DHARAMSHALA, le 28 septembre.
La déclaration du Président chinois Xi Jinping hier à la Conférence Pékin +20 organisée à l’initiative d’ONU Femmes sur le thème de l’autonomisation des femmes et de l’égalité entre les sexes, a fait l’objet de critiques de la part des observateurs et des politiques. Les plus virulentes sont venues de la sénatrice Hillary Clinton qui a qualifié l’initiative de Xi de ‘scandaleuse’.
Lors de sa première visite d’état aux USA, le Président chinois Xi Jinping, a co-présidé hier la Conférence Pékin+20 organisée par ONU Femmes, entité des Nations Unies pour l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes.
Au cours de cette réunion qui a marqué le 20ème anniversaire de l’historique quatrième Conférence mondiale sur les Femmes qui s’était tenue en 1995 à Pékin, Xi a affirmé, « Comme le peuple chinois mène une vie heureuse, chaque femme en Chine a la possibilité d’atteindre l’excellence dans sa vie et de réaliser ses rêves. La Chine œuvrera pour faire d’une meilleure égalité homme-femme un principe de base de sa politique gouvernementale, pour permettre aux femmes de jouer pleinement leur rôle « d’autre moitié du ciel », et pour les soutenir dans la réalisation de leurs rêves et de leurs aspirations tant dans leur carrière professionnelle que dans leur vie personnelle. »
La Sénatrice américaine Hillary Clinton, qui est aussi candidate à l’élection présidentielle, a critiqué cette initiative sans le jargon diplomatique habituel. Selon son tweet, -Xi accueillant une conférence sur les droits des femmes alors qu’il persécute les féministes? Une honte #FreeThe20.
La candidate du Parti Démocrate à la présidentielle a fait entendre clairement son sentiment sur l’arrestation à Pékin, en mars, de cinq militantes qui dénonçaient le harcèlement sexuel, et qui en dépit de leur libération, continuent d’être étroitement surveillées par le gouvernement. La campagne FreeThe20 dénonce le sort de 20 prisonnières politiques et exige leur libération immédiate.
Dhadon Sharling, plus jeune membre du 15ème Parlement tibétain en exil et ex membre exécutive de l’Association des Femmes Tibétaines, a déclaré à Phayul que Xi Jinping ne devrait pas emprisonner des femmes au simple motif d’avoir exprimé leur opinion au lieu de s’en tenir au discours ambiant. « Plutôt que d’inscrire son souci de l’égalité des sexes et son engagement dans des programmes de développement pour les femmes parmi ses priorités en matière de politique extérieure, Xi Jinping aurait dû les intégrer à la politique intérieure de la Chine et s’assurer de leur mise en œuvre. Un rapport de recherche publié par l’Association des Femmes Tibétaines (2013) soutient que le statut des femmes au Tibet reflète de manière évidente l’échec de la Chine à tenir ses engagements nationaux et internationaux.
« Vingt ans après la Conférence Pékin 95 sur les femmes, la politique de planning familial de la Chine, la répression accentuée envers les militantes, ainsi que les comptes-rendus d’emprisonnement et de torture des activistes femmes, tout cela pointe du doigt les violations flagrantes des libertés individuelles en Chine et ses mauvais résultats en matière de droits des femmes et d’égalité des sexes. En conséquence, nous attendons de Xi, en tant que dirigeant responsable, qu’il corrige d’abord la situation au niveau national, et qu’il fasse part ensuite de ses engagements mondiaux. »
Parmi les 143 Tibétains qui se sont immolés à ce jour 26 étaient des femmes.
Traduction France Tibet

