Le quadrillage policier du Xinjiang s’intensifie depuis l’affectation à la tête de la province de Chen Quangua qui reproduit au Xinjiang les méthodes de contrôle et de cloisonnement utilisées au Tibet pour mettre fin aux immolations par le feu des moines. Ici une patrouille de police à Kashgar. En deuxième plan, la Mosquée, construite en 1442. Les ONG internationales des droits et le Congrès Mondial des Ouïghours accusent la Chine de tirer profit de la menace terroriste-séparatiste pour harceler les Musulmans ouïghours, considérés comme les plus paisibles pratiquants de l’Islam.
Depuis 2012, les informations directes venant de Chine sur le Xinjiang se font de plus en plus rares. Cette tendance à l’omerta s’est encore aggravée depuis 2016, année de l’affectation de Chen Quanguo à la tête de la province. Mais récemment, le procès à Zharkent d’une chinoise d’origine Kazakhe, ancienne surveillante d’un camp de rééducation au Xinjiang et arrivée en fraude au Kazakhstan a jeté une lumière crue sur les méthodes de la Chine.
Nous l’écrivions dans une note de janvier 2017 (lire : Au Xinjiang, Chen, le très efficace nouveau secrétaire général mêle répression et action sociale directe.), dès son arrivée, Chen entré au Bureau Politique au 19e Congrès, a mis en œuvre une stratégie stricte d’encadrement des populations Han et Ouïghour, en instituant une étroite supervision des sorties de la province par un contrôle des passeports détenus par la police.
En même temps, il a mis en place un « pré-quadrillage » des zones urbaines, surveillées jour et nuit par des patrouilles de police et des caméras, le tout appuyé par un réseau de postes de premier secours équipés de services d’urgence sociaux, y compris des trousses de premiers secours, chaises roulantes, brancards, aides médicaux et même des prises pour recharger les téléphones portables. Sur ordre, ces points d’appui peuvent se transformer en postes de contrôle de sécurité anti-terroriste partie d’un réseau de quadrillage des rues capable de bloquer tout mouvement urbain en un clin d’œil. Alors que la police a lancé une vaste campagne de recrutement de centaines d’auxiliaires, dans la seule ville d’Urumqi où Chen Quanguo est bien décidé à éviter que ne se reproduisent les émeutes des Ouïghour contre les Han de 2009, près de 1000 postes de ce type ont été installés. Au nom de la lutte anti-terroriste, les communications et internet sont surveillées et éventuellement bloquées. Il reste que le souci d’efficacité, de mise aux normes et d’éradication de la menace islamiste produit des abus et des effets pervers. Plongeant la région dans un engrenage répressif sans mesure, articulé à des rafles indiscriminées de suspects à partir d’encouragements à la délation, la stratégie de quadrillage opaque exilant les suspects dans des camps secrets à des fins de rééducation, soulève des interrogations dans la vaste mouvance des organisations de droits de l’homme.Risques terroristes et rectification politique et culturelle.
Par crainte de la menace terroriste et séparatiste, le pouvoir, tirant profit des angoisses sécuritaires de la majorité des Han, harcèle sans mesure les Ouïghours qui sont contrôlés, fouillés « scannés », privés de papiers et limités dans leurs déplacements.


