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07/06/26 | 7 h 06 min par Ugen-Tenzing Noubpa

Remerciements de France-Tibet à Madame la Sénatrice Jacqueline EUSTACHE-BRINIO / THANKS FROM FRANCE-TIBET TO SENATOR JACQUELINE EUSTACHE BRINIO

Chère Jacqueline,

(THE ENGLISH VERSION FOLLOWS BELOW)

Marcelle Roux, fondatrice et Présidente de l’Association France-Tibet, et moi-même souhaitons vous adresser nos sincères remerciements pour votre courrier du 27 mai 2026 adressé au Président de la République concernant la nouvelle loi chinoise dite de « promotion de l’unité ethnique et du progrès ».

En tant que citoyen suisse d’origine tibétaine, Français de cœur et d’histoire, et Vice-Président de l’Association France-Tibet, je suis toujours sensible à la clarté, au courage et à la constance de vos prises de position, qu’il s’agisse des grands débats de la vie publique française ou de votre engagement de longue date en faveur du Tibet et du peuple tibétain.

Votre lettre met en lumière les conséquences profondes de cette législation, qui ne constitue pas une simple mesure administrative, mais s’inscrit dans une politique plus large d’assimilation visant à affaiblir progressivement les langues, les cultures, les religions et les identités des peuples non han soumis à des politiques de domination et d’assimilation coloniales menées par la République populaire de Chine, notamment le peuple tibétain. Même son intitulé, « promotion de l’unité ethnique et du progrès », relève d’une terminologie typique des puissances coloniales, où l’assimilation est présentée comme un progrès et la diversité des peuples comme un problème à résoudre.

Quoi que fabule le Parti communiste chinois, le Tibet n’a jamais fait partie de la Chine, et le peuple tibétain n’a jamais été une minorité ethnique chinoise. Il s’agit d’un peuple, d’une civilisation, d’une langue, d’une culture et d’une histoire distinctes. C’est un fait historique.

J’ai également été particulièrement sensible au passage de votre courrier consacré à la répression transnationale. Cette question ne concerne pas seulement les Tibétains, les Ouïghours, les Hongkongais ou les dissidents chinois vivant en exil. Comme vous le soulignez, elle peut également viser des citoyens, des élus, des chercheurs, des journalistes, des universitaires ou des défenseurs des droits humains européens dont les prises de position sont jugées contraires aux intérêts ou aux objectifs politiques du Parti communiste chinois.

Lorsque le ministère français de l’Intérieur reconnaît officiellement, par le biais de la DGSI, l’existence de neuf « stations de police » chinoises disposant de relais en France et évoque leur implication possible dans des actions de répression transnationale, nous ne sommes plus dans le domaine des inquiétudes théoriques. Il s’agit d’une question concrète de souveraineté nationale, de libertés publiques et de protection des personnes vivant sur le territoire européen.

De son côté, le Conseil fédéral suisse a lui aussi reconnu officiellement que des membres des communautés tibétaine et ouïghoure vivant en Suisse sont exposés à des formes de répression transnationale liées à la République populaire de Chine. Les constats convergents des autorités françaises et suisses démontrent que cette réalité ne relève plus du soupçon ou de l’hypothèse, mais d’un phénomène désormais identifié par plusieurs États démocratiques européens.

Nous souhaitons également vous remercier d’avoir choisi d’interpeller directement l’exécutif français sur cette question. Pour préserver ou développer des relations bilatérales avec Pékin, l’exécutif français peut-il pour autant faire fi des droits de l’homme, des libertés fondamentales et des droits des peuples ? Votre intervention rappelle opportunément que ces principes ne devraient jamais être relégués au second plan.

Votre intervention rappelle également que la défense des droits fondamentaux, de la diversité culturelle, de la liberté religieuse et de la liberté d’expression demeure une responsabilité qui dépasse les frontières et les intérêts du moment. Pour les Tibétaines et les Tibétains vivant en exil, mais aussi pour tous ceux qui demeurent au Tibet, savoir que des responsables politiques français continuent de porter leur voix est une source d’espoir et d’encouragement.

Nous vous remercions très sincèrement pour votre engagement constant en faveur du Tibet et du peuple tibétain, ainsi que pour votre vigilance face aux atteintes croissantes aux libertés fondamentales que représentent les politiques de répression transnationale.

Veuillez recevoir, chère Jacqueline, l’expression de notre profonde reconnaissance, de notre amitié fidèle et de nos sentiments respectueux.

Marcelle Roux, Fondatrice et Présidente de l’Association France-Tibet

Ugen-Tenzing Noubpa, Vice-Président de l’Association France-Tibet

Citoyen suisse d’origine tibétaine, Français de cœur et d’histoire.

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English Version

Dear Jacqueline,

Marcelle Roux, Founder and President of France-Tibet, and I would like to express our sincere thanks for your letter of 27 May 2026 addressed to the President of the Republic regarding the new Chinese law on the so-called “promotion of ethnic unity and progress”.

As a Swiss citizen of Tibetan origin, French by heart and by history, and Vice-President of France-Tibet, I have always been sensitive to the clarity, courage and consistency of your public positions, whether on the major issues of French public life or through your longstanding commitment to Tibet and the Tibetan people.

Your letter highlights the profound consequences of this legislation, which is far more than a simple administrative measure. It forms part of a broader policy of assimilation aimed at gradually weakening the languages, cultures, religions and identities of non-Han peoples subjected to policies of colonial domination and assimilation pursued by the People’s Republic of China, particularly the Tibetan people. Even its title, “promotion of ethnic unity and progress”, reflects terminology typical of colonial powers, where assimilation is presented as progress and the diversity of peoples as a problem to be solved.

Whatever narratives the Chinese Communist Party may fabricate, Tibet has never been part of China, and the Tibetan people have never been a Chinese ethnic minority. They are a distinct people, with their own civilization, language, culture and history. This is a historical fact.

I was also particularly struck by the section of your letter devoted to transnational repression. This issue concerns not only Tibetans, Uyghurs, Hong-Kongers or Chinese dissidents living in exile. As you rightly point out, it can also target European citizens, elected representatives, researchers, journalists, academics and human rights defenders whose views are considered contrary to the interests or political objectives of the Chinese Communist Party.

When the French Ministry of the Interior officially acknowledges, through the DGSI, the existence of nine Chinese “police stations” operating through networks in France and refers to their possible involvement in acts of transnational repression, we are no longer dealing with theoretical concerns. This is a concrete issue of national sovereignty, civil liberties and the protection of individuals living on European soil.

For its part, the Swiss Federal Council has also officially recognized that members of the Tibetan and Uyghur communities living in Switzerland are exposed to forms of transnational repression linked to the People’s Republic of China. The converging findings of the French and Swiss authorities demonstrate that this reality is no longer a matter of suspicion or hypothesis, but a phenomenon now identified by several democratic European states.

We would also like to thank you for choosing to directly challenge the French executive on this issue. In order to preserve or develop bilateral relations with Beijing, can the French executive nevertheless disregard human rights, fundamental freedoms and the rights of peoples? Your intervention is a timely reminder that these principles should never be relegated to second place.

Your intervention also reminds us that the defence of fundamental rights, cultural diversity, religious freedom and freedom of expression remains a responsibility that transcends borders and interests of the moment. For Tibetans living in exile, as well as for those who remain in Tibet, knowing that French political leaders continue to raise their voices on their behalf is a source of hope and encouragement.

We sincerely thank you for your unwavering commitment to Tibet and the Tibetan people, as well as for your vigilance regarding the growing threats to fundamental freedoms represented by policies of transnational repression.

Please accept, dear Jacqueline, the expression of our deep gratitude, our lasting friendship and our highest respect.

Marcelle Roux, Founder and President of France-Tibet

Ugen-Tenzing Noubpa, Vice-President of France-Tibet

Swiss citizen of Tibetan origin, French by heart and by history.

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