Nous ne rencontrerons pas Yahne Le Toumelin. Pourtant, c’est comme si l’artiste était là, au centre de la pièce. Il y a deux de ses tableaux, disposés contre la cheminée pour la photo. Et les membres de sa famille, attablés dans la cuisine de leur maison périgourdine à Tursac, qui veulent témoigner, ne rien oublier, quitte à se couper la parole. Ils veulent parler d’elle, de cette artiste oubliée et de sa vie surprenante.

Elle est « Maman » pour Matthieu et Ève Ricard, « Grand-mère » pour Guillaume Vignerot et tout simplement « Yahne » pour son gendre, Yann Reneleau. On visite avec eux l’atelier qui héberge les centaines de tableaux de Yahne Le Toumelin. Certains sont adossés contre le mur ; d’autres roulés sur la poutre attendent encore d’être marouflés. Dans cet enchevêtrement de papier et de couleurs se déploient 70 ans de peinture. « Celui-là est magnifique ! Et regardez celui-là, s’exclame Yann. Il y a des trésors. » Aujourd’hui la peintre est presque centenaire ; elle a fêté ses 99 ans en juillet dernier. Depuis environ dix ans, elle ne peint plus. La faute à l’une de ses mains dont les articulations sont devenues capricieuses.





