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28/10/22 | 17 h 43 min par Antoine Oury

TIBET : jusqu’à 14 ans de prison pour trois écrivains tibétains pour « mise en danger de l’Etat »

Trois auteurs tibétains condamnés pour “mise en danger de l’État

Au Tibet, le pouvoir chinois a infligé un nouveau revers à la liberté d’expression, en condamnant six activistes tibétains, dont trois écrivains. Les peines s’étalent de 4 à 14 années de prison pour « mise en danger de l’État » et « incitation au séparatisme ».

Le Tibet, région autonome de la république de Chine depuis 1965, voit une partie de sa population vivement contester le pouvoir de Pékin. Parmi les opposants, des écrivains, qui font, comme leurs collègues en Chine, les frais de la volonté hégémonique du Parti communiste.

Trois d’entre eux ont ainsi été condamnés à des peines de prison en septembre dernier, rapporte Radio Free Asia. Gangkye Drubpa Kyab, Sey Nam et Pema Rinchen avaient été arrêtés en début d’année 2021, avec trois autres militants prodémocratie, qui défendaient l’indépendance du Tibet. Les interpellations ont eu lieu à Karzé, canton de la Préfecture autonome tibétaine de Garzê, et plusieurs mois se sont écoulés dans aucune nouvelle des accusés.

Leurs condamnations, prononcées en septembre, ne sont connues qu’aujourd’hui, grâce aux informations d’un ancien prisonnier politique qui réside désormais en Suisse, indique RFA. « À cause des sévères restrictions et d’une surveillance permanente au Tibet, il est très difficile, à présent, d’obtenir plus d’informations sur leur état de santé où leur lieu de détention », précise cette source.

Gangkye Drubpa Kyab s’est vu infliger une peine de 14 années de prison, Sey Nam de 6 années de prison et Pema Rinchen, 4 années de détention.

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Les arrestations font partie des outils mobilisés par les régimes autoritaires pour intimider et faire taire les voix dissidentes. D’ailleurs Gangkye Drubpa Kyab avait déjà été visé par les autorités chinoises en 2012, en raison de prises de position sur le pouvoir de Pékin.

Selon l’organisation PEN America, qui défend la liberté d’expression des auteurs du monde entier, la Chine reste le pays qui emprisonnent le plus d’écrivains, avec 85 d’entre eux, au moins, derrière les barreaux en 2021. Par ailleurs, les peines de prison infligées par la justice chinoise sont particulièrement longues, avec des effets d’autant plus importants sur la santé des auteurs visés.

« Au vu du manque d’informations des autorités, nous ne pouvons que conclure que ces peines de prison très longues ne sont qu’une autre expression de la répression chinoise de la liberté d’expression et de la culture tibétaines, qui fait taire des militants pacifiques en les accusant de menaces à la sécurité nationale », s’inquiète Karin Deutsch Karlekar, directrice du programme Liberté d’expression en danger de PEN America.

Photographie : manifestation pour la libération du Tibet, en 2008 (illustration, Arnoooo, CC BY-SA 2.0)