Wong Kar Wai, qui a remporté le prix du meilleur scénario lors de sa première dans la section Horizons de Venise en 2018.

Le prix du Grand Prix de Tokyo est assorti d’un prix en espèces de 3 millions de yens. Par ailleurs, Tatami de Zar Amir et Guy Nattiv a remporté le Prix spécial du jury, assorti d’une bourse de 500 000 yens. Le film a également remporté le prix de la meilleure actrice pour Zar Amir. Le film, qui a fait ses débuts à Venise, suit une athlète de judo et son entraîneur qui sont contraints par les autorités iraniennes de se retirer d’un match contre un athlète israélien.

Le prix de la mise en scène est allé au cinéaste japonais Kishi Yoshiyuki pour (Ab)normal Desire, l’un des trois films japonais en compétition à Tokyo cette année. L’acteur iranien a remporté le prix du meilleur acteur pour son rôle dans Roxana.

En dix jours et en grande partie dans le quartier culturel luxueux de Hibiya-Ginza, le Festival du film de Tokyo a projeté 219 films et enregistré 74 841 entrées. Le nombre d’entrées est en hausse par rapport aux 59 541 de l’année dernière, où 174 films avaient été projetés. 38 des 219 films, soit 22,4 %, ont été réalisés par des femmes lors du festival de cette année.

Le jury du concours était présidé par Wim Wenders et comprenait Albert Serra, Kunizane Mizue, Tran Thi Bich Ngoc et Zhao Tao.

Tokyo clôt ce soir avec la première mondiale de Godzilla Minus One de Toho, réalisé par le cinéaste japonais Takashi Yamazaki.

 

L’éternel face à face entre éleveurs et animaux sauvages

2016, au Tibet. Après avoir heurté un âne sauvage dans la plaine, des hommes dans un 4X4 récupèrent au bord de la route un moine photographe. Équipe d’une chaîne de télévision locale, ils sont là en fait pour filmer un léopard, fait prisonnier dans un enclos de pierre, alors qu’il tentait de dévorer des brebis. La loi protégeant l’animal en question, les bergers se désespèrent de ne pouvoir l’abattre..

Snow Leopard film movie

Après le documentaire « La Panthère des neiges« , voici qu’un film de fiction nous emmène au pays de cet animal protégé, et théoriquement si difficile à voir. S’intéressant d’un côté à la colère des bergers, dont le troupeau paye encore les frais de la présence du léopard, le film tente d’amener un peu de spiritualité dans le débat, en embarquant le moine photographe dans une expérience de connexion avec l’animal alors que celui-ci le regarde fixement. Si les agacements d’un des éleveurs finissent par devenir répétitifs (entre menaces de tuer l’animal et demandes de réparation), le passage du regard humain aux souvenirs de l’animal, via une pupille dans laquelle se reflète l’homme fait plutôt bon effet.Cela permet ainsi à Pema Tseden (également réalisateur de « Jinpa, un conte tibétain« , « Tharlo, le berger tibétain« ) de développer en parallèle la manière dont le léopard des neiges chasse, puis s’est retrouvé enfermé dans l’enclos, devant laisser son petit à distance et subissant quelques violences au passage. Ces passages en noir et blanc sont sans doute les plus beaux du film et bénéficient de créatures en images de synthèses plutôt réussies, malgré quelques petits défauts dans la fluidité de mouvement. Développant également une histoire de compréhension réciproque en Homme et bête, grâce à ces moments, le film défend globalement l’utilité de l’animal comme con caractère sauvage (appréhendés grâce à des vidéos montrées, des images de caméras de détection…), comme son nécessaire respect, face à des éleveurs à bout qui remettraient facilement en cause leur protection.Olivier Bachelard

 

Snow Leopard'Léopard des neiges'