Une majorité de femmes
Situé comme Larung Gar dans la préfecture autonome tibétaine de Garzê (Sichuan), à plus de 4000 m d’altitude, Yarchen s’est construit dans la boucle d’une rivière qui descend des hauts plateaux. Une statue géante de Padmasambhava, l’introducteur du bouddhisme tantrique au Tibet au VIIIe siècle, domine le campement. Les maisonnettes se sont agglutinées en cercles concentriques. Beaucoup sont faites de bric et de broc. Des toilettes sèches collectives sont aménagées à divers endroits. L’eau est récoltée dans des puits. Au-delà des dernières maisons, des petites cabanes individuelles parsèment la prairie : ce sont des cellules de méditation, justes assez grandes pour accueillir une personne en position assise. Le campement a été fondé par Achuk Rinpoche au début des années 1980. Depuis sa mort en 2011, son principal lama dirigeant est Asang Tulku (un tulku étant la réincarnation d’un maître ou d’un lama disparu). Les lamas de Yarchen sont de l’école Nyingma, la plus ancienne du bouddhisme tibétain, mais les étudiants y reçoivent un enseignement œcuménique. Les nonnes et les pratiquantes femmes forment à Yarchen Gar la grande majorité des quelque 15 000 résidents. Elles occupent le cœur du campement. Les hommes sont en périphérie. Le lever est à 4 h 30, le petit-déjeuner à 7 heures, il y a quatre séances de méditation par jour, de deux à trois heures chacune. Certaines des nonnes partagent des maisons : « On a acheté notre maison 5 000 yuan (environ 700 euros) il y a sept ans », dit une jeune nonne tibétaine de 27 ans rencontrée à l’extérieur de Yarchen, dans un petit restaurant où elle se presse avec deux compagnes autour de bols de nouilles fumantes. Elles disent recevoir 500 yuans (70 euros) par mois du monastère pour elles trois.
Fondé au début des années 1980, Yarchen Gar héberge près de 15 000 bouddhistes dont 10 000 femmes. La vie y est rude, rythmée par les séances de méditation. Une statue géante de Padmasambhava, l’introducteur du bouddhisme tantrique au Tibet au VIIIe siècle, domine le campement (toutes les photos ont été prises du 17 au 19 février 2017).
GIULIA MARCHI POUR M LE MAGAZINE DU MONDE
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sur le site www.tibet.fr : https://tibet.fr/actualites/tibet-a-larung-gar-repression-silencieuse-de-pekin/

