Expédition de l’extrême pour dépolluer l’Himalaya
Bouteilles d’oxygènes, canettes, boîtes de conserve, tentes… Alors que des dizaines de tonnes de déchets laissés par les alpinistes s’accumulent sur les hautes cimes, Luc Boisnard, un entrepreneur français, a monté une opération pour les collecter. Récit.
« Déesse mère des neiges », « Mère de l’univers » ou tout simplement le « Toit du monde », nombreux sont les noms enchanteurs donnés à l’Everest. « La plus haute décharge de la planète », comme le qualifie l’entrepreneur et alpiniste Luc Boisnard, ne fait assurément pas partie de ses sobriquets les plus avantageux, mais il nomme une vérité implacable. On estime en effet qu’environ 100 tonnes de déchets croupissent sur les plus hauts sommets de la chaîne himalayenne, contaminant peu à peu l’écosystème fragile des montagnes.
Les causes de ce phénomène sont hélas multiples, comme l’explique Luc Boisnard : « D’abord, la marchandisation accrue des ascensions attire des alpinistes novices, obsédés par la rentabilisation de leur investissement, qui se dédouanent tout à fait de l’aspect environnemental. Ensuite, il faut bien imaginer qu’après 60 jours d’expédition, les alpinistes comme les porteurs n’ont qu’une hâte : rentrer chez eux. Ils s’allègent au maximum et laissent leur équipement sur place. Enfin, le Népal reste un des pays les plus pauvres du monde et, pour les autochtones, très majoritaires dans une expédition, le tri sélectif n’est pas vraiment une priorité. »
