En cette journée internationale des Droits de l’homme du 10 décembre 2022, l’association « Liberté au tibet » a posé 22 panneaux de plaques de rues renommées dans les Rue du consulat de Chine, devant le conseil de l’Europe, devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, devant le Parlement Européen, devant l’Institut Confucius, dans la rue de l’IC, rue de la paix, place de la République et avenue de la Marseillaise
Strasbourg DNA 11.12.2022 – article 1
Pour le Tibet, des manifestants mobilisés devant le consulat de Chine
Pour la journée internationale des droits de l’homme, une douzaine de manifestants de l’association « Liberté au Tibet » s’est rassemblée devant le consulat de Chine à Strasbourg.
Par Florent POTIER

Les manifestants ont pu brièvement prendre une photo devant le consulat, avant d’être enjoints par la police à s’en éloigner. Photo DNA /Cédric JOUBERT
Volets clos et portes fermées. C’est devant le consulat de Chine emmuré dans le silence qu’une douzaine de manifestants de l’association alsacienne « Liberté au Tibet » ont déclamé au mégaphone, puis de vive voix, la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le consulat était surveillé par un car de la police nationale et un commissaire qui a demandé aux manifestants de ne pas se photographier devant le consulat, avant de les enjoindre à s’en éloigner.

Agnès Charron (à droite), présidente de l’association « Liberté au Tibet ». Photo DNA /Cédric JOUBERT
La rue Bautain, où se situe le consulat, en bordure du parc de l’Orangerie, a été rebaptisée « Rue du Tibet Libre » par les manifestants qui ont suspendu une plaque fictive. Plusieurs autres rues à Strasbourg ont été renommées de la sorte. « On reproche à la Chine de violer tous les droits humains, que ce soit au Tibet, au Turkestan oriental avec les Ouïghours , ou envers les Hongkongais et tous les dissidents chinois. Le gouvernement chinois ne respecte pas la liberté d’expression, la liberté de se déplacer, le droit à l’éducation. On sait que 100 000 enfants tibétains de 4 à 6 ans sont forcés d’aller dans des internats en Chine », défend Agnès Charron, présidente de l’association. Selon les chiffres de l’association, un million de Ouïghours seraient actuellement retenus dans des camps de travail, de rééducation et d’emprisonnement.
La rue Bautain où se situe le consulat de Chine, a été rebaptisée rue du Tibet Libre par les manifestants. Photo DNA /Cédric JOUBERT
Créée en 2002, l’association compte 35 membres et plusieurs centaines de sympathisants. Basée près de Colmar, elle se mobilise plusieurs fois dans l’année, comme ce samedi 10 décembre pour la journée internationale des droits de l’homme. « Aujourd’hui on ne pourrait plus écrire de texte comme la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les États et les personnalités politiques se radicalisent de plus en plus », regrette Agnès Charron.
Site DNA vidéo de 13’25’’, mais il n’est pas possible de copier le lien direct, à voir par le lien de l’article :
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Strasbourg DNA 11.12.2022 – article 2
Emprisonné par la Chine, il est réfugié à Strasbourg
Djigme Gyaltsentsang est un Tibétain exilé en France depuis 2016. Il a rejoint la communauté tibétaine de Strasbourg il y a un an. À l’occasion de la journée mondiale des Droits de l’homme il raconte ce qu’il a vécu.
Par Florent POTIER

Djigme Gyaltsentsang, au centre sur la photo, a quitté le Tibet pour Strasbourg. Photo DNA/Florent POTIER
À Strasbourg depuis un an, Djigme Gyaltsentsang, 35 ans, raconte la répression qu’il a subie au Tibet et qui l’a obligé à s’exiler. Son frère est mort dans les geôles chinoises. Mobilisé avec l’association Liberté au Tibet, il a manifesté devant le consulat de Chine à Strasbourg ce samedi.
Écoutez l’intégralité du témoignage de Djigme dans notre podcast
Depuis combien de temps êtes-vous en France ?
« On est venus à Strasbourg parce que la communauté tibétaine est importante (elle compterait plus d’une centaine de membres selon l’association Liberté pour le Tibet, ndlr). Pour que mes enfants connaissent un peu la culture tibétaine. On est arrivés en France en 2016, j’ai d’abord vécu à Clermont-Ferrand et j’ai rejoint Strasbourg il y a un an. »
Pourquoi avez-vous dû partir du Tibet ?
« J’ai quitté le Tibet parce que nous n’avons pas du tout de liberté depuis 1959, les Chinois ont occupé tout le territoire. C’était trop dangereux, je ne peux pas tout dire. Si on dit quelque chose en faveur de la liberté ou du Dalaï-Lama, c’est direct la prison. Moi j’ai fait de la prison pour ça pendant deux mois. Je manifestais en souvenir des manifestations de mars 1988 où beaucoup de Tibétains sont morts à Lhassa (la capitale). Quand on est emprisonné personne ne sait où vous êtes. Mon frère est décédé en prison. »
Vous imaginez retourner là-bas un jour ?
« Je n’ai pas le droit de retourner au Tibet ! J’ai une carte de séjour de dix ans en France, si j’ai la nationalité française un jour… peut-être oui je pourrai y retourner. Mais je dois changer mon nom tibétain pour envisager d’y remettre les pieds. Si je vais au Tibet avec mon nom tibétain, je n’aurai pas le droit d’entrer. »
Site DNA vidéo de 2’14’’, mais il n’est pas possible de copier le lien direct, à voir par le lien de l’article :

