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16/01/16 | 21 h 25 min

Taïwan : Une nouvelle ère avec Tsai Ing-wen, première femme à remporter l’élection présidentielle à une large majorité

DL et Tw

commerciale » avec Pékin,  oeuvrer afin de satisfaire l’électorat qui vient de la porter au pouvoir. « Je veux la paix avec la Chine, mais pas la soumission aux ordres de Pékin », rapportait un électeur interviewé par RFI. Il s’agit bien là de cette dictature que Pékin rêve d’instaurer tant à Hong Kong qu’à Taiwan. Mais dans le cas précis de Taïwan, les habitants de l’île sont-ils prêts à abandonner leur droit de vote et leur différence avec les Chinois du continent, même si les plus attachés à la suprématie chinoise ne cessent de répéter qu’il n’y a qu’une seule Chine ? La réaction immédiate de Pékin, qui censure ces résultats  sur Weibo et toutes les discussions en ligne, est significative du mécontement au plus haut sommet de la RPC. Le président sortant, Ma Ying-jeou, du Kouomintang (KMT) élu en 2012, voit donc sanctionner la politique qu’il avait entreprise de rapprochement avec la Chine. Il ne sera sûrement plus ou pas beaucoup question de ralliement à Pékin, mais il est plus facile d’ imaginer que ressurgiront les idées novatrices que développaient les manifestants du mouvement des Tournesols en 2014, qui à nouveau refuseront sans aucun doute de se rallier à Pékin, ou de se soumettre à la loi anti-sécession taillée sur mesure,  en 2005, sur le continent en direction de Taïwan. A  nouveau vont ressurgir peu à peu les notions « d’indépendance de Taïwan », de « deux Chine », ou « d’une Chine et un Taïwan». Quid des relations de Taïwan avec le Dalaï Lama ? quid des relations de Taïwan avec le monde bouddhiste tibétain en exil ? A plusieurs reprises  le Dalaï Lama a été l’invité des Centres bouddhistes taïwainais. Une rencontre avec Madame  Tsai Ing-wen, alors opposante, avait été l’un des points forts d’une visite contestée par Pékin, en 2009.  Souhaitons-le : peut-être un espoir ou à tout le moins une aide, un soutien pour le respect des libertés au Tibet. Rédaction du Bureau France Tibet   A Taïwan, la candidate indépendantiste remporte largement la présidentielle.

Le Monde.fr avec AFP |

Tsai Ing-wen, la candidate du DPP (Parti progressiste démocratique), le 16 janvier à Taipei.

La candidate indépendantiste Tsai Ing-wen a remporté samedi 16 janvier l’élection présidentielle taïwanaise à une large majorité. Les premiers chiffres faisaient état d’une victoire à quelque 60 % des voix, contre 30 % pour Eric Chu, le candidat du parti jusqu’ici au pouvoir, le Kouomintang (KMT). Elle deviendra la première femme présidente de l’île.

L’ancienne juriste, du principal parti d’opposition, le DPP (Parti progressiste démocratique), se réclame d’une « normalité » à la Angela Merkel. Elle personnifie aujourd’hui l’espoir de changement face à un KMT auquel les jeunes générations reprochent ses travers d’ex-parti unique et son tropisme pour la Chine continentale.

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Une intellectuelle respectée

Tsai Ing-wen a étudié le droit à Taïwan avant de poursuivre ses études aux Etats-Unis et en Angleterre à la London School of Economics. De son séjour en Grande-Bretagne, elle a conservé une certaine admiration pour la force de caractère de Margaret Thatcher, l’ancien premier ministre britannique. Intellectuelle respectée, elle est notamment devenue conseillère du gouvernement taïwanais pour le commerce international et les relations avec la Chine, puis dirigeante du Conseil des affaires continentales, la plus haute instance taïwanaise chargée de la politique chinoise. Elle fut nommée premier ministre adjoint en 2006. Connue pour sa discrétion, Tsai Ing-wen a opté pour une stratégie de prudence vis-à-vis du grand voisin chinois, après avoir échoué à la présidentielle de 2012 – une défaite qui avait été largement attribuée à sa défiance envers Pékin. Cette fois-ci, a-t-elle martelé durant la campagne électorale, c’est le « statu quo » qui doit prévaloir dans les relations bilatérales.

Lire aussi : A Taïwan, la candidate indépendantiste portée par la jeunesse contestataire

Le KMT reconnaît sa défaite

Eric Chu, candidat du KMT, a reconnu sa défaite.

Eric Chu, candidat du KMT, a reconnu sa défaite. SANDY CHENG / AFP

En votant massivement pour le parti de Tsai Ing-wen, les Taïwanais ont clairement exprimé leur souhait de tourner le dos à des années de rapprochement avec la Chine. Le KMT avait en effet mené depuis huit ans une politique inédite de réchauffement avec Pékin. « Je suis désolé… Nous avons perdu. Le KMT a subi une défaite électorale. Nous n’avons pas travaillé assez dur et nous avons déçu les attentes des électeurs », a déclaré Eric Chu avant même que les résultats officiels ne soient connus. A peine élue, Tsai Ing-wen a fait l’objet d’une censure sur Weibo, le principal réseau social de Chine, Pékin tentant de limiter le traitement médiatique de son élection et les discussions en ligne. Washington, de son côté, a félicité « le peuple de Taïwan pour avoir une nouvelle fois fait la démonstration de la force de son solide système démocratique, qui va désormais connaître une nouvelle transition en souplesse du pouvoir », a indiqué John Kirby, porte-parole du département d’Etat, dans un communiqué. http://s1.lemde.fr/image/2016/01/16/534×0/4848569_6_ec85_eric-chu-candidat-du-kmt-a-reconnu-sa_5b0fcd571611dfc3e5ec9f9af2aecc5a.jpg

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/01/16/a-taiwan-la-candidate-de-l-opposition-remporte-la-presidentielle_4848566_3216.html#EZeJelJEoD3ExzQW.99  

Les électeurs taïwanais vont-ils tourner le dos à la Chine?

La candidate d’opposition Tsai Ing-wen va-t-elle remporter l’élection présidentielle à Taïwan?Reuters/Damir Sagolj
Est-ce que les électeurs taïwanais tourneront le dos à la Chine ? C’est la question clé des élections présidentielles et législatives de ce samedi 16 janvier. Les bureaux de vote sont ouverts depuis 8 h (heure locale) ce matin. Et l’affluence est grande.
Avec notre envoyée spéciale à Taïwan, Heike Schmidt Sauf surprise, les Taïwanais devraient utiliser leur bulletins pour sanctionner le parti au pouvoir, le Kuomintang (KMT), grand artisan d’un rapprochement inédit avec la Chine. « Je veux la paix avec la Chine, mais pas la soumission aux ordres de Pékin », indiquait à RFI un électeur tout à l’heure. Selon beaucoup de Taïwanais, la dépendance du marché chinois ne fait que rendre la petite île plus vulnérable face au géant de l’autre côté du détroit. Le scrutin pourrait donc prendre des airs de référendum pas forcément « antichinois » mais « pro-Taïwan ». Les habitants de l’île revendiquent avec fierté leur droit de vote et leur différence avec les Chinois du continent qui ne cessent de dire qu’il n’y a qu’une seule Chine. Mauvaise situation économique
Autre argument avancé dans la file d’attente devant le bureau de vote : la mauvaise situation économique. Les gens se plaignent des salaires qui stagnent depuis une dizaine d’années. Ils misent sur un nouveau gouvernement pour changer la donne. Venu avec femme et enfant, Chen Zhong Chen attend patiemment son tour devant le bureau de vote. Déçu par les nationalistes au pouvoir, il donnera sa voix à l’opposition : « Nous espérons l’augmentation de nos salaires et plus de justice sociale. J’espère qu’un nouveau président et un nouveau gouvernement entendra notre voix. Heureusement qu’ici, nous avons le droit de vote et pouvons librement choisir le parti qui nous convient. » Ceux qui souhaitent que le parti au pouvoir reste en place, se font rare dans cette file d’attente. Ils savent que, sauf grande surprise, le parti du président Ma Ying-jeou perdra ces élections : « J’ai toujours été membre loyal du parti Kuomintang. Le président a fait un boulot correct, mais il n’a pas fait preuve de sagesse politique. » Les nationalistes risquent de payer cher leur proximité avec Pékin. Ils pourraient perdre non seulement la présidence mais aussi la majorité des sièges au Parlement pour la première fois dans l’histoire de Taïwan.
CHRONOLOGIE ET CHIFFRES CLÉS

Comprendre les enjeux des élections à Taïwan

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

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Des électeurs font la queue devant un bureau de vote à Taipei, samedi 16 janvier.
Des électeurs font la queue devant un bureau de vote à Taipei, samedi 16 janvier. WALLY SANTANA / AP

Les 23 millions de Taïwanais élisent samedi 16 janvier le président de la République de Chine (RDC), le nom officiel de Taïwan, pour quatre ans, et renouvellent leur Parlement selon un double scrutin (nominal pour une partie des 113 sièges, et de liste pour l’autre). La présidentielle et les législatives se déroulent en un seul tour.

  • Les principaux candidats

La candidate de l’actuelle opposition, Tsai Ing-wen, du DPP (Parti progressiste démocratique) est la grande favorite. Elle avait perdu contre le président sortant, Ma Ying-jeou, du Kouomintang (KMT) en 2012. Issu de la lutte pour la démocratie au temps de la dictature du KMT, le DPP, qui a déjà occupé la présidence de 2000 à 2008 avec Chen Shui-bian, pourrait pour la première fois de l’histoire de la jeune démocratie taïwanaise remporter le Parlement.

Eric Chu, le candidat du KMT, est entré tard dans la course à la présidence, après que la candidate initiale du parti au pouvoir, Hung Hsiu-chu, choisie lors de primaires du parti en janvier 2015, a jeté l’éponge en octobre dernier tant elle s’est aliénée l’opinion publique avec des positions outrancièrement pro-chinoises. Le troisième candidat est James Soong, un ancien du KMT qui a créé en 2000 son propre parti, le People First Party, positionné au centre.

Lire aussi : A Taïwan, la candidate indépendantiste portée par la jeunesse contestataire

  • Une nouvelle génération attendue au Parlement

Les législatives devraient permettre l’entrée d’une nouvelle génération de politiciens au Parlement, issue de la spectaculaire mobilisation de la société civile de ces quatre dernières années. Notamment du mouvement des Tournesols de 2014, lors duquel les manifestants avaient occupé physiquement l’hémicycle pendant trois semaines. Le plus prometteur de ces nouveaux partis est le NPP (New Power Party). S’ils sont alliés au DPP, ses candidats, parmi lesquels le chanteur de heavy metal Freddy Lim, ont promis d’apporter un nouveau dynamisme à la vie politique taïwanaise.

La victoire attendue du camp vert (le DPP indépendantiste) face au camp « bleu » (le KMT) donnerait les coudées franches au premier et sanctionnerait la politique de rapprochement avec la Chine du président sortant Ma Ying-jeou. Lors de ses deux mandats, celui-ci a établi des liaisons aériennes directes avec le continent, ouvert la porte aux touristes chinois, et passé avec la Chine une dizaine d’accords commerciaux – jusqu’à ce que le dernier volet du pacte de libre-échange de 2010 (appelé l’ECFA dans son acronyme anglais) conduise au « mouvement des Tournesols ». Ce volet, qui porte sur les services, est toujours en souffrance. Le DPP, s’il est élu, devrait passer une loi de supervision démocratique des accords avec la Chine comme le réclamaient les étudiants des Tournesols, afin qu’ils soient soumis à un examen bien plus approfondi qu’ils ne l’ont été sous M. Ma.

  • Les relations avec la Chine au cœur des enjeux
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La candidate de l’opposition, Tsai Ing-wen, est la grande favorite. NG HAN GUAN / AP

L’une des grandes priorités du DPP si Mme Tsai est élue sera de permettre à Taïwan de rejoindre l’accord commercial transpacifique américain, le TPP, dont la Chine est exclue, et d’enclencher ainsi un rééquilibrage économique et stratégique au détriment de Pékin. Mais les Etats-Unis souhaitent en contrepartie l’ouverture du marché du porc taïwanais, ce qui passe mal auprès d’une partie de l’électorat rural. L’économie taïwanaise est devenue sous Ma Ying-jeou beaucoup plus dépendante de son voisin chinois (40 % des exportations taïwanaises sont destinées à Hongkong et la Chine) et pâtit du ralentissement de la seconde économie mondiale au point d’être au bord de la récession (à peine 1 % de croissance du PIB en 2015).

Le rapprochement de ces huit dernières années entre la Chine et Taïwan, qui se considèrent tous deux comme des pays souverains et fonctionnent comme tels, a été conduit sous l’égide du KMT et en Chine, de son ancien ennemi de la guerre civile chinoise, le Parti communiste chinois (PCC). Initié en 2005 à l’époque où le DPP occupait la présidence, il s’est accéléré à partir de 2008 sous Ma Ying-jeou, avec des visites mutuelles d’émissaires, puis le sommet historique entre lui-même et Xi Jinping, le président chinois, à Singapour, le 7 novembre dernier. C’est la première fois que les chefs d’Etat des deux Républiques chinoises rivales se rencontraient depuis 1949.

Ce dégel a pour base le « consensus de 1992 », selon lequel les deux rives du détroit s’entendent sur le fait d’appartenir à « une seule Chine », mais avec « chacune son interprétation ». Or, ce « consensus », sur lequel nationalistes et communistes ne se sont en réalité entendus que bien après 1992, est dénoncé par le DPP comme un arrangement entre deux partis qui n’a jamais été validé démocratiquement à Taïwan. Pour simplifier, le KMT, venu de Chine, continue d’espérer jouer un rôle dans une grande Chine, tandis que le DPP, force politique locale, considère n’avoir aucun compte à rendre avec le passé continental de son rival.

Sous Tsai Ing-wen, le balancier est de nouveau du côté des « indépendantistes », même si le DPP est attaché, comme le KMT, au maintien du « statu quo » avec la Chine. Mme Tsai a durant sa campagne été prudente dans ses déclarations sur la Chine et ne devrait pas remettre en question les avancées obtenues sous son prédécesseur. Le « consensus de 1992 » sera toutefois certainement un motif de contentieux de principe avec Pékin : il est sacralisé par la Chine communiste, qui l’évoque sans cesse dans sa propagande et sa diplomatie. Pékin, qui s’est dotée d’une loi anti-sécession taillée sur mesure pour Taïwan en 2005, monte au créneau chaque fois qu’il est question « d’indépendance de Taïwan », de « deux Chine », ou « d’une Chine et un Taïwan », comme l’a rappelé le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinoises vendredi.

  • Un statu quo fragile
image: http://s1.lemde.fr/image/2016/01/16/534×0/4848506_6_efc1_eric-chu-le-candidat-du-kmt-parti-du_3b7b2c78c6e58e388757a2ac89a25d5c.jpgEric Chu, le candidat du KMT, parti du président sortant.
Eric Chu, le candidat du KMT, parti du président sortant. HSIEH CHIA-CHANG / AP

Le statu quo qui gouverne les relations entre les deux rives du détroit (ni indépendance, ni réunification) reste fragile et source de ressentiment à Taïwan : la République de Chine, qui n’est reconnue que par 21 pays, a certes maintenu des relations officieuses avec tous les grands pays occidentaux et bénéficie de la protection militaire américaine (en vertu du Taïwan Relations Act). Mais elle est exclue de toutes les instances des Nations unies. Le zèle de la Chine à s’attaquer, quand elle le peut, à toute revendication identitaire taïwanaise provoque régulièrement la polémique – comme durant ces élections, lorsque la jeune chanteuse taïwanaise Chou Tzuyu, qui appartient à un « girls’band » sud-coréen, a été obligée deprononcer vendredi des excuses publiques à destination du marché chinois dans lesquelles elle reconnaît piteusement « qu’il n’y a qu’une seule Chine… Et j’ai toujours été fière d’être chinoise ». Chou Tzuyu s’était montrée sur une photo diffusée sur les réseaux sociaux avec un drapeau de la République de Chine (Taïwan), suscitant l’ire d’internautes nationalistes en Chine. L’incident avait conduit à l’annulation de contrats pour son groupe en Chine. Le clip vidéo de ses excuses a indigné à Taïwan, et la chanteuse a reçu le soutien des trois candidats à la présidentielle taïwanaise – qui font front commun sur la question de la souveraineté de la République de Chine et l’attachement à son drapeau.

Chez les Taïwanais, l’identification à Taïwan n’a cessé de se renforcer aux dépens de celle à la Chine : environ 59 % des Taïwanais se décrivent aujourd’hui comme Taïwanais contre 48 % en 2008 dans les enquêtes bisannuelles que mène depuis 1992 l’Election Study Center de l’Université nationale de Chengchi. 33 % se considèrent « Chinois taïwanais » (contre 48 % en 2004) et moins de 4 % comme « Chinois ». Environ 60 % des Taïwanais toutefois continuent à se prononcer en faveur du maintien du statu quo dans le détroit – contre 9 % pour une unification à court ou long terme, selon l’autre grand sondage de la NCCU sur les tendances politiques à Taïwan. Pour Bruce Jacobs, spécialiste de Taïwan à l’Université Monash à Melbourne, « on assiste à un affaiblissement de l’identification à la Chine – qui se maintient dans les couches les plus âgées de la population. Or, les nouvelles générations en âge de voter s’identifient bien plus à Taïwan et considèrent qu’elles n’ont rien à voir avec la Chine » explique-t-il au Monde. « C’est l’évolution fondamentale que ces élections vont valider. »

Lire aussi : A Taiwan, « si on dépend trop de la Chine, on sera comme Hongkong »

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