En ce 1er avril 2024, entre Varsovie et Terespol, 26 km de semi-remorques attendaient sur le bas-côté de la route E30, en direction de la frontière Biélorusse Terespol-Brest, afin de passer le terminal douanier de Koroczszyn. 98% des camions sont immatriculés en PL et LT, le reste sont LV, D, RO, CZ, KZ.
L’Union Européenne, les États Unis, le Canada, le Royaume Uni ont mis en place, à la suite de « l’opération spéciale » de Poutine sur l’Ukraine du 24 février 2022, plusieurs régimes de sanctions à l’encontre de la Russie et de ses alliés, comme la Biélorussie et l’Iran.
Le 26 février 2024, le Conseil de l’UE prorogeait ses sanctions d’une année supplémentaire, jusqu’en 2025, les mesures restrictives étant liées à la répression interne et au caractère non-démocratique en Biélorussie ainsi qu’au soutien de ce régime à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.
Quelles sont donc ces marchandises transportées qui ne font que soutenir et pérenniser une ou des dictatures et pourquoi ne font-elles pas l’objet de sanctions ?
Quelles sont donc les destinations de ces cargaisons une fois arrivées en Biélorussie, Russie ou Iran ?
La clause de non-réexportation est-elle vraiment respectée ?
Les restrictions aux exportations de biens et technologies à double usages sont-elles respectées ?
De même, et bien sûr les restrictions d’importations de produits pétroliers transformés sont-elles respectées ?
N’y aurait il pas là une habile technique de contournement de toutes ces sanctions ?
Il peut se poser aussi la question de l’origines de toutes les devises nécessaires à l’achat et à l’importation de toutes ces marchandises par la Biélorussie ?
L’histoire est un éternel recommencement, dit-on. Dans les années 30, le big business des sociétés Ford, Standard oil, DuPont de Nemours, GM Opel, ITT… qui roulaient pour Hitler ne faisaient pas mieux que les semi-remorques qui roulent pour le dictateur biélorusse en 2024.
Les faiblesses, naïvetés et divisions de l’Europe actuelles, jouent-elles une réédition de l’histoire de l’Europe des années 30 et de la conférence de Munich ?
L’Histoire recommence.
Les revendications territoriales russes en Géorgie en 2008, en Crimée en 2014 ressemblent fort aux revendications territoriales de l’Allemagne nazie sur les Sudètes en 1938 et à l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1939.
L’Europe joue depuis trop longtemps la politique du laisser faire de 1936, celle de la réoccupation par l’Allemagne nazie de la Rhur, rive droite du Rhin, zone démilitarisée.
De même l’aide apportée par Poutine à Bachar El Assad en Syrie en 2016 rappelle l’aide apportée par Hitler et Mussolini à Franco en 1936. Guernica en 1937 ou Alep en 2016 : c’est du pareil au même… avec autant de « lignes rouges » maintes fois dépassées et maintenant peu crédibles.
Le maître du Kremlin peut poursuivre son « opération spéciale » de serial killer en Ukraine et à d’autres niveaux dans les démocraties avec son « ami indéfectible » de Pékin, tant en mer de Chine, qu’en direction de Taïwan et d’ailleurs… et de ses deux comparses Kim Jong un et Raïssi, de la bande des quatre.
Qui osera réagir? Personne ne bougera comme pendant la « Drôle de guerre » après l’invasion du 1er septembre 1939 de la Pologne et des pays Baltes suite au pacte germano-soviétique du 23 août 1939, statut quo.
Alors que la France et la Grande Bretagne mobilisaient leurs troupes et déclaraient la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939, Maurice Thorez Secrétaire général du Parti communiste français désertait courageusement le 3 octobre 1939, se réfugiant à Moscou pendant toute la guerre.

L’amnésie de Poutine sur la signature du pacte germano- soviétique le 23 août 1939. Silence total au musée Staline de Gori en Géorgie, sur la période du 23 août 1939 et l’opération Barbarossa du 22 juin 1941. Caricature britannique « combien de temps va durer leur lune de miel ? »
Le Bureau de France-Tibet
Article du Sud Ouest du 27 mai 2024 : « Plusieurs dizaines de millions d’euros » : une entreprise française contournait l’embargo contre la Russie »
Une société basée en Seine-Saint-Denis servait de plaque tournante pour le contournement des sanctions contre la Russie. Les douanes françaises ont mis « fin aux agissements » d’une entreprise francilienne qui servait de plaque tournante pour le contournement des sanctions contre la Russie, a annoncé lundi le ministère de l’Économie et des Finances.
Que dit l’enquête des Douanes ?
Au terme de dix mois d’enquête, la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a mené un coup de filet jeudi et vendredi dernier, a expliqué Bercy dans un communiqué, vantant « une opération de grande envergure visant une entreprise basée en Seine-Saint-Denis, spécialisée dans les exportations illégales de marchandises vers la Russie ».
Sur l’année 2023, des « centaines » de fausses déclarations douanières de cette entreprise ont permis de « couvrir l’acheminement vers la Russie » de marchandises estimées dans le communiqué à « plusieurs dizaines de millions d’euros ». « Cette opération […] souligne la mobilisation de l’Etat et des services de Bercy pour assurer l’effectivité des sanctions contre la Russie », une lutte « essentielle au soutien à l’Ukraine », s’est félicité le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, cité par Bercy.
Comment le système frauduleux a-t-il été déjoué ?
Grâce aux services de cette entreprise, dont l’agrément en douane a « immédiatement été suspendu », des « dizaines d’exportateurs européens peu scrupuleux » ont pu continuer à commercer avec la Russie, qui fait l’objet de mesures européennes d’embargo : la société offrait, selon le ministère, une « offre clés en main de contournement des sanctions » sur le darkweb.
Les douanes françaises ont bénéficié dans ce dossier des signalements de plusieurs « partenaires européens », selon la même source. Bercy résume ainsi le mode opératoire de la société : des marchandises étaient dédouanées en France « alors même que physiquement, elles n’étaient jamais ou rarement sur le territoire national et quittaient l’Union européenne par divers Etats membres ». L’entreprise désormais sanctionnée, elle, « masquait la destination finale en produisant de faux documents ».







