Matraques à pointes, boucliers à décharges électriques, fourches antiémeute : Amnesty International a découvert des « équipements de torture illégaux », au salon Milipol Paris, qui a décidé d’expulser un exposant, a appris jeudi l’AFP de sources concordantes.
« Le stand en question a été immédiatement fermé, mercredi soir, sous contrôle d’huissiers », a déclaré jeudi la directrice du salon Muriel Kafantaris, et l’exposant a été définitivement interdit d’exposer à Milipol.
« Le responsable d’Amnesty International était là mardi jour d’ouverture du salon avec nous. Il nous a fait part de son rapport », a-t-elle ajouté.
« Mesures draconiennes »
Selon Muriel Kafantaris, le seul produit dont il a fait mention à ce moment là était « un bracelet à impulsion électrique » présent sur le stand chinois incriminé. Tous les autres équipements mentionnés par l’ONG, « je ne sais pas d’où ils sont sortis », a-t-elle
« Il est certain que nous allons prendre des mesures draconiennes pour que cela n’arrive plus lors de la prochaine édition en 2019 », a-t-elle ajouté.
« Des instruments de torture effrayants tels que des matraques électriques et de lourdes entraves pour les pieds sont censés être interdits dans l’UE. Alors pourquoi en trouve-t-on en vente à Paris aujourd’hui ? », s’interroge Ara Marcen Naval, conseillère sur le contrôle des armes à Amnesty, dans un communiqué.
« La France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché »
« En ne faisant pas appliquer la législation, la France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché. Milipol est le premier véritable test grandeur nature pour la nouvelle règlementation de l’UE sur les instruments de torture, et il est très inquiétant de constater que ces règles sont déjà bafouées, moins d’un an après leur entrée en vigueur », souligne l’ONG.
Amnesty International exhorte par ailleurs les autorités françaises à enquêter « de tout urgence » sur l’importation de ces objets illégaux : « elles doivent mettre en place des mesures garantissant la stricte application de la législation de l’UE afin que personne et qu’aucun pays ne continue de tirer bénéfice de ce commerce d’instruments conçus pour infliger des souffrances à des êtres humains ».
Le salon Milipol Paris, consacré à la sécurité intérieure des États, s’est ouvert mardi à Villepinte (Seine-Saint-Denis) en présence du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.
France: un stand chinois «d’équipements de torture» fermé au salon Milipol
Des équipements militaires exposés au salon Milipol à Villepinte, près de Paris, le 21 novembre 2017.REUTERS/Benoit TessierDes menottes électriques et d’autres équipements interdits en Europe ont été découverts à Milipol, le salon de la sécurité intérieure dont la 20e édition se tient jusqu’au vendredi 24 novembre à Villepinte, au nord de Paris. C’est l’organisation Amnesty International qui est tombée sur ces outils de torture sur un stand chinois. Le stand a été immédiatement fermé.
Le président chinois d’Interpol est venu spécialement de Pékin pour accueillir le ministre français de l’Intérieur au salon Milipol. Car la Chine est une experte en matière de sécurité intérieure avec ses nombreuses spécialités : drones, armes, protection ou encore uniformes sur mesure.
« On est spécialisé dans les camouflages. On a des clients d’Afrique du Nord, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan… » énumère Li Ying, représentante d’un exposant de Wuhan, dans l’est de la Chine.
Les clients viennent du monde entier, mais les matériels doivent répondre aux normes européennes. D’où la stupeur d’Aymeric Ellun d’Amnesty International, quand sur un stand chinois, il tombe sur de véritables instruments de torture. « Nous, ce que nous avons trouvé, c’est un système de contrainte qu’on accroche aux poignets et qui permet d’envoyer des décharges électriques », raconte-t-il.
Fermeture forcée
Et pour cela, il a fallu arracher certaines pages des catalogues. Depuis fin 2016, la réglementation européenne interdit également la promotion de ces objets de torture. Illustration avec une matraque à pointes proposée elle aussi par une société chinoise. « Vous imaginez la matraque avec une poignée et une longue tige avec des pointes en métal », décrit Aymeric Ellun.
Après cette fermeture, le salon Milipol 2017 compte 82 exposants venus de Chine.


