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15/02/24 | 10 h 28 min par Parlement européen

STRASBOURG : Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 : l’Union Européenne rappelle, souligne, constate, relève, insiste, ajoute, demande…etc…etc…

…tout en se déclarant « préoccupée par un déficit commercial record de 396 milliards€ en 2022″, ces mêmes milliards qui financent et entretiennent l’Armée Populaire de Libération.

Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur les implications en matière de sécurité et de défense de l’influence de la Chine sur les infrastructures critiques dans l’Union européenne (2023/2072(INI))

…/…

Lien entre aspects intérieurs et extérieurs: renforcer la résilience des partenaires les plus proches de l’Union

29.  se déclare préoccupé par le fait que la RPC pénètre le marché de l’Union et de son voisinage élargi; invite la Commission et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à veiller à ce que les mesures prises pour renforcer la résilience de l’Union face à l’influence chinoise, notamment les mesures de réduction des risques, de diversification et de réduction des dépendances critiques, soient également étendues aux partenaires les plus proches de l’Union, en particulier aux pays en voie d’adhésion et à ceux qui font partie de la politique de voisinage de l’Union;

30.  rappelle que les forces navales de la RPC disposent de moyens et d’outils juridiques leur permettant d’utiliser les navires civils et les infrastructures civiles de la Chine à des fins militaires et de sécurité; relève que la Chine est en mesure d’utiliser ses infrastructures commerciales civiles pour soutenir la présence de l’APL dans les pays tiers; met en garde contre le fait qu’une telle fusion militaro-civile permet à l’APL d’accéder aux ports étrangers, ce qui lui donne la possibilité de prépositionner un soutien logistique afin de soutenir des déploiements navals pouvant s’étendre jusqu’à l’océan Indien, la mer Méditerranée et l’océan Atlantique; souligne que les risques d’espionnage sont les plus élevés lorsque les actifs commerciaux civils chinois sont situés sur des plateformes logistiques proches de bases navales de l’Union et de l’OTAN ou d’opérateurs portuaires qui ont signé des accords visant à fournir un soutien logistique aux entreprises européennes; demande aux États membres de répondre de toute urgence au besoin de réduction des risques d’espionnage et de sabotage au sein des infrastructures critiques, en particulier celles qui ont une fonction militaire, telles que les ports utilisés par l’OTAN; souligne à cet égard que l’Union et l’OTAN doivent œuvrer ensemble à l’élaboration d’un plan à long terme de lutte contre la stratégie de fusion militaro-civile de la Chine en Europe et appelle à mettre pleinement en œuvre le rapport d’évaluation final de la task force UE-OTAN(16);

31.  souligne que les ports permettent d’avoir accès au reste du monde et jouent donc un rôle crucial dans l’économie de l’Union; relève avec inquiétude que les entités détenues ou contrôlées par la Chine ont stratégiquement accru leur participation dans les ports et les infrastructures portuaires européens; invite la Commission à présenter un cadre stratégique de l’Union pour réduire et limiter l’influence et le contrôle opérationnel de la Chine et d’autres régimes; rappelle également que la RPC impose sa puissance à l’étranger grâce à un réseau de ports commerciaux et d’installations à double usage qui fournissent un soutien logistique et en matière de renseignement à la marine chinoise; insiste sur le fait qu’en 2022 les entreprises chinoises détenaient ou exploitaient des terminaux dans 96 ports à travers 53 pays; ajoute que, dans au moins neuf ports, dont deux en Europe, des navires de guerre de la marine de l’Armée populaire de libération ont fait l’objet d’importants travaux d’entretien ou réparations, que ce soit au niveau des navires eux-mêmes ou des équipements; attire l’attention sur le fait que les visites de navires font apparaître les zones d’influence, les zones opérationnelles prioritaires, les objectifs de collecte de renseignements et les priorités en matière de coopération;

32.  souligne la nécessité d’une approche géopolitique de la coopération mondiale en matière d’infrastructures critiques, de sorte que l’Union soit capable de relever les nouveaux défis en matière de sécurité; constate qu’un tiers de l’ensemble des infrastructures africaines construites depuis 2010, et notamment environ 50 % des réseaux 3G et 70 % des réseaux 4G africains, a été financé et construit par des entreprises publiques chinoises; souligne qu’au cours des 20 dernières années, la Chine a accru ses engagements en matière de commerce, d’investissements et de prêts pour un montant de 160 milliards de dollars avec les gouvernements africains et leurs entreprises publiques, lesquels engagements s’assortissent d’obligations contractuelles peu nombreuses ou opaques et concernent principalement les secteurs des transports, de la production d’électricité, de l’extraction minière et des télécommunications; souligne en particulier le fait qu’une seule entreprise de télécommunication chinoise a construit jusqu’à 70 % de l’infrastructure de technologie de l’information en Afrique, et insiste sur le rôle joué par les entreprises chinoises dans le financement, la construction, l’expansion et la rénovation d’au moins 14 réseaux de télécommunication africains intra-gouvernementaux sensibles; se déclare préoccupé par le fait que le modèle chinois est clairement attractif pour de nombreux pays qui ne peuvent ou ne veulent satisfaire aux exigences de l’Union afin d’accéder à des niveaux de financement équivalents, ce qui accroît l’influence chinoise au détriment des partenariats de l’Union et engendre des risques de dette insoutenable pour ces pays, nuisant à leur développement à long terme au détriment de leur population locale; invite la Commission, le SEAE et les États membres à redoubler d’efforts, notamment en attirant les investissements du secteur privé, pour mettre en œuvre le paquet d’investissement «Global Gateway» d’un montant de 150 milliards d’euros, approuvé lors du 6e sommet UE-UA en février 2022; demande instamment au Conseil et à la Commission de rapidement mettre en œuvre des projets, en particulier des projets phares, dans le cadre de cette initiative;

33.  insiste avec inquiétude sur le fait que la stratégie de la RPC visant à édifier une «base de coopération en matière d’économie bleue» le long de la côte africaine, y compris par la construction de navires de pêche et d’installations de réparation de navires, pourrait également être utilisée à des fins militaires; souligne le manque généralisé de détails et de transparence en ce qui concerne ces accords et ces licences avec les pays africains; insiste sur les conséquences géopolitiques potentielles pour l’Union, en particulier dans les pays tiers où l’Union est engagée;

34.  charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Conseil et à la Commission.