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27/03/26 | 2 h 27 min par Central Tibetan Administration

PRAGUE : le Sénat tchèque a adopté le 25 mars 2026 une résolution historique défendant la liberté religieuse du peuple tibétain et son droit exclusif de choisir son futur chef spirituel

Avec les sénateurs qui ont soutenu la résolution

 

Résolution historique du Sénat tchèque réaffirmant l’autorité de Sa Sainteté le dalaï-lama et rejetant le rôle de la Chine dans la réincarnation

Prague : Dans un élan historique de solidarité internationale, le Sénat tchèque a adopté le 25 mars 2026 une résolution historique défendant la liberté religieuse du peuple tibétain et son droit exclusif de choisir son futur chef spirituel. La motion a été adoptée à une écrasante majorité de 40 voix pour et aucune contre, marquant ainsi un rejet unanime des récentes tentatives législatives de la République populaire de Chine (RPC) visant à contrôler l’identité spirituelle tibétaine. La résolution recommande expressément au gouvernement tchèque, et notamment au ministère des Affaires étrangères, de soutenir le libre choix du 15e dalaï-lama par le peuple tibétain.

Cette résolution fait suite à des années de plaidoyer soutenu de la part des dirigeants tibétains, dont les échanges avec les responsables et les parlementaires tchèques ont contribué à sensibiliser l’opinion publique aux droits religieux et culturels du Tibet. Avec le soutien d’un plus large éventail de sympathisants tchèques, ces efforts ont permis de dégager un consensus au Sénat en faveur de l’autonomie spirituelle du Tibet.

Proposée par la vice-présidente du Sénat, Jitka Seitlova, et appuyée par les sénateurs Přemysl Rabas, Břetislav Rychlík et Jiří Růžička, la résolution souligne les relations de longue date qui unissent la République tchèque au Tibet. Elle rappelle la visite d’une délégation parlementaire à Dharamsala en décembre 2025, sa rencontre avec Sa Sainteté le dalaï-lama, ainsi que l’entretien privé entre le président Petr Pavel et le 14e dalaï-lama en juillet 2025.

Lors du débat, le vice-président du Sénat, Jiří Oberfalzer, qui présidait la séance, a accueilli Thinlay Chukki, représentante de Sa Sainteté le dalaï-lama et de l’Administration centrale tibétaine, soulignant que sa présence témoignait de la solidarité du Sénat avec les Tibétains victimes de répression en Chine. La représentante était accompagnée de Phuntsok Topgyal, chargé du plaidoyer, qui a également assisté à l’intégralité de la séance.

La vice-présidente du Sénat, Jitka Seitlova, a souligné la portée plus large de la résolution en matière de droits humains, déclarant : « Il ne s’agit pas simplement d’une question régionale. Restreindre la liberté, bafouer l’identité et porter atteinte aux droits humains, où que ce soit, affecte la sécurité et les valeurs qui nous sont chères dans le monde entier. Le peuple tibétain continue de souffrir sous l’occupation, et il est de notre devoir de le soutenir dans sa lutte pour la liberté religieuse et la survie de sa culture. »

Le sénateur Přemysl Rabas, rapporteur de la résolution, a établi une analogie frappante, comparant les tentatives de la Chine de contrôler la succession du dalaï-lama à un scénario hypothétique où l’Union européenne dicterait l’élection du pape. Il a souligné que la résolution vise à la fois l’ingérence du gouvernement chinois au Tibet et la loi récemment adoptée sur l’unité et le progrès ethniques, qui menace les droits des minorités ethniques en Chine, notamment les Tibétains.

Le sénateur Břetislav Rychlík a relaté des témoignages poignants de communautés tibétaines en exil, notamment le sort d’enfants placés de force dans des pensionnats d’État, privés de leur langue et de leur culture, et des actes de protestation tels que l’immolation par le feu. Il a qualifié ces mesures de « tentative massive de génocide contre une nation historique » et a appelé à une mobilisation internationale urgente.

Thinlay Chukki, s’exprimant après l’adoption de la résolution, a déclaré :

« Le Sénat tchèque a adressé aujourd’hui au monde un message clair et fort : le patrimoine spirituel ne saurait être imposé par un État autoritaire. En se rangeant du côté du peuple tibétain et en reconnaissant son droit de choisir ses dirigeants, la République tchèque réaffirme son engagement de longue date en faveur de la dignité humaine. Cette résolution n’est pas un simple document ; elle est une lueur d’espoir pour chaque Tibétain et nous sommes profondément reconnaissants à la République tchèque pour cette position courageuse. »

Éléments clés de la résolution :
  • Autorité exclusive en matière de réincarnation : L’élément le plus crucial de la résolution est la déclaration explicite selon laquelle la République populaire de Chine (RPC) n’a « aucune autorité légitime » pour désigner le successeur du 14e dalaï-lama. Elle affirme que le choix du 15e dalaï-lama relève « exclusivement du peuple tibétain ». Elle soutient la récente déclaration du 14e dalaï-lama concernant la pérennité de l’institution dalaï-lama et reconnaît le Ganden Phodrang comme l’institution faisant autorité et la seule autorité compétente pour identifier la future réincarnation. Ceci constitue un rejet direct des prétentions de Pékin selon lesquelles la succession doit se conformer au droit chinois et être approuvée par le gouvernement central.
  • Opposition aux lois d’assimilation forcée : Le Sénat a exprimé sa vive inquiétude concernant la « Loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques » adoptée par la République populaire de Chine le 12 mars 2026. La résolution qualifie cette loi d’instrument qui « encourage ouvertement l’assimilation » et restreint les libertés culturelles, religieuses et linguistiques des minorités. Les sénateurs ont souligné que, si la loi prétend renforcer l’unité, elle fournit en réalité un prétexte légal à une répression institutionnalisée et intensifiée de l’identité tibétaine.
  • Reconnaissance des obligations juridiques internationales : La résolution qualifie la culture spirituelle du Tibet d’« expression suprême de la culture » ​​qui doit être protégée par le droit international. Elle souligne que la Chine, en tant que membre de l’UNESCO et signataire de diverses conventions, a volontairement assumé des obligations en matière de protection de la diversité culturelle et de la dignité de toutes les cultures. Le Sénat affirme que la souveraineté de l’État ne confère pas à la République populaire de Chine le droit d’« effacer la diversité culturelle », mais lui impose au contraire de la promouvoir.
  • Condamnation de la répression transnationale : Un aspect important de la résolution réside dans son insistance sur la portée mondiale de l’influence chinoise. Le Sénat a souligné que la loi sur l’unité ethnique de mars 2026 prétend s’appliquer aux personnes se trouvant hors du territoire chinois, notamment aux citoyens américains et européens qui soutiennent l’identité tibétaine. Au cours des débats, il a été constaté que la « répression transnationale » est déjà une réalité, avec plus d’une centaine de commissariats de police étrangers illégaux – dont un identifié à Prague – utilisés pour harceler et surveiller la diaspora tibétaine.
  • Contexte diplomatique et historique : La résolution réaffirme les relations chaleureuses et de longue date entre la République tchèque et le Tibet, ancrées dans l’héritage du président Václav Havel. Elle cite notamment des rencontres récentes de haut niveau, dont une rencontre privée entre le président tchèque et le dalaï-lama en juillet 2025 et la visite d’une délégation parlementaire à Dharamsala en décembre 2025. En adoptant cette résolution, le Sénat aligne la République tchèque sur d’autres nations démocratiques, comme les États-Unis, qui exigent que les chefs religieux soient choisis sans ingérence de l’État.
  • Action gouvernementale et implications internationales : Enfin, la résolution appelle le gouvernement tchèque à défendre activement la liberté religieuse des Tibétains et à informer les principaux responsables, notamment le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, de son adoption. Elle témoigne également de la solidarité avec les États démocratiques du monde entier qui ont exprimé un soutien similaire à la communauté tibétaine, renforçant ainsi les normes internationales relatives à l’autonomie religieuse et à la liberté de croyance. La résolution constitue donc une mesure à la fois symbolique et concrète en matière de plaidoyer diplomatique, renforçant le soutien international au Tibet et à la préservation de ses traditions spirituelles.

La version définitive sera bientôt publiée sur le site web du Sénat tchèque. En attendant, pour consulter le projet de résolution, cliquez ici . L’enregistrement vidéo du débat est disponible ici et la transcription est fournie ci-dessous.

– Rapport déposé par le Bureau du Tibet, Genève

La vice-présidente du Sénat, la sénatrice Jitka Svietlova, présente la résolution.

Capture d’écran du sénateur Premysl Rabas s’exprimant lors du débat au Sénat

Le sénateur Břetislav Rychlík soutient la résolution

 

Discussion avec le vice-président du Sénat, le sénateur Jiri Oberfalzer, juste avant le débat

Remercier le sénateur Rychlik

Remercier le président du Sénat, Milos Vystrčil, pour son soutien

 

Je souhaite bonne chance au sénateur Rabas avant le débat.

Avec le président du Sénat Milos Vystrčil