Le premier site d'actualit? sur le Tibet

www.tibet.fr

22/01/18 | 11 h 34 min

Le mot « Tibet » parmi la liste des mots-clés censurés par la Chine

Tenzin Jigme/ Social Media Journalist/DIIR

Un rapport intitulé :

« Liberté sur le net 2017 : Manipuler les médias sociaux pour affaiblir la démocratie »,

publié par Freedom House, a souligné qu’un certain nombre de Gouvernements, dont la Chine, restreignent le service Internet mobile pour des raisons politiques ou de sécurité, particulièrement dans les régions habitées par des minorités ethniques ou religieuses. La Chine est classée comme  » le pire agresseur au monde de la liberté sur internet, suivie par la Syrie et l’Ethiopie  » en 2017.

Xinhua, le porte-parole officiel de la Chine a mentionné que la Chine avait bloqué jusqu’à 128 000 sites web « nuisibles », l’année dernière. Il a également signalé la confiscation de 30,9 millions de publications « illégales » dans ses efforts pour maintenir « la stabilité sociale ».

Les trois sujets qui sont fortement censurés sont les « Trois T » : Tibet, Taiwan et Tiananmen.

Sous la façade de la « stabilité sociale » et du « secret d’État », la Chine applique diverses réglementations qui limitent la liberté de parole et d’expression sur Internet. Tous les utilisateurs d’Internet sont tenus de s’identifier avec leur vrai nom pour accéder au web.

En septembre de l’année dernière, le Bureau chinois de la Sécurité publique de Machu (Ch: Maqu), région tibétaine de Kanlho dans la province du Gansu,  publiait un avis public contenant une liste d’instructions pour les administrateurs de groupes de discussions en ligne. L’avis avertissait tous les administrateurs de groupes de discussions et les propriétaires de comptes publics en ligne de réglementer et de prendre la responsabilité des contenus partagés dans le groupe. Le règlement était censé promouvoir  » un développement sain et ordonné de la communauté en ligne «  et  » défendre les valeurs fondamentales socialistes « .

Toute information jugée sensible, subversive et séditieuse par la Chine est bloquée. En plus de la technologie sophistiquée en place, 2 millions de cyber-policiers sont déployés pour « purifier Internet ». Leur rôle de purification de l’Internet consiste à surveiller, bloquer et supprimer les contenus critiques à l’égard du Parti Communiste Chinois et du Gouvernement chinois en utilisant constamment des mots-clés. Les plus grands tabous de la Chine – les  » Trois T «  : le Tibet, Taiwan et la place Tiananmen – sont listés parmi les expressions de recherche de mots-clés sensibles.

Au Tibet, un certain nombre de Tibétains ont été arrêtés et condamnés pour avoir partagé des informations sur Internet.

En mars dernier, Gedhun, jeune Tibétain du district de Sershul à Karze, Tibet oriental -incorporé dans la province chinoise du Sichuan-, a été sévèrement battu et arrêté pour avoir partagé une image de Sa Sainteté le Dalaï Lama et celle du drapeau national tibétain.

En février 2016, un éminent blogueur tibétain, Druklo, connu populairement sous le pseudonyme de Shokjang, a été condamné à une peine d’emprisonnement de trois ans.
Shokjang a été accusé d ‘« incitation au séparatisme » et « d’instabilité » pour avoir écrit sur la présence militaire lourde et la répression contre les Tibétains dans sa ville de Rebkong. Il avait partagé les images sur WeChat, une application de messagerie populaire chinoise largement utilisée par les Tibétains à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet.

Dans un cas séparé, en septembre 2014, deux Tibétains :Jamyang Gyatso, 32 ans, et Namgyal Wangchuk, 43 ans, ont été condamnés respectivement à cinq ans et sept ans de prison pour avoir partagé des images sur WeChat, images relatives à la campagne contre la fourrure.

Malgré de sévères mesures de répression concernant  la circulation de l’information et des cas de répression contre des Tibétains ayant exprimé des opinions à la fois en ligne et hors ligne, des voix continuent d’émerger du Tibet, permettant ainsi au public mondial d’être informé des développements au Tibet.

– Rapport déposé par l’ONU, l’UE et le Bureau des Droits de l’homme –

Traduction France Tibet