« Ici, au Tibet »
Dixit le Grand Précieux. Car, à l’heure où les grands musées parisiens se voient contraints de retirer le nom de cette région autonome de leurs expositions, il est important de rappeler que Tintin, quant à lui, continue – et continuera toujours – de parler du Tibet.
Lorsque « Cœur Pur » et ses amis gravissent le plus haut sommet du monde pour sauver Tchang, c’est bien au Tibet qu’ils se trouvent. Cela ne fait aucun doute. D’ailleurs, c’est même écrit noir sur blanc (et rehaussé d’un aplat rouge) sur la couverture du vingtième album des Aventures de Tintin.
Preuve irréfutable que le Tibet fait partie intégrante des « mondes » de Tintin – au même titre que l’Amérique, l’Égypte ou le Pérou, par exemple. N’en déplaise donc à celles et ceux qui tentent d’effacer le Tibet de la mémoire collective.

Un patrimoine en danger
Comme tout autre territoire, le Tibet dispose d’une culture et d’une histoire. Ce creuset fertile – où se croisent et se rencontrent des influences indiennes, chinoises et orientales – est effectivement à l’origine de traditions spirituelles millénaires, de courants de pensée féconds, de productions artistiques de très grande qualité et bien d’autres trésors, encore.
Mais aujourd’hui, cet héritage est menacé. Pour des raisons politiques, ses artefacts sont mis en dormance dans les réserves des musées et lorsqu’ils sont exposés, ils se voient attribuer de nouvelles appellations… d’origine contrôlée (depuis quelque temps déjà, le mot « Tibet » est systématiquement remplacé par des expressions telles que « Xizang » ou « monde himalayen », par exemple).
Cette tendance pose question dans la mesure où le travail de valorisation et de préservation mené par les institutions culturelles est mis à mal par les enjeux diplomatiques contemporains.
Tibétain un jour, Tibétain toujours !
Tintin, quant à lui, est intimement lié à l’histoire de ce pays, depuis 1960. Et l’aventure poignante qui l’a conduite sur le « Toit du monde » reste, aujourd’hui encore, un formidable vecteur de la culture tibétaine. D’autant plus qu’Hergé en propose une représentation fidèle et respectueuse.
Ainsi, en plus d’avoir insufflé la pensée bouddhiste dans l’esprit de ses personnages, il a émaillé son récit de références authentiques telles que les vêtements traditionnels (ceux des sherpas et des moines, notamment), les pratiques culinaires (comme la Tsampa dégustée en pleine ascension), les éléments d’architecture traditionnelle (le chorten et la lamaserie, entre autres) ou encore, l’admiration et le respect profond pour la nature (en soulignant régulièrement la majesté des paysages himalayens).
Fort de son expérience tibétaine, Tintin continue de rendre hommage à la richesse et à la profondeur de cette culture au travers, notamment, des événements qui sont organisés en son nom. Aussi, depuis les premières expositions jusqu’à celles présentées aujourd’hui, en passant par « Au Tibet avec Tintin » (exposition temporaire et itinérante qui a voyagé dans le monde de 1994 à 1997) et le Musée Hergé, il y a – et il y aura – toujours un clin d’œil ou une référence faite à l’histoire de ce territoire singulier.
Exposition « Tintin et Tchang » au Musée des Arts Asiatiques de Nice (2024)
Enfin, rappelons qu’en 2006, au nom de la Fondation Hergé, Fanny Rodwell s’est vue attribuer le prix « Light of Truth » (Lumière de Vérité) par la Campagne internationale pour le Tibet (ICT). Cette distinction, décernée chaque année, honore « les individus et les institutions dont les contributions significatives permettent la compréhension publique du Tibet » (citation extraite d’un article de La Libre relatant l’événement). Lors de la cérémonie de remise de ce prix, le Dalaï-lama n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler combien l’album « Tintin au Tibet a permis à de très nombreuses personnes de savoir que le Tibet existait ».
© Mark Renders / Getty Images – 2006



%201.jpg)
%202.jpg)
%203.jpg)
%204.jpg)




