L’acteur Richard Gere a salué mardi la mémoire d’un moine tibétain qui vient de mourir dans les prisons chinoises, devant une commission du Congrès des États-Unis à Washington, «scandalisé» par le sort réservé par Pékin au Tibet.
En brandissant le portrait de Tenzin Delek Rinpoche, 65 ans, la vedette de Pretty Woman, bouddhiste et défenseur de longue date de la cause tibétaine, a déploré la «mort tragique» de ce moine annoncée mardi par l’opposition tibétaine.
Tenzin Delek Rinpoche avait été condamné en 2002 à la prison à vie puis à 20 ans d’incarcération, sous des inculpations de terrorisme et séparatisme, des accusations fantaisistes selon les organisations de droits de l’homme.
L’acteur, président du conseil d’administration de l’organisation International Campaign for Tibet (ITC), était entendu mardi par une commission des droits de l’homme du Congrès devant laquelle il a évoqué le Tibet où le «gouvernement chinois et le Parti communiste persistent dans leurs politiques répressives».
La commission bipartisane d’élus, présidée par le représentant démocrate du Massachusetts Jim McGovern, avait auparavant observé une minute de silence à la mémoire du moine décédé, aux côtés de la petite centaine de personnes, dont de nombreux Tibétains, qui assistaient aux travaux.
M. McGovern s’est notamment déclaré «en colère et scandalisé par le traitement du peuple tibétain» par les autorités chinoises, estimant que «nous devons avoir le courage de réagir».
Il a proposé l’envoi d’une délégation d’élus au Tibet — dont l’accès est restreint — avant la visite du président chinois Xi Jinping en septembre aux États-Unis ainsi qu’une politique restreignant les visas et les ouvertures de consulat sur le territoire américain.
«Nous devons changer le statu quo, changer le jeu que joue le gouvernement chinois depuis des décennies. La situation est urgente et ne peut pas attendre» a-t-il ajouté. «Honte à nous si nous continuons à regarder, avec seulement des mots vides, le peuple du Tibet souffrir et leur culture exterminée».
