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02/03/26 | 7 h 38 min par Tibetan Review

Un député français demande au gouvernement d’agir face à la politique d’assimilation menée par la Chine au Tibet.

Un député français demande au gouvernement d’agir face à la politique d’assimilation menée par la Chine au Tibet.

(TibetanReview.net, 26 février 2026) – Alors que la Chine supprime le tibétain des matières obligatoires des examens d’entrée à l’université au Tibet dès cette année, dans le cadre de sa stratégie d’assimilation totale du Tibet, un député français a soulevé la question au Parlement le 25 février, demandant à son gouvernement d’agir face à cette tragédie civilisationnelle. Le gouvernement a exprimé sa profonde inquiétude et a appelé à une solution négociée au conflit sino-tibétain.

Dans une question écrite adressée au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le député Charles de Courson, de l’Assemblée nationale, a qualifié cette dernière phase de la longue campagne menée par la Chine pour rendre la langue tibétaine obsolète en une génération de forme de « génocide culturel ».

Il a tiré la sonnette d’alarme suite aux récents rapports selon lesquels la Chine aurait étendu son système d’internats coloniaux obligatoires au Tibet, dans le cadre duquel environ un million d’enfants tibétains, certains âgés de seulement quatre ans, ont été séparés de force de leurs familles pour recevoir une éducation presque exclusivement en mandarin.

Citant l’avertissement du chercheur tibétain Dr Gyal Lo selon lequel, si ces politiques persistent, 70 % de la population tibétaine pourrait perdre la capacité de parler sa langue maternelle d’ici 2060, M. de Courson a appelé à une réponse diplomatique ferme de la France pour remédier aux violations des droits culturels et linguistiques tibétains, et au respect par la Chine de ses obligations internationales, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant, qu’elle a ratifiée.

Dans sa réponse, Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a confirmé la profonde préoccupation de la France concernant l’existence d’un système d’internats préscolaires pour jeunes enfants tibétains qui menace la transmission de la culture, de la langue et de la religion tibétaines aux nouvelles générations, affirmant que cela contrevient aux droits fondamentaux de l’enfant tels que reconnus par la Convention internationale des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

Le ministre a par ailleurs affirmé : « La France exprime ses préoccupations concernant la situation des droits de l’homme au Tibet au sein d’instances multilatérales telles que le Conseil des droits de l’homme. Ces préoccupations sont également relayées par l’Union européenne dans le cadre du dialogue UE-Chine sur les droits de l’homme, ainsi qu’au titre du point 4 de l’ordre du jour du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. »

Le ministre a également évoqué l’appel de son gouvernement à la reprise du dialogue entre les envoyés de Sa Sainteté le dalaï-lama et les autorités chinoises afin de trouver une solution durable qui respecte la culture et la langue tibétaines.