« Une Chine », ce qui remet en cause quatre décennies de ligne politique et provoque l’animosité de Pékin. Les commentaires de Trump, dans l’émission « Fox News Sunday, » sont intervenus après la condamnation immédiate par les diplomates chinois de sa décision de prendre au téléphone la Présidente de Taïwan, le 2 décembre dernier. « Je comprends très bien le statut : « Une Chine », mais je ne sais pas pourquoi nous y serions tenus, à moins que nous nous entendions avec la Chine sur d’autres choses, comme le commerce », a expliqué Trump sur Fox. L’appel de Trump à la Présidente Tsai Ing-wen a été le premier vrai contact avec Taïwan de la part d’un Président-élu ou d’un Président américain depuis que le Président Jimmy Carter avait permuté la reconnaissance diplomatique de la Chine à la place de Taiwan en 1979, faisant partie de facto de « Une Chine ». Pékin considère Taiwan comme une province rebelle ce qui en fait un sujet très sensible pour la Chine. Les officiels Chinois n’avaient pas réagi immédiatement aux remarques de Trump. Après la conversation de Trump avec la Présidente de Taïwan, l’administration Obama a déclaré, par l’intermédiaire de ses membres les plus âgés, avoir parlé avec des officiels chinois en insistant sur le maintien par Washington du principe dit « Une Chine ». L’administration a expliqué que l’évolution de la relation sino-américaine n’en serait pas affectée, quand bien même la question de Taïwan ressurgissait. Suite aux derniers propos de Trump, un conseiller à la Maison Blanche a déclaré que l’administration Obama s’en tiendrait à cette ligne politique comme par le passé. Lors de son interview sur Fox, Trump a critiqué la politique de la Chine, ses activités en Mer de Chine méridionale, sa position en faveur de la Corée du Nord. Il a affirmé que ce n’est pas à Pékin de décider s’il peut prendre un appel de la dirigeante taïwanaise. « Je ne veux pas que la Chine me dicte ce que j’ai à faire, dans cet appel téléphonique » a dit Trump. « Cela a été une discussion très agréable. En quoi une quelconque nation aurait-elle le droit de me dire si je peux prendre un appel téléphonique? » « En fait, pour être honnête, il aurait été irrespectueux de ne pas le prendre » a ajouté Trump. Ce dernier projette de nommer un vieil ami de Pékin, le gouverneur de l’Iowa Terry Brandstad, futur ambassadeur américain en Chine. D’après une source experte en la matière, Trump réfléchit à la nomination au poste de N°2 du Département d’Etat, John Bolton, un membre de l’ex-administration Bush, qui appelle à une politique plus dure envers Pékin. Dans un article du Wall Street Journal, daté de Janvier 2016, Bolton avait dit que le prochain Président devrait être plus résolu à contrer l’agressivité militaire de la Chine dans les mers de Chine Méridionale et Orientale. Bolton expliquait que Washington devrait lancer un « nouveau cycle diplomatique » qui pourrait débuter par la réception officielle de diplomates taïwanais au Département d’Etat et amener la restauration d’une entière reconnaissance diplomatique de Taïwan. Dans l’interview donnée à Fox, Trump a repris sa litanie de plaintes vis-à-vis de la Chine, celles qu’il avait martelées durant sa campagne présidentielle. « Nous avons été gravement touchés par la dévaluation monétaire de la Chine, par ses taxes massives à ses frontières alors que nous ne la taxons pas, par sa construction d’énormes forteresses au beau milieu de la mer de Chine Méridionale, ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, et en ne nous aidant pas du tout sur la Corée du Nord » a ajouté Trump. « Voyez la Corée du Nord qui possède l’arme nucléaire : la Chine pourrait résoudre ce problème mais elle ne nous aide absolument pas. » Les économistes, dont ceux du Fonds Monétaire International, ont bien analysé le soutien de l’Etat chinois au cours du yuan ces dernières années, une preuve que Pékin ne peut plus maîtriser artificiellement la baisse de sa devise monétaire, afin de garantir un bas prix de ses exportations.

